Une vue du présidium à l’ouverture des travaux
À l’initiative de la Direction nationale de la formation professionnelle, un atelier stratégique a réuni une quarantaine de responsables et d’experts. L’objectif affiché est de transformer un arsenal juridique déjà solide en résultats concrets sur le terrain. Car si les textes existent, leur mise en œuvre reste encore fragile. Cette rencontre marque un tournant stratégique pour la décentralisation.
Depuis plusieurs années, le pays s’est engagé dans une modernisation ambitieuse du secteur : amélioration de la qualité des formations, certification des compétences, renforcement des liens avec le secteur privé/ Mais surtout, ces réformes reposent sur un pilier clé: le transfert des compétences aux collectivités territoriales. «Il s’agit d’un tournant stratégique majeur dans le processus de décentralisation», rappelle Mohamed Abdoulahi Chéibani, conseiller technique du ministère.
L’enjeu est de rapprocher les décisions des réalités locales et adapter les formations aux besoins économiques des territoires. Sur le terrain, la réalité est plus nuancée. Des missions de suivi ont mis en évidence des difficultés concrètes. Il s’agit entre autres du manque de maîtrise des textes, flou dans la répartition des rôles, et l’application partielle des réformes.
Cet atelier vise précisément à combler ces écarts. Ainsi à travers des présentations, études de cas, travaux de groupe tout est conçu pour renforcer les capacités des acteurs et harmoniser les pratiques. «Ce recueil de textes doit devenir un véritable outil de travail pour les collectivités», insiste Mohamed Abdoulahi Chéibani.
Au cœur des échanges: une conviction forte. Les collectivités doivent pouvoir identifier elles-mêmes leurs besoins en formation et y répondre efficacement. Dans un marché du travail en mutation, cette approche territoriale apparaît comme une nécessité. Elle pourrait permettre des formations mieux ciblées, une meilleure coordination des acteurs, et, à terme, un impact réel sur l’emploi des jeunes.
L’initiative bénéficie du soutien du projet PAPSE, porté par la Coopération technique allemande, qui accompagne les populations vulnérables, déplacés internes, réfugiés et communautés hôtes. «Le transfert de compétences est au cœur de la gestion des territoires», souligne Astrid Sagebiel, représentante du projet. Déployé dans plusieurs régions du Mali, le programme vise à développer des formations adaptées aux réalités locales.
À l’issue de l’atelier, les participants auront une meilleure appropriation des textes, une vision partagée des réformes et des solutions concrètes aux difficultés identifiées. Un rapport est attendu, avec des recommandations pour accélérer la mise en œuvre. Au-delà de cet atelier, c’est toute la stratégie de développement du capital humain qui est en jeu. Car une chose est désormais acquise : sans une formation professionnelle efficace et ancrée dans les territoires, la bataille pour l’emploi des jeunes restera difficile à gagner.
Oumar SANKARE
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