Les Djolibistes célébrant leur sacre avec les supporters
Après trois longues saisons d'attente et de frustrations, ses joueuses ont enfin touché le graal en venant à bout de leurs éternelles rivales du Stade malien de Bamako , battues sur le score serré de 49-46, mardi dernier, lors de la 3è journée des play-offs du championnat national de basket-ball. Lors des deux premières journées les Djolibistes s’étaient imposées 62-57, puis 56-54. Pour la technicienne, ce titre de championne du Mali est la consécration d'un travail de longue haleine, une revanche éclatante sur un passé récent encore douloureux : « On est très ravies que ça se passe ainsi, parce qu'il y a quelque chose qui est resté sur le cœur. On n'avait pas digéré cela. L'année dernière, on nous a fait la même chose : trois défaites de suite. Donc, on a pris notre revanche ce soir (mardi soir, ndlr). Ces petites filles étaient là, on leur a arraché le trophée. On a gardé ce souvenir et on a continué à travailler. Ça, c'est le produit de deux ans d'efforts. On est là, et on a récupéré ce qui est à nous ».
Aïssata B. Maïga n'a d'ailleurs pas manqué de saluer l'adversaire : « Je tiens à féliciter les joueuses du Stade malien qui n'ont pas démérité. Elles se sont battues durant les trois matches, mais le parcours sans faute que nous avons réalisé lors de la saison régulière devait se conclure par ce résultat ».
Dans les tribunes de la salle Abdallah Mahamane Haïdara du stade du 26 Mars, l'ambiance a oscillé entre la pure folie et un silence de plomb. Dès les dernières secondes de la rencontre, alors que le marquoir affichait le score final de 49-46, scellant le sacre des Rouges, la moitié de la salle a littéralement explosé de joie. Les supporters du Djoliba AC, vêtus de rouge et de vert, ont envahi le parquet dans un vacarme assourdissant de vuvuzelas, de chants traditionnels et de tambours battants. Des larmes de joie coulaient sur les visages des supporters, enfin libérés de trois années de disette en championnat.
À l'opposé de ce spectacle d'allégresse, le virage réservé aux supporters du Stade malien offrait une image saisissante de désolation. Figés par la déception, les partisans des Blanches de Bamako ont assisté, impuissants, à la chute de leur équipe. Entre mains sur la tête, regards vides perdus dans le vague et larmes de tristesse, la défaite à ce stade de la compétition-sur un cinglant 3-0- a laissé un goût extrêmement amer. Le silence lourd de leur tribune contrastait cruellement avec la fête majuscule qui se jouait à quelques mètres d'eux.
Sur le plan purement sportif, ce troisième acte aura tenu toutes ses promesses en matière d'intensité défensive et de suspense. Mené d'une courte tête à plusieurs reprises, le Stade malien a jeté toutes ses forces dans la bataille pour arracher un sursis, mais la rigueur tactique et la fraîcheur mentale des filles d'Aïssata B. Maïga ont fini par faire la différence dans le money-time.
Le Djoliba AC récupère ainsi la couronne et s'installe à nouveau au sommet du basket-ball féminin malien. Dès l’entame, le Djoliba AC dicte un tempo d'enfer. Portées par une agressivité défensive étouffante, les joueuses d'Aïssata B. Maïga ne concèdent que 3 petits points au Stade malien tout en s'installant confortablement aux commandes (14-3). Les Blanches semblent alors tétanisées par l'enjeu. La réaction du champion sortant ne se fait pas attendre. Plus physiques et tranchantes en pénétration, les Stadistes, coachées par Sory Diakité, grignotent patiemment leur retard. Elles marquent 18 points contre 14 pour le Djoliba AC dans le deuxième quart temps (18-14) et reviennent à seulement 7 longueurs à la pause (21-28). Le suspense est totalement relancé.
Au retour des vestiaires, le match se durcit. Les deux blocs défensifs verrouillent la raquette et les tirs extérieurs manquent cruellement de réussite. Les deux équipes se neutralisent complètement sur un score d’égalité parfaite dans cette période (10-10), maintenant l'écart à 38-31 en faveur du Djoliba AC à l’issue du troisième quart-temps. Poussé par ses supporters, le Stade malien jette ses dernières forces dans la bataille et remporte l'ultime période (15-11). Elles reviennent sur les talons du Djoliba, faisant planer le spectre d'un hold-up. Mais plus lucides dans la gestion de leurs possessions finales et impériales sur la ligne des lancers francs, les Rouges parviennent à sécuriser leur avance pour s'imposer sur le fil (49-46) et s'adjuger le trophée.
Sur le tableau masculin, le Stade malien de Bamako a repris les commandes (2-1) face au Djoliba AC au terme d'un scénario haletant. Après avoir lancé leur série lors de la première journée en s'imposant 68-57, les Blancs avaient lourdement chuté lors du deuxième acte (55-91). Mais après une journée de repos bien méritée le lundi, le Stade malien a prouvé qu'il avait un mental d'acier.
Loin d'être abattus par cette déroute, l’équipe a superbement rendu la monnaie de leur pièce aux Rouges, mardi dernier. Dans une réplique quasi identique au match de dimanche, mais cette fois en leur faveur, les Blancs ont surclassé le Djoliba AC 83-55, infligeant à leur tour un cinglant écart de 28 points. Grâce à cette démonstration de force, le Stade malien reprend l’avantage dans ces play-offs avant le quatrième acte qui était prévu hier.
Nous reviendrons dans notre prochaine édition.
Seibou Sambri KAMISSOKO
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