Dr Choguel Kokalla Maïga : «Je voudrais dire à la Cedeao la disponibilité du gouvernement malien à discuter»

Le gouvernement est attaché aux intérêts supérieurs du peuple malien, a déclaré Dr Choguel Kokalla Maïga

Publié lundi 31 janvier 2022 à 06:31
Dr Choguel Kokalla Maïga : «Je voudrais dire à la Cedeao la disponibilité du gouvernement malien à discuter»

Vendredi dernier à Kita, le Premier ministre a rassuré les Maliens quant à la détermination des autorités de la Transition à sécuriser le territoire national et à aller aux élections. À la communauté internationale, le chef du gouvernement rappellera que le Mali est un pays souverain, libre mais qui reste ouvert au dialogue

Pour le Premier ministre, l’objectif du président de la Transition et du gouvernement, c’est que dans quelques mois, l’écrasante majorité de notre territoire soit pacifiée pour pouvoir aller aux élections.

À ce propos, il a affirmé que depuis un peu plus d’un mois, les résultats spectaculaires enregistrés par notre armée, qui est à l’offensive, qui a changé de stratégie, ont fait qu’aujourd’hui dans toutes les régions du Mali, les citoyens sentent le retour de la paix petit à petit.

Ainsi, grâce au travail des Forces armées et de sécurité maliennes, sur 350.000 réfugiés intérieurs et extérieurs, en peu de temps, il y a 50.000 qui sont à ce jour retournés chez eux.  

Selon le Premier ministre, malgré les sanctions de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), le gouvernement s’est dit ouvert.

Si à l’issue des discussions avec « les frères de la Cedeao », les autorités arrivent à un chronogramme, elles expliqueront au peuple malien pourquoi il y a eu telles ou telles concessions. Mais la seule chose sur laquelle on ne peut pas faire de concessions, a rassuré le chef du gouvernement, c’est la sécurité des personnes et des biens.

«Rien ne nous fera reculer sur la recherche de la sécurité des Maliens avant toute chose», insistera-t-il. Aussi, Dr Choguel Kokalla Maïga a tenu, de façon particulière, à saluer la démarche de l’Union africaine (UA) et du président de sa Commission, Moussa Faki Mahamat, qui s’est investi pour renouer le fil du dialogue entre le Mali et l’organisation sous-régionale. «Je voudrais aussi dire à la Cedeao la disponibilité du gouvernement malien à discuter», a-t-il clarifié.

Avant d’expliquer que ce qui se passe entre le Mali et la Cedeao, c’est comme une dispute entre des frères qui, de toutes les façons, doit finir par se résoudre, parce qu’ils sont de la même famille. Et le Premier ministre d’espérer qu’avec l’intervention de l’UA, dans les jours à venir, «nous allons renouer le dialogue avec nos frères de la Cedeao et la communauté internationale».

Il soutient que le Mali est un État indépendant et souverain qu’il faut aider à exercer la plénitude de sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire. 

SOUVERAINETÉ NON NÉGOCIABLE- Par ailleurs, le Premier ministre a répondu aux récentes déclarations des dirigeants français et nigérien contre notre pays en leur exigeant le respect. Selon lui, la France ne peut pas faire venir au Mali un pays dans le cadre de Takuba sans notre autorisation. Il faisait ainsi allusion à l’épisode du contingent danois, indiquant qu’il ne s’agit pas d’une position d’affrontement. 

Aussi, Dr Choguel Kokalla Maïga a rappelé que notre pays respecte la mémoire des militaires français tombés dans la crise qui sévit chez au Mali. «Nous leur serons reconnaissants éternellement», a-t-il concédé.

Toutefois, selon le Premier ministre, le gouvernement français ne doit pas utiliser la mémoire de ces militaires pour faire du chantage.  «Ce que nous disons, il ne faut pas utiliser cette situation pour intimider et humilier notre peuple. Il faut nous respecter», a-t-il insisté. Car, soulignera le chef du gouvernement, la dignité, la souveraineté ainsi que l’indépendance du Mali ne sont pas négociables.

Mieux, il a rappelé aux dirigeants français que les Maliens et les Africains sont tombés pour la libération de la France entre 1940 et 1945. «Pourtant, nous ne passons pas notre temps à dire que la France nous doit quelque chose.

