Cour d’Assises de Bamako : Dix ans de réclusion pour le "pyromane"

L’accusé a tenté de brûler vif la dame et ses enfants. Son plan machiavélique a échoué et il s’est finalement retrouvé devant les juges

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Publié mardi 11 octobre 2022 à 07:10
Cour d’Assises de Bamako : Dix ans de réclusion pour le  "pyromane"

Au Mali, le code pénal prévoit et punit la tentative d’assassinat dans ses articles 3, 199 al. 2, 22 et 207. Les auteurs de cette infraction criminelle s’exposent à une peine du même type. C’est le cas d’ Andy Sunday dit « Abou Clinic » qui a comparu la semaine dernière devant les juges de la Cour d’assises à Bamako. Ce sexagénaire est accusé d’avoir tenté de mettre fin à la vie de dame R. Sangaré et de ses trois enfants, en les brûlant vifs. Cette sordide histoire s’est passée courant 2019 à Sokorodji, en Commune VI du District de Bamako. 

L’échec d’un plan machiavélique

C’était dans la nuit du 8 Juillet, « Abou Clinic » s’est discrètement  introduit dans la chambre de sa future victime. Pour accomplir sa sale besogne, il s’était doté d’un récipient rempli d’essence. Pendant ce temps, la dame et ses trois enfants dormaient profondément. Lorsqu’il les a vus dans cet état, « Abou Clinic » les a tout simplement aspergé d’essence.

Puis, il est immédiatement retourné pour aller chercher du feu pour les brûler vifs. Entre temps, les colocataires ont alerté la victime. Le sinistre plan de l’assassin venait d’échouer. Ne voyant plus d’autres alternatives, il a pris la fuite. Malheureusement, sa fuite sera de courte durée. La dame en avait profité pour déposer une plante contre lui. Quelques temps après, l’assassin a été  localisé, coincé puis interpellé par la police. D’où son inculpation pour tentative d’assassinat.    =

À l’information de son dossier, « Abou Clinic » a, sans ambages, reconnu les accusations dont il faisait l’objet. Il en fut ainsi aussi bien à l’enquête préliminaire que devant le magistrat instructeur. Sans crainte aucune, il a déclaré avoir délibérément préparé son acte. Il a rappelé les circonstances dans lesquelles il l’a préparé. Ainsi, l’accusé dit s’être procuré 4 litres d’essence pour la circonstance.

Il a par la suite rallié la maison de sa victime où, une fois arrivé sur place, il a attentivement observé tous les mouvements de sa future victime et de ses progénitures dans leur chambre à coucher. Lorsqu’il s’est rendu compte que ces derniers dormaient, il les a aspergés du liquide inflammable avec la ferme volonté d’y mettre le feu. Mais le projet a échoué à cause du fait que les colocataires de dame R. Sangaré se sont réveillés pour lancer l’alerte.  

Constance dans les déclarations

Dans son mea-culpa, à la barre, assisté d’un interprète, le ressortissant nigérian a mis son agissement sur le compte d’un traumatisme, sans autres précisions. « J’étais traumatisé, j’avais trop de choses dans la tête. J’ai même tenté de me suicider, mais cela n’a pas marché.», a-t-il déclaré avant de fondre en larmes.

Le parquet a, dans sa réquisition, laissé entendre que l’accusé a agi en connaissance de cause. Pour le magistrat, cet acte est purement et simplement prémédité. « Il a préparé un stratagème pour attenter à la vie entre 4 h et 5 h du matin. Quelle cruauté ? C’était à l’aide d’un briquet qui n’a malheureusement pas donné du feu après plusieurs tentatives ». Auparavant, le défenseur des citoyens était revenu sur les faits, comme ils sont ressortis de l’arrêt de renvoi.

Ensuite, il a requis la cour d’entrer en voie de condamnation contre l’accusé sans le faire bénéficier de circonstances atténuantes. Le conseil de l’accusé n’était pas de cet avis. Il a surtout mis l’accent sur la santé mentale de son client. « Il souffrait d’une psychose hallucinatoire chronique. Donc, il ne pouvait discerner le mal du bien », a soutenu l’avocat qui a plaidé une peine légère pour que l’accusé puisse rejoindre les siens. Finalement, la cour a reconnu le nigérian coupable et l’a condamné à 10 ans de réclusion criminelle.        

Tiedié DOUMBIA

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