Battues de peu par le Brésil 73-76, lundi, après un dernier quart temps cauchemardesque, les Aigles Dames jouent leur va-tout aujourd'hui à Wuhan (Chine) contre le Soudan du Sud à 5h30 GMT. Pour rejoindre l’élite mondiale, la victoire est impérative pour les nôtres, mais elle ne suffira pas seule.
Le destin des Maliennes dépend désormais d'un alignement sur les autres parquets de la poule. Contre le Brésil, tout s’est joué dans un souffle, ou plutôt dans un naufrage collectif lors des dix dernières minutes. Alors qu’elles tenaient le bon bout, portées par une Sika Koné impériale (20 points, 11 rebonds) et une Maïmouna Haïdara omniprésente (17 points, 9 rebonds), les Maliennes ont totalement perdu pied.
Ce cinglant 28-11 encaissé lors de l'ultime période a transformé un rêve de qualification directe en un scénario à suspense insoutenable (score final : 73-76). Aujourd'hui, le rendez-vous est pris pour 5h30 GMT. En effet, face aux Aigles Dames se dresse le Soudan du Sud, un adversaire qui découvre la dure réalité du très haut niveau. Déjà éliminées après quatre revers, dont une correction reçue face à la Belgique (64-102), les Sud-Soudanaises n’ont plus rien à perdre.
Historiquement, l'avantage penche nettement du côté des Maliennes. Sur le continent africain, les Aigles Dames ont toujours su imposer leur supériorité physique et leur expérience tactique face à cette jeune nation du basket.
Cependant, le Soudan du Sud progresse vite et joue sans complexe, ce qui en fait un «spoiler» dangereux pour une équipe malienne sous haute tension. Si le Soudan du Sud est une nation montante du basket africain, les statistiques plaident largement en faveur du Mali. Sur les deux dernières années, les deux équipes se sont croisées à plusieurs reprises, notamment lors de l'Afrobasket 2025 à Abidjan. Le Mali reste sur une série de victoires consécutives contre les Sud Soudanaises. Cependant, l'écart s'est souvent réduit (seulement +2 ou +3 points lors de certains duels), prouvant que le Soudan du Sud n'est plus un petit poucet, même s'il reste sur 4 défaites dans ce tournoi de Wuhan.
Ainsi, pour voir le Mondial, le calcul est simple mais cruel. Le Mali doit battre impérativement le Soudan du Sud et espérer une défaite de la République Tchèque face à la Belgique. Pour enfin compter sur un revers du Brésil contre l'ogre chinois.
Pour le sélectionneur national Oumarou Sidiya, il faut gérer les émotions. Interrogé à la veille de cette rencontre capitale, le technicien malien n'a pas caché la difficulté de la tâche, tout en restant combatif. «La défaite contre le Brésil a été un coup de massue psychologique, c’est indéniable. On a mené pendant trois quarts temps avant de s'effondrer. Aujourd'hui, mon rôle est de remobiliser les filles.
Contre le Soudan du Sud, ce ne sera pas une question de talent, car nous l'avons, mais de mental. Il faudra rester concentrés du début à la fin pour ne pas revivre le scénario du dernier match. On va jouer notre chance à fond et attendre les autres résultats avec humilité», a déclaré Oumarou Sidiya. L'une des meilleures marqueuses et pièce maîtresse du dispositif malien, Sika Koné s'est exprimée avec beaucoup de lucidité sur ce match de la dernière chance. Elle insiste sur le besoin de constance après l'effondrement face au Brésil.
«Nous connaissons bien le Soudan du Sud, c'est une équipe qui joue avec énormément d'énergie et qui n'a rien à perdre puisqu'elle est déjà hors course. Le piège serait de croire que le match est gagné d'avance à cause du classement. Contre le Brésil, nous avons montré que nous pouvions dominer les meilleures, mais nous avons aussi montré notre fragilité mentale en fin de match. Pour moi, ce n'est plus une question de statistiques personnelles (20 points au dernier match), mais de discipline collective. On doit aux Maliens de se battre jusqu'à la dernière seconde. On va entrer sur le terrain pour gagner, et ensuite, on regardera les autres résultats en espérant que le destin soit avec nous».
Seibou Sambri KAMISSOKO
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