Mali : Industrie : Le financement de deux usines de filature au cœur des échanges avec la banque de développement de Chine

Les deux parties ont acté le principe de l’acceptation de l’examen du dossier sur la base de l’étude de faisabilité proposée par notre pays. Mais tout porte à croire que les choses sont en bonne voie surtout que c’est un projet économiquement rentable et financièrement viable, selon les experts

Publié lundi 11 décembre 2023 à 06:18
Mali : Industrie : Le financement de deux usines de filature au cœur des échanges avec la banque de développement de Chine

Le ministre Moussa Alassane Diallo et le vice-président de la Banque de développement de Chine, Wang Weidong

 

Lors de son séjour à Beijing (la transcription en chinois de Pékin), la délégation ministérielle malienne a rencontré, le même vendredi, le vice-président de Chine Development Bank ou Banque de développement de Chine, Wang Weidong.

Le ministre Diop et ses collègues de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, ont eu une discussion intéressante sur deux projets structurants, notamment la réalisation de deux usines de filature à Bamako et Koutiala pour un coût d’environ un peu plus de 144 milliards de Fcfa, selon une étude de faisabilité commanditée par la Compagne malienne pour le développement des textiles (CMDT).


Il faut dire que les deux parties ont acté le principe de l’examen du dossier sur la base de cette étude de faisabilité. Mais, il reste encore à déterminer ce qui peut être fait après l’analyse du dossier, notamment des propositions de la partie malienne, par l’institution bancaire qui a été créée en 1994 et qui reste la plus grande banque de financement de coopération à l’extérieur. Elle accorde des prêts dans divers domaines, y compris ceux de l’exploitation minière, de la communication et tout ce qui se rapporte aux moyens de subsistance des peuples. Cette institution a déjà financé le complexe sucrier N-Sukala, mais aussi investi, à travers sa filiale de co-développement sud-africaine, dans une usine pharmaceutique (NDR située à Banancoroni) qui fonctionne bien depuis 2018.

Pour le vice-président de Chine development Bank, la rencontre avec les trois ministres maliens peut jouer un rôle important dans la promotion de la coopération future entre les deux parties. Il a demandé à la délégation ministérielle de brosser un tableau de la situation socio-économique du pays et de faire des suggestions sur la coopération future. Ce qui fut fait. Au sortir des échanges fructueux avec le responsable de la Banque de développement de Chine, le ministre Moussa Alassane Diallo a exprimé son espoir de voir les choses prendre véritablement forme en termes de financement de certains projets. «Nous venons d’avoir une séance de travail qui a abouti à une réflexion très approfondie sur deux projets structurants, notamment le financement de deux filatures à Bamako et Koutiala.


Nous avons examiné la faisabilité de ces deux projets sur le plan de leur rentabilité, de l’impact que ces deux projets peuvent avoir en termes de transformation structurelle de la base de l’économie», a expliqué le ministre Moussa Alassane Diallo. Il a surtout rappelé à ce propos l’ambition que nourrit notre pays,  pour la filière coton. «L’importance stratégique de cette rencontre porte aussi sur notre ambition à transformer le coton. Moins de 1% du coton est transformé sur place. Notre objectif est d’amener ce taux à 10%. Toutes les chaînes de valeur du coton doivent retenir notre attention pour  sa transformation», a-t-il expliqué.

Le ministre Diallo a été on ne peut plus clair sur le financement des deux usines de filature. «Sur le plan de l’acceptation du principe de financement, on peut dire oui. Mais c’est sur la base de l’étude de faisabilité proposée que nous aurons une réponse définitive. Mais en termes de création d’emplois et de richesses, de redistribution de ces richesses.

Mais aussi compte tenu de la rentabilité et de l’impact de ces deux usines sur l’économie, sur la balance commerciale de notre pays, sur la productivité et la production agricoles, nous pensons que ce projet est économiquement viable et financièrement rentable. Sur la base de ces deux instruments, économique et financier, nous avons de forte chance que ce projet soit accepté en termes de financement», a conclu Moussa Alassane Diallo.

