Des participants aux travaux
Certains participants ont déploré le manque de sincérité des employeurs lors du dialogue social, le non respect des engagements liés à l’augmentation des salaires des travailleurs, le manque de franchise entre les parties prenantes du dialogue social
La
performance de l’économie nationale passe nécessairement par le dialogue social.
C’est pourquoi les participants du groupe II de la conférence sociale ont été
outillés, hier, sur l’importance du dialogue social dans la compétitivité et la
productivité des entreprises. Ce sujet était au cœur d’un atelier animé au
Centre international de conférences de Bamako (CICB) par l’ancien directeur
national du travail et conseiller spécial au Conseil national du patronat du
Mali (CNPM), Mahamadou Diakité.
La ministre en charge du Travail, Mme Diawara
Aoua Paul Diallo, a assisté à la présentation de ce thème. Cette communication a
permis de définir notamment le dialogue social en entreprise, les acteurs
concernés, les difficultés actuelles de ce dialogue et les effets sur la performance de l’entreprise.
L’ancien directeur national du travail a
expliqué que selon l’Organisation
internationale du travail (OIT) le dialogue social inclut tous types de
négociation, de consultation ou d’échange d’informations entre les
représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs selon des
modalités diverses, sur des questions
relatives à la politique économique et sociale présentant un intérêt
commun.
Dans le cas de l’entreprise, a-t-il précisé, le dialogue social vise à
mettre en place un consensus entre les différentes parties sur les
problématiques économiques et sociales majeures de l’entreprise, la promotion
d’une bonne gouvernance, la stabilisation sociale et le développement économique.
Selon
Mahamadou Diakité, les acteurs de ce dialogue sont le chef d’entreprise, les
délégués syndicaux, les délégués du personnel, le comité d’hygiène et de
sécurité et le comité d’entreprise ou de gestion. Parmi les difficultés qui
entravent le dialogue social, le conseiller spécial au CNPM a cité le manque de
confiance généralisé, une formation insuffisante des partenaires sociaux en technique de négociation collective, la
guerre de légitimité des syndicats et les revendications excessives des
travailleurs.
Y compris la difficulté des parties prenantes à maitriser la législation
du travail. Pour le conférencier, un dialogue social bien maitrisé rend
l’entreprise performante en termes d’une meilleure implication des salariés
dans le processus de production et d’exécution progressive des réformes
nécessaires à sa compétitivité.
L’ancien directeur national du travail a
recommandé aux acteurs des entreprises de faire en sorte que les questions de
performance et de compétitivité soient des sujets de discussion dans le cadre
de la négociation de la convention collective. Les participants ont salué la
pertinence du thème de cet atelier. Au cours des débats, ils ont révélé
plusieurs préoccupations telles le manque de sincérité des employeurs lors du
dialogue social, le rôle de médiation de l’État au niveau du secteur privé.
Un
syndicaliste du secteur privé a déploré
le non respect des engagements liés à l’augmentation des salaires des
travailleurs et le refus d’informer le syndicat sur les réalités de
l’entreprise. Pour tenir le dialogue social, a-t-il expliqué, il faut une
certaine franchise entre les parties prenantes.
Pour sa part, la présidente des
femmes de la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM), Mme
Sanogo Rokia Camara, a souligné que le dialogue social est plus qu’une
nécessité à tous les niveaux. Sans cet outil, a-t-elle soutenu, il n’y a pas de
stabilité sociale. Celle qui a fait 15
ans dans le domaine du bâtiment ne cache pas le manque de sincérité de certains
gestionnaires des entreprises privés en faveur des employés.
La syndicaliste a invité les employeurs à instaurer le dialogue avant que l’entreprise soit confrontée à des difficultés. Par ailleurs, elle a souhaité que les recommandations issues de cette conférence soit appliquées.
Mohamed DIAWARA
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