Orpaillage : Démantèlement des dragues à Misseni sur le fleuve Bagoé

Les autorités régionales de Sikasso ont identifié des dragues à Misseni dans la Commune rurale de Fourou (Cercle de Kadiolo) avant de procéder à leur démantèlement, le 28 mai dernier.

Publié mardi 10 juin 2025 à 07:47
Orpaillage : Démantèlement des dragues à Misseni sur le fleuve Bagoé

Les 16 dragues saisies sont gardées au gouvernorat de la 3è région

 

 La mission initiée à cet effet par la gouverneure de la région comprenait les représentants des directions régionales de l’assainissement, de la géologie et des mines, de l’environnement, des eaux et forêts et de l’hydraulique. La Commune rurale de Fourou, particulièrement le village de Alhamdoulilaye, est une zone aurifère où le dragage est couramment pratiqué. «Le phénomène nous a causés énormément d’ennuis. Nos animaux sont confrontés à un problème d’abreuvement et de nourriture, l’eau du cours d’eau est devenue inconsommable pour les êtres humains.


Nous craignons de consommer l’eau de nos puits, car ces derniers peuvent être contaminés par l’eau souillée de ce cours d’eau», a expliqué le chef de village de Alhamdoulilaye, Hamidou Coulibaly. Sur place, l’équipe de démantèlement a pu saisir 16 dragues. «Mais il y reste une centaine», a affirmé la gouverneure de la région, Mme Kanté Marie Claire Dembélé, précisant que la mission n’avait pas les moyens adéquats pour mettre la main sur le reste des dragues. La cheffe de l’exécutif régional a salué la CMDT et les autres partenaires qui ont facilité la réalisation de l’opération de démantèlement.


Les 16 dragues récupérées sont gardées au gouvernorat de la 3è région. La gouverneure de la région a sollicité le soutien de toutes les populations,  car les autorités régionales seules ne peuvent pas mener cette lutte. «Il faut une conjugaison d’efforts de différents départements ministériels, dont celui de l’Environnement et de la Sécurité», a-t-elle insisté. Et de préciser que ceci appuiera l’équipe régionale quant à l’extraction et la sécurisation des dragues. «Nous allons poursuivre l’opération dans d’autres localités et instruire à tous les préfets de prendre des dispositions pour éviter la réinstallation des dragues extraites», a-t-elle affirmé.


Au final, la cheffe de l’exécutif régional a indiqué que des mesures seront prises contre ceux qui s’adonnent à la pratique. Elle a remercié le Premier ministre, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation et le ministre de l’Économie et des Finances qui n’ont ménagé aucun effort pour soutenir la mission de démantèlement. Pour sa part, le directeur régional de l’assainissement, du contrôle des pollutions et des nuisances (DRACPN-Sikasso), Moussa Ballo, a mis un accent particulier sur l’impact du dragage sur le fleuve et sur la qualité de l’eau.


La pratique impacte négativement les berges du fleuve, la consommation de l’eau, le mouvement des pirogues et la vie des animaux aquatiques. À cet effet, il a souligné l’importance de préserver les cours d’eau. Moussa Ballo dira que les services techniques ont besoin d’équipements adaptés pour la réussite de cette activité. Il a insisté sur la sensibilisation des communautés. De son point de vue, il faut donner le pouvoir aux autorités locales pour qu’elles puissent saisir toutes les dragues.


«Nous sommes sérieusement engagés à combattre le dragage», a-t-il affirmé, avant d’appeler toutes les régions où les cours d’eaux sont utilisés pour la recherche de l’or à imiter l’initiative des autorités régionales de Sikasso. «S’il y a une synergie d’action, entre les régions, on pourra belle et bien circonscrire ce fléau», a-t-il indiqué. Le code minier, selon lui, condamne formellement la pratique. 
Le conseiller à la sécurité et à la protection civile de la gouverneure, le Contrôleur général-major de police Tiantio Diarra, a fait savoir que la pollution et la dégradation de la nature au Mali sont devenues des dangers pour la vie de la population et celle des animaux aquatiques.


 C’est la raison pour laquelle, la mission a été initiée par la gouverneure de la région. Il a indiqué que la première mission a été effectuée en février passé pour identifier les points qui ont le maximum de dragues. C’est à la suite de cela que le site de Kadiolo a été détecté. 
«Cette opération doit être dissuasive pour tous ceux qui ont des dragues. Ils doivent comprendre que l’activité est illicite et qu’il faut l’abandonner…», a expliqué le Contrôleur général-major de police avant de souligner que l’opération se poursuivra car le fleuve Bagoé constitue une ressource naturelle qui doit être préservée. En outre, Tiantio Diarra dira que cette initiative est une détermination des autorités du Mali pour le bien-être des populations. 