Quelques heures après, le ministre Diallo a rencontré Tang Wenhong, ministre assistant chargé  du Commerce, des Banques d’État et de la Coopération avec les États africains. Les deux parties ont partagé les idées sur les possibilités d’amélioration du climat des affaires et des investissements, mais aussi sur les possibilités d’avoir un partenariat gagnant/gagnant. Les discussions ont aussi porté sur la mise en œuvre de la coopération économique et technique qui existe entre notre pays et la Chine depuis le 21 juin 2019. À ce propos, il a été aussi question de renforcement de l’Hôpital du Mali (un fleuron de la coopération sino-malienne) par la construction des infrastructures pour la prise en charge des malades atteints du diabète. Les deux parties ont aussi évoqué la réalisation du futur Parlement malien.

B. D

 

 

Visite de trois grandes entreprises chinoises : Des opportunités à explorer

 

En marge de la visite en Chine, la délégation malienne a également visité trois grandes sociétés chinoises d’envergure internationale et qui se trouvent à la pointe de leurs domaines d’intervention. Dans toutes ces entités, les ministres maliens ont apprécié l’expertise de ces entreprises qui ont administré la preuve de leurs compétences à travers des réalisations importantes accomplies de par  le monde.

Mais elles impressionnent surtout par les moyens mis dans la communication pour donner un aperçu de leurs potentiels et mieux vendre leur expertise. Au siège de Power China, une entreprise spécialisée dans la technologie de production d’énergie à travers la réalisation de barrages hydroélectriques, mais qui a surtout réalisé à travers sa filiale Sinohydro les barrages de Félou et de Gouina dans notre pays. Cette très grande entreprise intervient dans 134 pays y compris en Afrique.

Le ministre Sanou a expliqué que Power China est la plus grande entreprise en matière de technologie d’énergie. «Nous sommes venus proposer la vision du Mali, du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, qui est de faire du Mali un pays émergent, à travers des réformes majeures et d’une réforme structurelle de notre économie à partir d’une indépendance en matière de production et de transport d’énergie. Pour lui, il était important de rencontrer cette entreprise qui a marqué un grand intérêt pour la réalisation de beaucoup de projets structurants. Ils ont fait une étude prospective des potentialités du Mali. Ils ont estimé que les deux fleuves qui traversent notre pays ont un potentiel de production hydroélectrique de 1.150 mégawatts qui peut être réalisé en 42 barrages sans compter les sites photovoltaïques, a-t-il expliqué.

La délégation ministérielle s’est aussi rendue au siège de China railway group limited (Crec) dont le cœur de métier est la construction des chemins de fer intervient dans 134 pays. Elle évolue aussi dans la réalisation des stades, mais aussi dans les reconstructions après catastrophe, des ponts, tunnels et autres infrastructures de développement. Cette société est présente au Mali, depuis 1986 à travers sa plus grande filiale Covec (une entreprise bien connue de nos compatriotes pour avoir réalisé de nombreuses infrastructures dans notre pays.

Pour le ministre Diop, 30 ans de présence au Mali n’est pas rien. Il a surtout rappelé que notre pays qui est en pleine croissance a besoin de faire beaucoup de réalisations. En ce moment, nous sommes en discussion très avancées avec Covec pour la réalisation de la route qui part du Parc national à Kati en passant par Koulouba, mais aussi de Samé à Kati (deux fois deux voies). Ces discussions sont conclues et il ne reste plus qu’à signer les documents.  

Après les deux premières entreprises, les trois ministres maliens ont fait un tour au siège de Huawei (une société qui évolue dans le domaine des nouvelles technologies de l’information et de communication). Elle propose aussi des solutions pour l’électricité, notamment en termes d’approvisionnement mais aussi de solutions compensatoires.

À ce propos, le ministre Moussa Alassane Diallo a rappelé la nécessité de pousser la réflexion sur les possibilités pour les entreprises d’avoir de l’énergie stable. «Toutes mes entreprises doivent investir pour avoir leur autonomie en énergie», précisera le ministre en charge de l’Industrie. Et de proposer de prospecter davantage les solutions que pourraient apporter le soleil que nous avons toute l’année.

Pour le président de la Commission des affaires étrangères du Conseil national de Transition, Aboubakar Sidiki Koné, il y a eu beaucoup de propositions, mais aussi la nécessité de voir comment capitaliser les promesses qui ont été faites. Quand on sait la crise d’énergie, on peut développer les solutions comme l’onduleur intelligent à l’échelle famille et à l’échelle entreprise.

Brehima DOUMBIA

Lire aussi : 35 ans de démocratie au Mali : Du sacrifice de 1991 à l’exigence de Refondation

Le 26 mars 1991 demeure une date charnière dans l’inconscient collectif malien..

