Conférence sociale : Focus sur l’importance du dialogue social au niveau des entreprises

Ce thème a été présenté par l’ancien directeur national du travail, Mahamadou Diakité qui affirme qu’un dialogue social bien maitrisé rend l’entreprise performante en termes d’une meilleure implication des salariés dans le processus de production et d’exécution progressive des réformes nécessaires à sa compétitivité.

Publié jeudi 20 octobre 2022 à 05:44
Conférence sociale : Focus sur l’importance  du dialogue social au niveau des entreprises

 Des participants aux travaux

 

Certains participants ont déploré le manque de sincérité des employeurs lors du dialogue social, le non respect des engagements liés à l’augmentation des salaires des travailleurs, le manque de franchise entre les parties prenantes du dialogue social

 

La performance de l’économie nationale passe nécessairement par le dialogue social. C’est pourquoi les participants du groupe II de la conférence sociale ont été outillés, hier, sur l’importance du dialogue social dans la compétitivité et la productivité des entreprises. Ce sujet était au cœur d’un atelier animé au Centre international de conférences de Bamako (CICB) par l’ancien directeur national du travail et conseiller spécial au Conseil national du patronat du Mali (CNPM), Mahamadou Diakité.

La ministre en charge du Travail, Mme Diawara Aoua Paul Diallo, a assisté à la présentation de ce thème. Cette communication a permis de définir notamment le dialogue social en entreprise, les acteurs concernés, les difficultés actuelles de ce dialogue et les  effets sur la performance de l’entreprise.

L’ancien directeur national du travail  a expliqué que  selon l’Organisation internationale du travail (OIT) le dialogue social inclut tous types de négociation, de consultation ou d’échange d’informations entre les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs selon des modalités diverses, sur des questions  relatives à la politique économique et sociale présentant un intérêt commun.

Dans le cas de l’entreprise, a-t-il précisé, le dialogue social vise à mettre en place un consensus entre les différentes parties sur les problématiques économiques et sociales majeures de l’entreprise, la promotion d’une bonne gouvernance, la stabilisation sociale et le  développement économique. 


 

Selon Mahamadou Diakité, les acteurs de ce dialogue sont le chef d’entreprise, les délégués syndicaux, les délégués du personnel, le comité d’hygiène et de sécurité et le comité d’entreprise ou de gestion. Parmi les difficultés qui entravent le dialogue social, le conseiller spécial au CNPM a cité le manque de confiance généralisé, une formation insuffisante des partenaires sociaux  en technique de négociation collective, la guerre de légitimité des syndicats et les revendications excessives des travailleurs.


Y compris la difficulté des parties prenantes à maitriser la législation du travail. Pour le conférencier, un dialogue social bien maitrisé rend l’entreprise performante en termes d’une meilleure implication des salariés dans le processus de production et d’exécution progressive des réformes nécessaires à sa compétitivité.


L’ancien directeur national du travail a recommandé aux acteurs des entreprises de faire en sorte que les questions de performance et de compétitivité soient des sujets de discussion dans le cadre de la négociation de la convention collective. Les participants ont salué la pertinence du thème de cet atelier. Au cours des débats, ils ont révélé plusieurs préoccupations telles le manque de sincérité des employeurs lors du dialogue social, le rôle de médiation de l’État au niveau du secteur privé.


Un syndicaliste du secteur privé a déploré  le non respect des engagements liés à l’augmentation des salaires des travailleurs et le refus d’informer le syndicat sur les réalités de l’entreprise. Pour tenir le dialogue social, a-t-il expliqué, il faut une certaine franchise entre les parties prenantes.

Pour sa part, la présidente des femmes de la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM), Mme Sanogo Rokia Camara, a souligné que le dialogue social est plus qu’une nécessité à tous les niveaux. Sans cet outil, a-t-elle soutenu, il n’y a pas de stabilité sociale. Celle qui  a fait 15 ans dans le domaine du bâtiment ne cache pas le manque de sincérité de certains gestionnaires des entreprises privés en faveur des employés.

La syndicaliste a invité les employeurs à instaurer le dialogue avant que l’entreprise soit confrontée à des difficultés. Par ailleurs, elle a souhaité que les recommandations issues de cette conférence soit appliquées.  

Mohamed DIAWARA

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