Fespaco : Des maliens parmi les «celebrities»

Les «Celebrities Days» se sont tenues, dimanche dernier à Ouagadougou, en marge de la 29è édition du Fespaco. Un concept de casting sud et de ses partenaires qui permet de placer les célébrités et les partenaires du cinéma au cœur des festivités.

Publié jeudi 27 février 2025 à 08:37
Fespaco : Des maliens parmi les «celebrities»

Des personnalités du cinéma, du sport et des journalistes ont été distingués par des trophées d’honneur. La  soirée a tenu toutes ses promesses et a permis de réunir des célébrités comme Jackie Appiah du Ghana, Souleymane Kébé du Sénégal, des personnalités comme Diary Sow, Eva Gueyi, Diana Bouli, Seydou Sarr, Viviane Sidibé, Eléonore Kocty, Axel-Tresor Bgallou, Bady Zan, Edmond Tapsoba qui ont reçu des trophées

 

 

L’occasion aussi était belle pour décerner un trophée d’hommage à Souleymane Cissé, réalisateur malien décédé à 72 heures du début de la 29è édition du Fespaco. Le trophée a été reçu par sa fille. Des mentions spéciales ont été faites à plusieurs réalisateurs dont Mandé Mory, Babacar Touré, François Akoibou, etc. Des journalistes ont aussi été distingués lors de cette soirée de gala. Il s’agit de Hervé Dapa, de Malick Saaga, de Lirida Philippe Ada et Patrick Kouldiaty.

 

 

 

 

Viviane Mina Sidibé : l’actrice accède à la célébrité

 

 


Autodidacte dans le cinéma, la jeune actrice comédienne, Viviane Mina Sidibé, a été couronnée dimanche soir à Ouagadougou lors des célébrités days. Une soirée de récompenses des professionnels du cinéma. La jeune actrice de cinéma avait déjà remporté de nombreux trophées et récompenses au niveau du continent africain. Par exemple, elle a remporté le prix de Meilleure comédienne d’Afrique lors du Festival de cinéma écrans noirs de Yaoundé au Cameroun. L’actrice a mis son talent au service de beaucoup de réalisateurs. C’est ainsi que Viviane Mina Sidibé a joué dans des longs métrages comme «Toile d’araignée» d’Ibrahima Touré, «Rapt à Bamako» de Cheick Oumar Sissoko, «Wulu fato» de Daouda Coulibaly et «Cheytan» d’Assane Kouyaté. 


La comédienne a aussi tapé dans l’œil des réalisateurs de séries télévisées où elle excelle par exemple dans «Les Concessions», une série de 52 épisodes réalisée par le Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM) et «L’œil du micro». Et bien d’autres, notamment «Le pouvoir du gardien», «Chambre noire» et «Ciwara».

Née à Markala dans la Région de Ségou, il y a une quarantaine d’années, Viviane Mina Sidibé est passée par le Lycée Ba Aminata Diallo de Bamako (ex-lycée de jeunes filles) avant d’enchaîner avec des études supérieures à l’Institut universitaire de gestion (IUG) dans la spécialité hôtellerie et tourisme. Viviane confirmera comme l’une des meilleures actrices de cinéma au Mali. Celle qui porte plusieurs casquettes est aussi présentatrice dans une chaîne de télévision.



Votre rubrique : «Découvert» s’est intéressée, il y a quelques semaines, à la jeune actrice, comédienne et présentatrice à la télévision. Viviane Mina Sidibé a contracté très tôt le virus du cinéma. Déjà lycéenne, elle laissait entrevoir un don naturel dans les représentations de rôles dans les répétitions théâtrales. «Je suis devenue actrice grâce à un comédien confirmé, Massa Coulibaly. Il a été mon formateur durant quelques semaines à l’occasion de l’anniversaire des 50 ans du lycée que je fréquentais.


Il a décelé en moi des qualités et m’a encouragée à devenir actrice», raconte Viviane. C’est le même formateur qui recommandera l’artiste comme un diamant à polir au CNCM. Sans formation de base dans le  cinéma, Viviane sera confrontée à quelques difficultés au début. Elle explique avoir eu du mal à engrangé un capital de confiance au départ. Elle doutait beaucoup d’elle-même parce qu’elle n’avait pas une formation spécifique. Mais c’est à force de passion et de détermination qu’elle fera son trou dans le cinéma.

Elle s’auto-forme et s’améliore grâce au contact des professionnels du métier mais ainsi grâce à son sens de l’écoute. Elle n’hésite pas à prendre des conseils auprès de ceux-ci. Elle a longtemps nourrit le rêve de subir une formation  au Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké, mais elle a été frappée par la limite d’âge. Elle a donc poursuivi sa carrière en tant qu’autodidacte et a effectué de nombreuses formations de perfectionnement parce que consciente de l’évolution perpétuelle du cinéma. En tout cas, Viviane a su tracer son chemin dans ce monde du cinéma grâce à la passion et son courage. Viviane ambitionne de voir citer son nom parmi les plus grandes actrices du continent africain, voire du monde. La concrétisation de ce rêve est possible au regard de son talent et de son amour pour le 7è art.   


