Les hommes de 50 ans ou plus sont invités à surmonter leurs peurs et préjugés
Au-delà des
statistiques macabres liées au cancer (toutes formes confondues), l’urgence et
la nécessité d’agir pour cerner la propagation de ce redouble fléau s’imposent
à nos pays. C’est cette conviction qui anime le département en charge de la
Santé qui initié à travers l’Office national de la santé et de la reproduction
(Onasr), une campagne nationale de sensibilisation contre le cancer de la
prostate dénommée «Novembre bleu», dont la deuxième édition a été
solennellement lancée, hier au Centre international de conférences de Bamako
(CICB) par la ministre de la Santé et du Développement social, le Colonel-major
Assa Badiallo Touré. C'était en présence du directeur général de l’Onasr, Dr
Ben Moulaye Idrissa Haïdara, du président de l’Association malienne d’urologie
(Amu) Pr Mamadou Diakité, et d’un beau parterre d’invités de marque.
La campagne se déroule cette année sous le
thème : «Le cancer de la prostate, un mal qui peut être guéri :
mobilisons-nous !». Les organisateurs entendent ainsi inviter les hommes de 50
ans et plus à briser le tabou autour du cancer de la prostate, mais surtout à
s’inscrire dans une posture de dépistage précoce, seule issue face à une
situation générale où le diagnostic est souvent tardif.
Il est
largement admis par les malades eux mêmes et les médecins spécialistes qui le
confirment : le diagnostic tardif complique la prise en charge de la
pathologie encore plus dans le cas d’un cancer, notamment de la prostate pour
lequel les hommes continuent de payer un lourd tribu.
La ministre de
la Santé et du Développement social a rappelé la nécessité d’agir contre le
phénomène. « L'heure est à l'action face à des chiffres alarmants », a
expliqué la ministre Assa Badiallo Touré, avant de préciser que le thème de
cette année résonne comme un cri de ralliement.
Et de
souligner qu'au niveau mondial, le cancer de la prostate est le premier cancer
urologique et la deuxième cause de décès par cancer chez l'homme. "Au
Mali, la situation reste critique : selon le Registre national et une étude du
Centre hospitalier universitaire du Point G, 43,42 % des cas sont diagnostiqués
à un stade métastatique, avec un âge moyen de 71 ans", a martelé le
Colonel-major Assa Badiallo Touré.
Par ailleurs,
tout en insistant sur l'impact lourd de cette pathologie sur les familles et
l'économie, la cheffe du département en charge de la Santé a rappelé que le
principal obstacle demeure culturel. La ministre de la Santé a donc appelé les
hommes de 50 ans et plus à surmonter les préjugés et la peur, rappelant que le
dépistage est avant tout « un acte de courage ».
Tirant le
bilan de la précédente édition, le Pr Mohamed Lamine Diakité, a rappelé les
bons résultats de 2025 (832 hommes dépistés dont près de 8 % de cas suspects).
Ce praticien hospitalier a insisté sur les symptômes d'alerte notamment les
difficultés à uriner et la fréquence nocturne élevée d’uriner. Enfin, il a
salué la mobilisation active des urologues dans le cadre de la lutte contre le
cancer de la prostate.
Auparavant, le
représentant du maire de la Commune III,
Amadou Sama Traoré, s'était réjoui d'accueillir cet événement dans sa
circonscription pour briser les non-dits.
Mais l’un des
moments d’intense émotion a été le témoignage
poignant du Souleymane Traoré, un patient guéri après un long parcours
d'errance thérapeutique.
Rappelons que
pour cette édition, la campagne vise à réaliser une communication percutante
sur le fléau notamment à renforcer la sensibilisation des populations, encourager le dépistage précoce et promouvoir
une prise en charge adaptée de cette maladie. Elle ambitionne de sensibiliser
au moins 800.000 personnes et dépister gratuitement au moins 2.000 hommes.
La cerise sur
le gâteau sera la formation de 100 prestataires de santé. Ainsi, à travers ces
multiples actions, « Novembre Bleu » espère inverser la tendance et sauver des
vies en faisant du diagnostic précoce un réflexe national.
Kany BARADJI
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