Les Américains ont libéré la France, mais lorsque les Français ont estimé que ce n’était plus nécessaire ils leur ont dit de quitter leur territoire», a-t-il rappelé.

Le chef du gouvernement a déclaré qu’il faut que les dirigeants français se disent que le monde a changé. Et qu’on n’a plus à la tête du Mali des dirigeants auxquels les autorités françaises sont habituées. «Ce ne sont pas les antifrançais qui sont à la tête du Mali, seulement nous ne sommes pas manipulables», a-t-il martelé. Selon le Premier ministre, la France méprise les dirigeants maliens parce qu’ils affirment le sentiment général de nos compatriotes.

«Je voudrais dire au gouvernement français, à la communauté internationale, aux Africains que le gouvernement du Mali est attaché aux intérêts supérieurs du peuple malien, rien d’autre», a-t-il indiqué avant d’ajouter que ce gouvernement analyse, regarde, observe et tire les conclusions de ce qui se passe dans le monde.

À cet effet, il a évoqué qu’après neuf ans de présence des militaires français, l’État n’est pas présent partout sur le territoire. «On doit tirer les leçons et se poser des questions», a-t-il lancé. 

UNE VIEILLE NATION- Toujours parlant de la France, Dr Choguel Kokalla Maïga a signalé que notre pays n’a pas besoin d’insulter ni le présent, ni l’avenir. Car, a-t-il estimé, après cette surchauffe, la finalité est que nous sommes liés par l’histoire. «Les gouvernements passent, les peuples restent.

Vous avez des écarts de langage contre nous, contre notre peuple. Je pense qu’il est temps que les dirigeants français comprennent qu’on n’est plus au temps du colonialisme, ni du néocolonialisme», a-t-il martelé.

Pour lui, il faut traiter les partenaires comme des partenaires. Parce que, continuera le chef du gouvernement, dans un partenariat respectable chaque pays trouvera son intérêt. Et d’insister qu’on ne peut pas transformer le Mali en un État vassal où les dirigeants sont là pour recevoir des injonctions de la France. «Ceux qui dirigent le Mali aujourd’hui ont un coefficient intellectuel largement au-dessus de la moyenne contrairement à ce que le gouvernement français croit», a-t-il déclaré.

Sur un autre registre, le chef du gouvernement a informé qu’il a été interdit à la Minusma d’effectuer des vols, en dehors des couloirs ouverts, sans demander l’autorisation des autorités maliennes. L’occasion était également opportune pour le Premier ministre de rendre la monnaie au ministre des Affaires étrangères du Niger qui a tenu des propos «malsains» à l’encontre de notre pays.

«Il a fait quelle école de diplomatie ?», s’est demandé le chef du gouvernement tout en exigeant plus de retenue et de réserve. «Je dois dire qu’heureusement nous sommes convaincus que le peuple nigérien, dans sa grande majorité, ne partage pas cette opinion», a tempéré Dr Choguel Kokalla Maïga.

Et de conclure : «Il faut que la France, la communauté internationale, nos amis africains mettent balle à terre. Il faut respecter notre peuple, c’est lui qui sait de quoi il a besoin. C’est une vieille nation avec un peuple mature».

Envoyé spécial
Oumar DIAKITÉ

Oumar DIAKITE

Lire aussi : 35 ans de démocratie au Mali : Du sacrifice de 1991 à l’exigence de Refondation

Le 26 mars 1991 demeure une date charnière dans l’inconscient collectif malien..

Lire aussi : Célébration du 26 mars: La nécessité de consolider les acquis de la démocratie

26 mars 1991-26 mars 2026, cela fait 35 ans jour pour jour que le Mali commémore la révolution de son peuple pour l'accession à la démocratie..

Lire aussi : France : Le rappeur Maître Gims placé en garde à vue

L’auteur du tube «Je me tire» serait impliqué dans une affaire de blanchiment d’argent en bande organisée.

Lire aussi : Palais de la culture Amadou Hampâté Bâ : L’espoir est permis en 2026

Le budget 2026 de ce temple de la culture est arrêté en recettes et en dépenses à la somme de 588 millions de Fcfa en 2026, contre environ 616 millions de Fcfa en 2025, soit une baisse de 4,6 %.

