Il ne prétend pas avoir la même érudition que des poètes classiques des siècles passés comme les auteurs des chansons de geste, ces poèmes d’inspiration épique et d’autres qui reposent au panthéon des Dieux de l’écriture ou même de certains de ses contemporains, mais partage avec eux le même rapport à l’émotion, à l’engagement, à la conscientisation et la dénonciation des maux, entre autres.
Amara Malé Diallo fait de la poésie contemporaine qui ne soumet pas aux règles rigides de la versification, de la rime et du retour des sonorités à la fin des vers. Mais, il ne renonce pas pour autant aux exigences de la grammaire, à l’aération des textes et au bon agencement des idées. L’auteur parle de ses états d’âme, notamment de l’angoisse, de la hantise, des tourments, mais aussi de ses amitiés, de l’indigence (les mendiants) et de l’amour, entre autres.
Dans ses textes, il dénonce l’hypocrisie des hommes, l’injustice, la souffrance, parle du rapport de l’homme à Dieu qui est justice et Miséricorde, et à qui tout le monde se confie et à travers plusieurs religions. Il rend aussi, dans un beau texte, hommage aussi à sa mère à qui il évoque sa détermination de réussir et de lui faire honneur.
Amara Malé colle à l’air du temps avec un texte sur le sou (l’argent) et tout ce qui l’entoure (obscurité, animosités et absurdités). Dans un poème intitulé «Indigo», il parle d’une partie de son enfance et de la circoncision d’une bande de copains (Ils étaient 7 gamins de 7 ans). Et dans Tourments, il évoque son enfance aussi dans cette partie du livre, ses amitiés d’Abidjan, dont la flamme reste toujours allumée. Des amis qu’il n’oublie pas du tout et avec qui il a passé «des moments de joie intense, de randonnées nocturnes et de partie de football».
Dans «hébétude», un autre beau texte qui se veut un clin d’œil à la révolution de mars 1991 où il exprime son étonnement du mutisme observé autour de l’horreur par le monde et explique avoir été ébranlé par ce qu’il a vu ce jour de mars. «Ubi bene Ibi patria» (une locution latine signifiant prosaïquement que là où on se sent bien est la patrie). L’auteur éveille les consciences sur la nécessité d’intégrer cette notion que «rien ne vaut la terre ancestrale» et que «rien n’égale la mère patrie». Dans un bref, mais intense poème, l’écrivain parle de l’enfant qui est un «soleil pour éclairer notre existence».
Du haut de ses 55 balais (puisqu’il est né en 1971 à Kayes), Amara Malé Diallo peut se glorifier d’un parcours déjà élogieux. Journaliste et communicateur, il a rodé ses méthodes dans le domaine à la radio Guintan avant de rejoindre la télévision nationale à la faveur de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2002). L’enfant de la cité des rails ne tombe ex nihilo dans l’écriture des poèmes. Il avait déjà participé à la publication d’un recueil de poème qui est le fruit d’une collaboration littéraire entre quatre pays (Mali-Séngal, Niger et Burkina Faso).
Brehima DOUMBIA
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