Le ministre Amadou Sy Savané dans l’émission Mali Kura Taasira 3 : «La marche vers le redressement du système éducatif est résolue et sûre»

Face à nos consœurs Kadidiatou Koné de l’ORTM et Fadima Maïga de «Mandé TV», le ministre de l’Éducation nationale a souligné des progrès importants dans l’amélioration de notre système éducatif, en termes de transparence dans l’organisation des examens de fin d’année, d’adoption de textes, entre autres. Amadou Sy Savané a aussi abordé la problématique des 2009 écoles fermées sur 20.800 au niveau de l’enseignement fondamental sur toute l’étendue du territoire national

Publié lundi 30 juin 2025 à 09:01
Le ministre Amadou Sy Savané dans l’émission Mali Kura Taasira 3 : «La marche vers le redressement du système éducatif est résolue et sûre»

Notre pays a entamé une refondation de système éducatif est entré dans une phase de refondation depuis la tenue des États généraux d’éducation (EGE) en janvier 2024. Y compris l’adoption en avril dernier par le Conseil national de transition (CNT) de la loi organique déterminant les modalités d’emploi des langues nationales. Outre ces actions, le ministère de l’Éducation nationale enregistre d’importantes réalisations dans différents domaines. Amadou Sy Savané qui tient les rênes de ce département depuis juillet 2023, a souligné de grandes avancées lors de son passage à l’émission Mali Kura Taasira 3, enregistrée au Musée national.

Cette émission se tient à une période où les examens scolaires de fin d’année sont en cours. Lors de l’enregistrement, Amadou Sy Savané s’est réjoui du déroulement des épreuves malgré les intempéries qui ont repoussé la rentrée des classes 2024-2025 au 4 novembre alors qu’elle était initialement prévue pour le 2 octobre 2024.

«Nous avons été dans les normes pour commencer les examens, confo
rmément au calendrier établi», a-t-il assuré. Le ministre Sy Savané a aussi rappelé les  efforts consentis pour le renforcement de la transparence dans le processus d’organisation des examens. Il s’agit de la consolidation des règlements et de la police des examens. Y compris l’organisation d’une marche de sensibilisation sur la fraude et la fuite de sujets le17 mai dernier au stade Mamadou Konaté qui avait mobilisé membres du gouvernement, partenaires, élèves et enseignants.

Notre école marche vers le progrès après les évènements 2012 marquée par une crise sécuritaire et politique. Selon le ministre de l’Éducation nationale, des mesures fortes ont été mises en œuvre pour l’ouverture des écoles, le retour des enseignants à leurs postes et l’organisation des examens dans des localités affectées par l’insécurité comme Taoudéni. «La marche vers le redressement du système éducatif est résolue et sûre d’être conduite à bon port», a-t-il affirmé.

Le chef du département de l’Éducation nationale déclarera que la compétitivité de nos bacheliers à l’extérieur du pays est à l’actif du système éducatif. Mais il s’est dit conscient que tout n’est pas rose parce que le système souffre des maux comme la fermeture des écoles à cause de l’insécurité dans certaines localités. Amadou Sy Savané a précisé qu’en mars dernier, on comptait 2009 écoles fermées sur 20.800 au niveau de l’enseignement fondamental 1 et 2 sur toute l’étendue du territoire national. Et de préciser que les élèves de ces établissements ont été redéployés ailleurs.

VENT DE PANIQUE- Les échanges ont permis également d’aborder la question de l’enseignement catholique dont 80% des salaires des enseignants sont assurés par l’État via une subvention. La convention signée dans ce sens entre l’Église catholique et l’État est arrivée à terme. Le chef du département en charge de l’Éducation a fait savoir que l'État se désengagera du paiement de cette subvention cette année.

Pour ce qui concerne l’enseignement secondaire privé, un vent de panique souffle sur les établissements secondaires privés, depuis les révélations de deux rapports du Vérificateur général  en 2023 concernant la gestion des subventions accordées aux établissements d’enseignement secondaire. Il s’agit de la privation des écoles épinglées dans le rapport de l’affectation des élèves admis au Diplômes d’études fondamentales (DEF) en leur sein. «Nous n’enverrons plus d'élèves en 10è tant que leur situation sur le plan juridique n'est pas clarifiée», a martelé le patron du département de l’Éducation nationale. Par ailleurs, il dira que son équipe a un droit de regard sur la qualité des enseignants dans ce secteur.

Au niveau des écoles publiques, une problématique importante reste c’est plutôt l’insuffisance des enseignants qui fait rage. Le ministre Savané a assuré que l'État est en train de fournir des efforts pour mettre des enseignants à la disposition de tous les établissements publics.

Le ministre de l’Éducation nationale a apprécié le dialogue permanent avec les syndicats des enseignants. Parlant des EGE, il a fait savoir que 280 recommandations, dont 221 dites stratégiques et 59 opérationnelles en sont issues.

«Tout ce que nous faisons, c'est en rapport avec ces recommandations qui vont être mises en œuvre», a-t-il relevé. Les premiers fruits sont déjà tombés. Le lycée public de Kaye Ndi a été construit, a cité le ministre Savané avant de préciser que les travaux d’extension du lycée classique sont en cours et la réfection de 30 salles de classe dans 10 lycées. Et d’annoncer le démarrage d'ici la fin d
es vacances des travaux de construction de deux lycées d’excellence respectivement à Kati et Ségou. «Le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta est engagé pour la réalisation de ces infrastructures», a  signalé l’invité de l’émission Mali Kura Taasira.

LANGUES NATIONALES- En matière de digitalisation, le département en charge de l’Éducation a enregistré des réalisations majeures. Cette dématérialisation intervient, a énuméré le ministre chargé de l’Éducation, dans la gestion des ressources éducatives, le suivi des indicateurs éducatifs, l’évaluation des établissements secondaires, la  sécurité des données et la numérisation des demandes administratives. «Nous prévoyons l'intégration de l'Intelligence artificielle (IA) pour l'analyse prédictive des performances scolaires», a laissé entendre Amadou Sy Savané.

L’évolution du processus d’adoption de la loi organique fixant les conditions et les modalités d'utilisation d'emploi des langues nationales était également au cœur des échanges. Le ministre Sy Savané 
a précisé que cette loi attend d’être promulguée par le Chef de l’État, le Général d’armée Assimi Goïta. D’autres préoccupations abordées par le ministre Amadou Sy Savané ont trait à l'élaboration des textes d'application et la mise en place ou le renforcement des structures chargées de la promotion des langues nationales. Y compris l’intégration progressive de langues nationales dans les secteurs clés.

L’hivernage a commencé. Il fait donc se rappeler des inondations de l’année dernière qui ont conduit des
familles sinistrées à occuper les écoles publiques. Sur la question, le responsable du département de l’Éducation nationale n’a pas caché son appréhension par rapport aux conséquences d’éventuelles inondations sur les écoles.  Mais, il garde espoir de ne pas voir les établissements scolaires vivre la même situation parce que, a justifié l’invité du Mali Kura Taasira, le Comité de gestion des crises et des catastrophes est passé à la vitesse supérieure en initiant une opération de curage des caniveaux et collecteurs ainsi que la libération des emprises illégalement occupées.

Mohamed DIAWARA

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