Il faut retenir que le dragage consiste à extraire des matériaux qui se trouvent en profondeur de l’eau. Le fleuve Bagoé est envahi par des chercheurs d’or.

Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso

Lire aussi : République arabe saharouie démocratique: Le Mali retire sa reconnaissance en tant qu'État

Le Mali retire sa reconnaissance à la République arabe saharouie démocratique (RASD) en tant qu'entité étatique..

Lire aussi : Portrait : Massa Makan Diabaté, une figure majeure de la littérature africaine

Massa Makan Diabaté est l’une des figures majeures de l’histoire et de la littérature africaine. Grand défenseur de la tradition orale, il appartient à la grande famille des griots, ces gardiens de la mémoire collective dans la société mandingue..

Lire aussi : Musique : Retour sur le Bronconi de Niono

Ce grand orchestre a fait la gloire du Kala dans les années 70-80. Les anciens continuent à se souvenir de cette belle formation musicale qui a fait danser plusieurs générations.

Lire aussi : Mopti : Le CESEC en visite de terrain

La salle de conférence du gouvernorat de Mopti a abrité, mercredi 8 avril, la rencontre de synthèse des travaux des missions d’élaboration du recueil 2026 des besoins, des attentes et des problèmes de la société tenue dans les cercles de la région..

Lire aussi : Gao : Le poisson en abondance

La somme de 500 Fcfa suffit pour faire une bonne sauce de poisson dans la cité des Askia. Cette année, la Direction régionale de la pêche prévoit une production atteignant plus de 17.000 tonnes.

Lire aussi : Forum panafricain des médias de Bamako : Une dynamique continentale pour une communication africaine renforcée

Le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, a accordé une audience, le jeudi 9 avril 2026, à une délégation de la commission d’organisation du Forum panafricain des médias de Bamako, conduite par Bandiougou Danté. Cet événement d.

Les articles de l'auteur

Kotoroni : Les Sikassois s’identifient à ce cours d’eau

Ce marigot prend sa source dans les hauteurs et zones humides au sud-ouest du Kénédougou. Il traverse la ville de Sikasso d’ouest à l’est.

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié jeudi 09 avril 2026 à 08:24

Sikasso : L’AMPPT offre des dons aux personnes handicapées

La présidente de l’Association malienne des personnes de petite taille (AMPPT), non moins vice-présidente de la Fédération malienne des associations des personnes handicapées (FEMAPH) et membre du Conseil national de Transition (CNT), Mme Kadidiatou Barry, a offert des vivres et non-vivres à 50 personnes vivant avec handicap et des personnes de petite taille de la Cité verte du Kénédougou..

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié mercredi 08 avril 2026 à 08:00

Sikasso : La semaine sportive, artistique et culturelle de l’académie d’enseignement a vécu

L’événement a été marqué par des concours de poésie, de lecture, de chorégraphie et de slam, ainsi que par des compétitions de football, de basketball et d’athlétisme.

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié jeudi 02 avril 2026 à 08:27

Sikasso : Les grottes de Missirikoro, entre légende et mystères

La Région de Sikasso regorge de nombreux sites historiques parmi lesquels les grottes de Missirikoro. Un endroit à découvrir à tout prix.

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:37

Souleymane Traoré alias Néba Solo : Le balafon, c’est aussi une identité sénoufo

Instrument emblématique, le balafon est depuis très longtemps admiré par les Maliens. Cet instrument de percussion était utilisé par les griots dans un premier temps avant d’être joué par toutes les catégories sociales. Il joue un rôle crucial dans la refondation de notre pays. Dans les lignes qui suivent, l’enfant de Nébadougou dans le Kénédougou, Souleymane Traoré alias Néba Solo, livre sa perception du balafon en milieu senoufo.

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié mercredi 25 février 2026 à 08:30

Nuit du citoyen à Sikasso : 12 citoyens distingués pour leur engagement

La salle de conférence du gouvernorat de Sikasso a abrité, mardi dernier, la 2è édition de la «Nuit du citoyen». La rencontre était présidée par la gouverneure de la région, Mme Kanté Marie Claire Dembélé..

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié lundi 23 février 2026 à 08:38

Sikasso : Le festival international nangnerki, un véritable espace de brassage culturel

Le stade Babemba Traoré de Sikasso vibre depuis le 10 février, et ce durant une semaine, au rythme du festival Nangnerki. Le «Nangnerki» est une appellation vernaculaire senoufo du spécimen de l’arbre dans lequel sont taillés les lames du balafon. L’évènement constitue un espace de rencontre de plusieurs ethnies du Mali et d’ailleurs..

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié mercredi 18 février 2026 à 08:38

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner