Ses statistiques sont éloquentes et parlent d’elles-mêmes. Cette année, le jeune malien Mohamed Sanoussi Kaba a marqué 21 buts et délivré 13 passes décisives avec l’équipe B de Gil Vicente. Résultat : non seulement le club portugais a fait signer deux ans de contrat à Mohamed Sanoussi Kaba, mais il a, surtout ouvert les portes de l’équipe A à son attaquant malien. Cela revient à dire que dans quelques semaines, précisément en août, date de la reprise des championnats européens, le natif de Bamako (Mohamed Sanoussi Kaba est né le 7 août 2002) fera ses grands débuts dans la Liga, le championnat portugais de première division.
Actuellement en vacances au Mali, le jeune attaquant ne réalise pas encore ce qui lui est arrivé en quelques mois et piaffe d’impatience d’enfiler le maillot de l’équipe A de Gil Vicente. «Les choses sont allées très vite, avoue Mohamed Sanoussi Kaba. J’ai signé un contrat de deux ans avec Gil Vicente avec option pour une année supplémentaire».
Et d’ajouter : «J’ai reçu d’autres offres, mais après ce qu’il s’est passé avant mon arrivée à Gil Vicente, le choix a été facile». Le jeune attaquant malien fait ainsi allusion aux nombreuses mésaventures et blessures qu’il a connues avant de poser ses valises à Gil Vicente et de voir enfin son étoile briller au firmament.
Après son départ de l’AS Performance, son club formateur en 2020, Mohamed Sanoussi Kaba a dû, en effet, se battre pendant cinq ans, avant de voir le bout du tunnel, effectuant des tests infructueux dans plusieurs pays comme le Portugal, le Danemark ou encore la Suède. «En 2022, nous avons été, moi et d’autres joueurs étrangers, forcés de rester dans une académie par un agent qui a confisqué nos passeports. Nous étions dans des conditions inhumaines et il a fallu l’intervention de la police portugaise pour nous libérer. Je n’oublierai jamais ça», raconte Mohamed Sanoussi Kaba qui s’est révélé au public sous les couleurs de l’AS Performance, alors coachée par le technicien Aldjouma Yattara.
«Le coach (Aldjouma Yattara, ndlr) m’a appelé quelques heures avant le match, me demandant si j’étais prêt pour jouer. à notre arrivée à Kati, il m’a dit que j’allais être titulaire. C’était un match de championnat et nous avons gagné 1-0. C’est comme ça que j’ai commencé au haut niveau». Jusqu’à ce match, Mohamed Sanoussi Kaba n’était qu’un illustre inconnu qui s’entraînait sur le minuscule terrain de l’école Mamadou Konaté, sous la houlette de celui qui allait devenir son futur mentor, Demba Tandja. Commerçant de son état et grand passionné de football, Demba Tandja a été plus qu’un encadreur pour le jeune joueur. «Sans lui (Demba Tandja, ndlr), sans son soutien, je ne serai sans doute pas ce que je suis aujourd’hui. Je lui dois tout», témoigne Mohamed Sanoussi Kaba.
Demba Tandja qui continue d’encadrer des jeunes sur le même site, parallèlement à son commerce, ne tarit pas d’éloges sur le jeune attaquant et se dit convaincu que Mohamed Sanoussi Kaba peut marcher sur les traces des joueurs qui ont marqué l’histoire du football malien. «Mohamed a des qualités indéniables, ce qui me plait chez lui, c’est son sérieux dans le travail. C’est un gros travailleur, un enfant au moral d’acier. Je ne suis pas surpris de le voir aujourd’hui à ce niveau», souligne Demba Tandja qui espère que le parcours de Mohamed Sanoussi Kaba inspirera d’autres enfants qui travaillent avec lui. Comme son mentor, le nouvel attaquant de Gil Vicente a lui, aussi des rêves : s’imposer dans son équipe et continuer de marquer des buts pour forcer les portes de la sélection nationale, les Aigles. «Le plus vite possible», martèle l’ancien sociétaire de l’AS Performance.
Soulemane Bobo TOUNKARA
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