Lire aussi : Célébration du 26 mars: La nécessité de consolider les acquis de la démocratie

26 mars 1991-26 mars 2026, cela fait 35 ans jour pour jour que le Mali commémore la révolution de son peuple pour l'accession à la démocratie..

Lire aussi : France : Le rappeur Maître Gims placé en garde à vue

L’auteur du tube «Je me tire» serait impliqué dans une affaire de blanchiment d’argent en bande organisée.

Lire aussi : Palais de la culture Amadou Hampâté Bâ : L’espoir est permis en 2026

Le budget 2026 de ce temple de la culture est arrêté en recettes et en dépenses à la somme de 588 millions de Fcfa en 2026, contre environ 616 millions de Fcfa en 2025, soit une baisse de 4,6 %.

Lire aussi : Start-up au Mali : L’accompagnement des incubateurs, un levier pour les jeunes

Des initiatives existent, portées aussi bien par les pouvoirs publics que par les structures d’appui à l’entrepreneuriat. Toutefois, ces efforts demeurent insuffisants pour soutenir pleinement l’innovation.

Lire aussi : ONDD : 75 % des activités réalisées en 2025

Notre pays connaît une transition démographique caractérisée par une jeunesse nombreuse et dynamique. Cette réalité, accompagnée de politiques publiques adaptées, peut constituer un levier puissant pour réduire la pauvreté.

Les articles de l'auteur

Hamadoun Touré invité de l’émission train littéraire : Amadou Hampaté Bâ porté au pinacle

Train littéraire (voyage autour de la littérature) dans un restaurant de la place, ce jeudi 19 février. Hamadoun Touré, une figure intellectuelle influente et ancien ministre de la Communication, est l’invité de cette émission de Joliba TV News pour parler de son livre intitulé : «De l’aube au crépuscule d’un siècle», une conversation avec Amadou Hampaté Bâ..

Par Brehima DOUMBIA


Publié lundi 23 février 2026 à 08:47

«De l’aube au crépuscule d’un siècle» : À la redécouverte d’Amadou Hampâté Bâ

Dans cet ouvrage, Hamadoun Touré nourrit notre curiosité sur l’illustre écrivain, Amadou Hampâté Bâ, qui a su traverser le temps. Les œuvres de ce grand défenseur de l’oralité sont intemporelles et l’ancien ministre chargé de la Communication nous le prouve dans ce livre palpitant.

Par Brehima DOUMBIA


Publié mercredi 11 février 2026 à 08:35

L’insaisissable «Messi»

«Messi». Ne vous méprenez pas. Ce n’est pas le célébrissime footballeur argentin, octuple ballon d’or de France football, qui donne du plaisir aux passionnés du beau football, notamment le jeu léché..

Par Brehima DOUMBIA


Publié mercredi 04 juin 2025 à 07:31

Rencontre des anciens du Groupe scolaire de Badalabougou : La fête fut belle

Rencontre annuelle des anciens élèves des promotions 1972 à 1985 du Groupe scolaire Mamadou Goundo Simaga de Badalabougou, samedi 23 mai..

Par Brehima DOUMBIA


Publié mardi 27 mai 2025 à 07:52

Rencontre des acteurs de la communication : Utile à bien des égards

L’atelier a permis de dissiper des incompréhensions qui pourraient exister entre les acteurs de la communication. Mais aussi de s’inscrire globalement dans une dynamique de régulation rigoureuse du secteur.

Par Brehima DOUMBIA


Publié vendredi 16 mai 2025 à 07:45

Acteurs de la communication : Le ministre Alhamdou Ag Ilyène appelle à la cohésion

Le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, a officiellement ouvert, hier dans un hôtel de Banankoro, l’atelier d’échanges et de partage entre les acteurs de la communication. Une rencontre organisée à son initiative personnelle. C’était en présence de ses collaborateurs, notamment le secrétaire général, Alkaïdi Amar Touré..

Par Brehima DOUMBIA


Publié jeudi 15 mai 2025 à 08:15

Acteurs de la communication : Des échanges utiles

L’atelier d’échanges et de partage initié par le ministère de la Communication, de l’économie numérique et de la Modernisation de l’Administration vise à renforcer la cohésion entre les acteurs des médias classiques, les youtoubeurs, les créateurs de contenus et les communicateurs traditionnels.

Par Brehima DOUMBIA


Publié mercredi 14 mai 2025 à 07:46

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner