La
délégation de la CMDT visite le champ d'un producteur de coton à Fana
La
réussite de la campagne cotonnière 2026-2027 dépendra autant des performances
des champs et des usines que de la capacité de la Compagnie malienne pour le
développement des textiles (CMDT) à répondre aux attentes des producteurs. À
Fana et Dioïla, le Président-directeur
général (PDG), Dr Kouloumégué Dembélé, a lancé les opérations de
commercialisation et d’égrenage du coton-graine, tout en échangeant avec les
acteurs sur les difficultés de production et les perspectives de la filière.
Derrière les attentes exprimées, une préoccupation domine : produire davantage,
dans de meilleures conditions, et vivre dignement du fruit de son travail.
Accueilli
à la direction régionale de la CMDT à Fana par son directeur, Birahima
Coulibaly, le PDG était accompagné de ses collaborateurs et de représentants de
la Confédération des sociétés coopératives des producteurs de coton du Mali
(CS-SCPC). La délégation a entamé sa visite dans le champ de Bah Diarra, situé
à Gouana, à quelques kilomètres de Fana, en présence de Baba Diarra,
représentant du chef de village.
Sur cette parcelle de cinq hectares, les cotonniers présentaient un état végétatif jugé satisfaisant, avec des plants en maturation et des capsules en cours d’éclosion. Mais derrière cette apparence encourageante, les difficultés persistent. Réduction des superficies, appauvrissement des sols, retards d’approvisionnement en intrants et irrégularité des pluies fragilisent les exploitations. « Normalement, mon champ a besoin de 35 sacs d’engrais chimiques, mais je n’en ai reçu que sept.
Cette insuffisance d’engrais va
fortement impacter le rendement des cultures », déplore Bah Diarra. Ce
témoignage traduit le décalage entre les besoins des exploitants et les moyens
dont ils disposent. Avec seulement sept sacs sur les 35 nécessaires, le
producteur redoute une baisse de rendement, susceptible d’affecter ses revenus
et sa capacité à préparer la prochaine campagne. Son appel est sans équivoque :
les engrais doivent être livrés à temps, le paiement du coton-graine facilité
et les producteurs mieux accompagnés dans la conduite de leurs exploitations.
Comment, en effet, attendre de meilleurs résultats sans garantir aux
cultivateurs les moyens indispensables à leur travail ?
Le Dr
Kouloumégué Dembélé s’est réjoui de l’état du champ visité, malgré les aléas du
début de saison. Il a invité les producteurs à redoubler de vigilance pendant
cette dernière phase de la campagne agricole, en insistant sur les bonnes
pratiques de récolte et de conservation. Il leur a notamment recommandé de
protéger le coton contre l’humidité et de le sécher avant son stockage afin de
préserver la qualité de la fibre.
Le PDG a
également encouragé l’utilisation des engrais organiques pour améliorer la
fertilité des sols et réduire la dépendance aux engrais chimiques importés. Une
orientation qui nécessite toutefois un accompagnement technique adapté et des
solutions accessibles aux exploitants. Après cette étape, la délégation s’est
rendue à l’usine d’égrenage de Dioïla pour s’informer sur le fonctionnement de
l’unité, les conditions de travail et le traitement du coton-graine.
De retour
à Fana, le PDG a officiellement lancé la campagne de commercialisation et
d’égrenage, marquée par la sortie de la première balle de coton de l’usine de
la direction régionale. Il a ensuite visité les ateliers de fabrication des
liens de balles et de chaudronnerie. À cette occasion, le patron de la CMDT a
insisté sur la maîtrise des dépenses et la promotion de la fabrication locale
des équipements industriels. Le développement de solutions nationales
permettrait, selon lui, de valoriser les compétences maliennes, de créer des
emplois et d’accroître la valeur ajoutée produite dans le pays. Concernant les
prévisions de production pour 2026-2027, le Dr Kouloumégué Dembélé a estimé
qu’il était encore prématuré d’avancer des chiffres précis. Les résultats
dépendront de l’évolution des récoltes et de la poursuite des opérations
agricoles jusqu’en décembre.
LES PRODUCTEURS AU CŒUR DES ÉCHANGES- La tournée a également été marquée par une rencontre entre la direction de la CMDT et ses partenaires à Fana. Producteurs, représentants des organisations paysannes, transporteurs de coton-graine et de fibre, tâcherons, huiliers et fournisseurs d’intrants ont échangé sur la situation de la compagnie et les perspectives de la filière. Les discussions ont notamment porté sur la baisse des cours mondiaux du coton, les engagements financiers envers certains partenaires, fournisseurs et transitaires, ainsi que les difficultés d’accès au financement. Ces contraintes pèsent sur l’ensemble de la chaîne de valeur et peuvent affecter les revenus des producteurs.
Dr Kouloumégué Dembélé a réaffirmé sa
volonté de poursuivre les réformes et d’examiner les doléances formulées.
L’enjeu est désormais de traduire cette volonté en mesures concrètes, notamment
pour améliorer la disponibilité des intrants, fluidifier la commercialisation
et consolider les relations avec les partenaires. Auparavant, la délégation
avait rendu des visites de courtoisie aux autorités administratives et
coutumières de Fana et de Dioïla. Au-delà du lancement des opérations
industrielles, les échanges ont rappelé une exigence fondamentale : la
performance de la filière cotonnière commence dans les champs. Pour les
producteurs, les priorités restent les mêmes : disposer des intrants
nécessaires, être payés régulièrement et bénéficier d’un accompagnement adapté.
La tournée se poursuivra à Bla et à Koutiala. Pour les responsables de la CMDT, l’enjeu sera de faire des préoccupations exprimées des réponses concrètes. Car, la réussite de la campagne ne se mesurera pas seulement au nombre de balles produites, mais aussi aux revenus que le coton permettra aux producteurs de tirer de leur travail.
Makan SISSOKO
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