Élimination des violences à l’égard de la femme : Des avancées mais des défis

À l’instar de la communauté internationale, notre pays a commémoré la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Le clou a été une conférence-débat organisée, hier au siège de la Coordination des associations et ONG féminines (Cafo).

Publié vendredi 05 décembre 2025 à 10:46
Élimination des violences à l’égard de la femme : Des avancées mais des défis

La conférence était animée par la représentante de la Cafo, Mme Diawara Fatimata Ousmane Diawara

 

L’activité a réuni des autorités politiques, administratives et judiciaires, des partenaires techniques et financiers, des leaders communautaires et traditionnels ainsi que des représentants des organisations de femmes et de jeunes. La conférence était animée par la représentante de la Cafo, Mme Diawara Fatimata Ousmane Diawara, qui avait à ses côtés le représentant du Famoc, Mohamed Ahdellchi Elkhall, et celui du Centre d’assistance et de promotion des droits humains (CapDH), Abdoulaye Doucouré. L’édition 2025 est célébrée sous le thème : «Innovation du Code pénal : regards croisés sur les violences basées sur le genre».

Mme Diawara Fatimata Ousmane Diawara a expliqué que le Mali dispose désormais d’outils juridiques adaptés pour protéger les femmes contre les violences, y compris celles commises dans l’espace numérique. La loi relative à la cybercriminalité constitue un cadre essentiel pour prévenir et sanctionner les infractions en ligne telles que le harcèlement, la diffusion non consentie de contenus et les atteintes à la vie privée.

En parallèle, éclaire-t-elle, le nouveau Code pénal intègre explicitement, et pour la première fois, les violences basées sur le genre, qu’elles soient physiques, psychologiques, sexuelles ou numériques, et prévoit leur répression. La combinaison de ces instruments offre un cadre cohérent et moderne, permettant de protéger les victimes, de responsabiliser les auteurs et de renforcer l’efficacité de l’action publique et communautaire contre toutes les formes de violences faites aux femmes.

Quant à Abdoulaye Doucouré, il a souligné que malgré ces avancées, les violences basées sur le genre demeurent préoccupantes. Les femmes continuent d’être exposées à des violences physiques, sexuelles, psychologiques et économiques, auxquelles s’ajoutent désormais les violences numériques, la propagation de fausses informations, campagnes de dénigrement, menaces, publications non autorisées de contenus intimes, etc. À le croire, les statistiques nationales illustrent l’ampleur du phénomène.

Selon l’Énquête démographique et de santé (EDSM VI 2018), près de la moitié des femmes âgées de 15 à 49 ans ont subi au moins une forme de violence. Les crises sécuritaires et sociopolitiques ont également entraîné une recrudescence des violences sexuelles, avec 1.151 cas documentés en 2022 par les Nations unies et leurs partenaires.

Face à cette situation, résume le représentant de Cap DH, il est indispensable de renforcer les efforts d’information, de formation et de sensibilisation, afin de faciliter la compréhension des innovations du nouveau Code pénal et de promouvoir une culture numérique responsable et égalitaire. Elle vise à contribuer au renforcement de la protection des droits des femmes pour leur épanouissement social et économique et leur participation à la gestion des affaires publiques.

C’est dans cette dynamique que le CapDH, en collaboration avec la Coordination des associations et ONG féminines (Cafo) et l’appui du ministère des Affaires étrangères du Danemark à travers le Famoc II, commémore la Journée, a déclaré Mohamed Ahdellchi Elkhall.

 Et de renchérir : «Notre ambition est de contribuer au renforcement de la protection des droits des femmes et des filles, afin de promouvoir leur épanouissement social, économique et leur participation active à la vie publique». L’activité s’est déroulée sous forme de panels animés par des experts engagés dans la protection des droits des femmes et a surtout été marquée par des interactions avec les participants sur les avancées contenues dans le nouveau Code pénal, tout en mettant en exergue les défis et les pistes de solutions.

Maïmouna SOW

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