 

Fousseyni Diakité : Le talent reconnu d’un producteur



 

’est l’un de nos valeureux porte-étendards à la 29è édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), car il est le président du jury de la catégorie films des écoles de cinéma. En confiant cette responsabilité à notre compatriote, le Fespaco démontre son engagement à favoriser la collaboration et l’innovation pour un meilleur devenir du cinéma africain. Son travail à travers le Festival ciné-ado, qui a permis pendant une dizaine d’années d’attirer les jeunes vers le 7è art et surtout le volet cinéma du Festival Ag’na, a retenu l’attention du jury des 5è Celebrities days. Il fait donc partie des lauréats.



Cet économiste de formation et plasticien-designer autodidacte est un consultant en stratégie de communication et un entrepreneur culturel et social. Initiateur et co-directeur du Festival Ag’na, qui s’impose dans notre pays comme l’un des plus grands événements dédiés au cinéma et à la musique avec sa prestigieuse soirée de remise de prix : «Cérémonie des Nianan».

Ce rendez-vous permet de reconnaître les efforts et la créativité des acteurs professionnels du cinéma malien et africain. Il se déroule au mois de mars à Bamako et reste aussi à l’origine de l’Université de vacances, un programme de formation en multimédia dans les métiers émergents et créatifs pour les jeunes. Président du Groupe Walaha, il mène des projets reliant, culture et technologies émergentes pour un impact socio-économique durable, notamment le programme «Marketing territorial Mali» ou «Anw ka so», axé sur le développement local inclusif. Un programme qui met en lumière les potentialités et les richesses de nos différents terroirs.


Il met également un accent sur les productions artisanales, d’élevage et d’agriculture voire les produits de cueillette. Les différentes plateformes des réseaux sociaux et autres supports de communication sont mis à contribution afin de donner de la visibilité nécessaire. Ancien président du Réseau Kya/Arterial Network Mali, il a également représenté l’Afrique de l’Ouest au sein de cette organisation panafricaine. Il est actuellement le président du Réseau Kuruni, un collectif de centres culturels du Mali. Il pilote et représente à travers le Groupe Walaha plusieurs projets communautaires, incluant le développement local et inclusif avec des partenaires nationaux et internationaux à travers l’utilisation des industries culturelles et créatives ainsi que des technologies émergentes.


 

Tapa Keïta : UNE Jeune réalisatrice ambitieuse


 

Pour les organisateurs de Celebrities days, Tapa Keïta fait partie des jeunes qui feront l’avenir du cinéma africain. En témoignent les différents succès engrangés à l’échelle nationale et continentale par sa dernière réalisation. Le jury de cette récompense estime nécessaire de mettre en avant son travail.

 En effet, le court-métrage «Les larmes du pagne» a obtenu le prix du jury en compétition officielle à la 19è édition des Rencontres du film court Madagascar et a été sélectionné lors du Festival afrocinéma de Rio de Janeiro au Brésil. Un film qui reste aussi dans la course pour le prix du meilleur court-métrage africain du Festival Bili du Congo-Brazzaville. Ce film avait remporté le prix de meilleur film de fiction au Festival écrans d’Afrique, tenu en mai dernier à Ségou.


C’est un film poignant sur la fistule obstétricale que présente Tapa Keïta dite Mamie. Intitulé «Les larmes de pagne», ce film met en scène une jeune mariée de 14 ans, Fatima en couple avec son époux en rase campagne de Bamako. Elle est dans un état avancé de grossesse, qui s’avère difficile. Pourtant, elle n’a jamais fait de consultations prénatales, une situation que cette famille traditionnelle trouve normale. Mais des complications surviennent le jour de son accouchement à domicile. Après des jours de travail, Fatima sera victime d’une fistule obstétricale avec comme conséquence une incontinence urinaire.

En effet, la jeune native de Bamako a une Licence professionnelle en hôtellerie et tourisme de l’Institut universitaire de gestion (IUG) de Bamako obtenu en 2013, mais aussi un Master 1 en droit privé en 2014. Elle ne se sentait pas épanouie. Dans son jeune cœur couvait l’envie de se reconvertir cinéaste. Elle nouera le contact avec sa passion en 2018. Elle a de qui tenir puisqu’elle est petite-fille de la célèbre actrice et réalisatrice  Fatoumata Coulibaly dite FC qui a joué dans de nombreux films maliens et africains (Sénégal et Burkina).


Tapa réalise son tout premier film d’école avec la cellule Kino-Bamako, après une formation accélérée. Puis, elle subie une série de formations lors de résidences d’écriture et d’études de cinéma. Sa soif d’acquérir des connaissances et son amour pour le cinéma n’ont cessé de croître. Elle rejoindra le Sénégal en 2020 pour poursuivre des études dans les domaines de la réalisation et la production à Up court du programme Cinekap auprès d’Oumar Sall.

Youssouf DOUMBIA

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