Lire aussi : Start-up au Mali : L’accompagnement des incubateurs, un levier pour les jeunes

Des initiatives existent, portées aussi bien par les pouvoirs publics que par les structures d’appui à l’entrepreneuriat. Toutefois, ces efforts demeurent insuffisants pour soutenir pleinement l’innovation.

Lire aussi : ONDD : 75 % des activités réalisées en 2025

Notre pays connaît une transition démographique caractérisée par une jeunesse nombreuse et dynamique. Cette réalité, accompagnée de politiques publiques adaptées, peut constituer un levier puissant pour réduire la pauvreté.

Les articles de l'auteur

Frontière Mali-Mauritanie: Deux otages des FAMa détenus par des terroristes s’exfiltrent

Selon un communiqué de l’état-major général des Armées, datant de ce dimanche, dans la nuit du 13 au 14 mars dernier, deux otages des Forces armées maliennes (FAMa) détenus par des Groupes armés terroristes (GAT), ont reçu à s’exfiltrer d'un camp de réfugiés en Mauritanie avant de regagner le territoire national..

Par Oumar DIAKITE


Publié dimanche 15 mars 2026 à 19:51

Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale : Un panel de haut niveau pour magnifier le rôle des femmes dans la diplomatie

Dans le cadre de la commémoration du 8 mars, journée internationale de la femme, un panel de haut niveau a été organisé hier par l’Association des femmes des Affaires étrangères (AFAE) sur le thème : «femmes diplomates : voix, influence et partage d’expérience»..

Par Oumar DIAKITE


Publié vendredi 13 mars 2026 à 09:53

Diplomatie proactive : Avec la pleine implication des femmes du ministère des Affaires Etrangères

La diplomatie proactive adoptée par les autorités de la Transition se fait avec une pleine implication des femmes. Le poste stratégique du Conseiller diplomatique du Chef de l’État est aujourd’hui occupé par une femme et quatre autres dames sont à des postes d'ambassadeur à l'étranger. Sans oublier l'engagement constant, pour relever les défis, de l’Association des femmes du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (AFAE).

Par Oumar DIAKITE


Publié vendredi 06 mars 2026 à 08:48

Observatoire de la paix et de la réconciliation nationale : Ousmane Issoufi Maïga nommé à la tête d'une équipe de 30 membres

Par décret N°2026-0101/PT-RM du 02 mars 2026, le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a nommé l'ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, Président de l’Observatoire de la paix et de la réconciliation nationale, et le Général Mody Béréthé au poste de vice-président..

Par Oumar DIAKITE


Publié jeudi 05 mars 2026 à 08:50

Diplomatie : Le Président Goïta donne ses orientations aux nouveaux ambassadeurs du Mali en Arabie saoudite et en Libye

Le Chef de l’État, le Général d’armée Assimi Goïta, a donné ses orientations aux nouveaux ambassadeurs de notre pays auprès du Royaume d’Arabie saoudite, le Général de division Ibrahima Dahirou Dembélé et de la Libye, le Colonel-major Maouloud Ould Mohamed.

Par Oumar DIAKITE


Publié vendredi 27 février 2026 à 08:39

Kati : Le ministre Sadio Camara rompt le jeûne avec ses voisins

Le ministre d’État, ministre de la Défense et des Anciens combattants, le Général de corps d’armée Sadio Camara, a respecté, le lundi dernier sur le terrain de football de Kati Sananfara Extension, la tradition pour la troisième fois en prenant part à l’opération de rupture collective du jeûne, initiée par le Président de la Transition..

Par Oumar DIAKITE


Publié mercredi 25 février 2026 à 08:49

Ramadan et Carême : Le Chef de l’État offre 1.000 kits alimentaires aux artistes et artisans

Le kit est composé d’un sac de 50 kg de riz, de 5 kg de lait en poudre, d’un bidon d’huile de 5 litres, de dattes et de pâtes alimentaires. La donation s’est tenue en présence du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé.

Par Oumar DIAKITE


Publié mercredi 25 février 2026 à 08:41

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner