Le ministre chargé de la Justice, Mamoudou Kassogué, lors de son interview
C’était en présence de la représentante adjointe de
l’Unicef au Mali, Andrea Berther. L’objectif
de cette rencontre était de soumettre à l’examen, les avant-projets de texte
susmentionnés aux participants. Il s’agissait aussi, pour eux, de formuler des
observations et de faire des recommandations pour l’amélioration qualitative
des documents tant sur le fond que sur la forme pour leur validation. Cette
session, faut-il le rappeler, s’inscrit dans le cadre des réformes structurelles
et organisationnelles visant à doter le secteur de la justice de notre pays
d’institutions fortes répondant aux défis et aux enjeux actuels et futurs.
Il
s’agit, par la création de nouvelles structures, de créer les conditions
permettant à l’État de mieux assumer ses missions et ses responsabilités. Mais
aussi de mieux encadrer les secteurs d’activités tant dans le domaine de la
distribution de la justice, de celui de la protection et de la promotion des
droits de l’Homme que dans la fourniture de services connexes et autres
prestations étatiques aux citoyens pour le plein exercice de leurs droits et
libertés.
Le
ministre chargé de la Justice a rappelé qu’au Mali, les enfants constituent
plus de 50% de la population. À cet égard, Mamoudou Kassogué dira qu’il est
tout à fait normal qu’ils soient au centre des priorités gouvernementales au
triple plan politique, économique et social. «Tenant compte de cette réalité,
la protection et la promotion des droits de l’enfant ont, de l’indépendance à
nos jours, occupé une place de choix dans les politiques de développement
socio-économique du pays», a-t-il signalé, tout en soutenant que cela a donné
lieu à l’adoption de mesures législatives et institutionnelles de protection et
de promotion des droits de l’enfant, notamment la ratification de la convention
sur les droits de l’enfant.
En outre,
le Garde des Sceaux a indiqué que la nouvelle création envisagée, de par ses
attributions, sera chargée, entre autres, de l’élaboration des éléments de
politique en matière de prévention de la délinquance juvénile et de prise en
charge des enfants en contact avec la loi, la mise en œuvre des mesures non
privatives de liberté, la probation (obligation de suivre certaines règles pour
éviter la prison) et le suivi post-carcéral afin de lutter contre la récidive
avec efficacité.
Pour Mamoudou Kassogué, la création de cette direction devrait
permettre à son département de mener des actions en lien avec deux objectifs
essentiels de la Loi d’orientation et de programmation pour le secteur de la
justice (LOPJ 2020-2024), en l’occurrence la promotion des droits de l’enfant
et l’accès à la justice. Pour sa
part, la représentante adjointe de l’Unicef a salué l’engagement du
gouvernement du Mali qui a démontré sa volonté d’améliorer le cadre juridique
relatif à la justice pour les enfants à travers l’élaboration des axes
stratégiques en la matière.
Mme Andrea Berther a reconnu le dévouement du Garde
des Sceaux qui a joué un rôle essentiel dans la prise de ces initiatives. Elle
a souligné la nécessité d’adopter et d’appliquer les mesures privatives de
libertés pour garantir la coordination des actions entre les différents acteurs
tant étatiques que non étatiques. Cela, dans le but de créer un environnement
prometteur et un traitement équitable pour tous les enfants.
Souleymane SIDIBE
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