Autonomisation de la femme : Les ambitions de la maison de la femme de la rive droite de Bamako

En 2022, l’établissement a formé 1.461 femmes, filles et garçons dans plusieurs filières. De janvier à juin 2023, il a déjà formé 1.501 bénéficiaires. L’installation de ces derniers est une difficulté majeure à laquelle la structure est confrontée

Publié vendredi 07 juillet 2023 à 05:42
Autonomisation de la femme : Les ambitions de la maison de la femme de la rive droite de Bamako

Une dizaine de femme apprenant dans un atelier de coupe et de couture



La Maison de la femme, de l’enfant et de la famille de la rive droite du District de Bamako apporte une contribution majeure à l’autonomisation, à l’épanouissement de la femme et de la fille. Elle agit à travers ses filières de formation. La présidente de l’Association Benkadi à Yirimadio Sema II en Commune VI du District de Bamako, Maïmouna Dembélé est une récipiendaire de cet établissement. Elle a bénéficié d’une formation d’un mois en saponification. Elle a reçu des équipements servant à fabriquer le savon. Cet apport a été utile à son association. «Nous produisons plusieurs sortes de savon  «gabakourouni», du savon liquide, des savons «koulikoro» et du savon en boîte», affirme-t-elle.


Les membres de l’association cotisaient chaque lundi, la somme de 200 Fcfa pour acheter les ingrédients entrant dans la production du savon. Ce fonds finance le fonctionnement de leur entreprise. À l’époque, les commandes ne tarissaient pas. «Les bénéfices sont répartis entre les membres de l’association. Ces revenus nous permettaient de contribuer à l’achat des condiments et des besoins ménagers quotidiens. On utilisait les fonds des bacs de fabrication pour nos vaisselles et nos lessives», explique la responsable de l’Association Benkadi.


L’association Benkadi évoluait aussi dans la transformation du fonio en «djouka». Le séchoir est offert par le Fonds d’appui à l’autonomisation de la femme et à l’épanouissement de l’enfant (Fafe). Il a permis de se faire une renommée dans cette activité. Selon sa présidente, ce commerce était très rentable. Elle souhaite avoir des équipements de production de la pâte d’arachide et de la transformation du fonio. Aujourd’hui, l’association traverse des difficultés financières.
À moins d’une dizaine de mètres de sa maison, elle nous montre le site qui abritait les activités de l’association, il y a quatre mois. Ce hangar spacieux est planté près d’un château d’eau. Le silence règne sur les lieux. Malgré l’arrêt des activités, assure-t-elle, des clients demandent à être approvisionnés. Mais la présidente manque de moyens pour relancer les activités. «Nous avons déposé sans succès nos projets au niveau de plusieurs structures qui accompagnent les femmes», dit-elle d’un air désespéré.


La brave Maïmouna Dembélé est convaincue que la prolifération des associations féminines rend difficile l’accès au financement. Cette veuve invite les autorités à décupler les efforts en faveur de l’autonomisation des femmes. Celles dont les époux ne travaillent pas et les veuves  assurent la prise en charge de leur famille. «J’ai été par deux fois veuve. Je dois faire face aux dépenses de la maison. Les activités génératrices de revenu (AGR) nous aident à joindre les deux bouts», confie-t-elle.  


L’accès au financement est aléatoire. Malgré tout dans la cour de la Maison de la femme, de l’enfant et de la famille rive droite, le 19 juin dernier, une centaine de femmes et de filles apprennent le tatouage traditionnel sous un grand hangar. Leur formatrice  Korotoumou Traoré est âgée de 27 ans. «En 2022, j’étais une apprenante dans ce centre. Nous étions une dizaine de stagiaires recrutés  pour deux mois de formation au henné», explique-t-elle. Elle est actuellement formatrice contractuelle de la Maison. Elle a à son actif plus d’une centaine de jeunes formées dans son métier.


Ce métier, dit-elle, est une passion. Korotoumou Traoré effectue des prestations à domicile. Ses motivations pour ce métier viennent des difficultés financières et sociales qu’elle a traversées. Aujourd’hui, elle a trouvé une place parmi les meilleures tatoueuses traditionnelles de la ville. «J’ai perdu ma maman quand j’étais en 4è année. Ma tante maternelle qui m’a adoptée décédera quelques mois après son époux. Ces épreuves pénibles sont à la base de ma persévérance», confie la mère de trois enfants. Et d’expliquer que son objectif était de gagner de l’argent pour soutenir ses  parents.  Grâce à cette activité, Korotoumou subvient à ses besoins et à ceux de sa famille. Quand une femme travaille, elle est à l’abri des demandes incessantes d’argent à son mari. Un comportement, dit-elle, qui nuit à la vie du couple. La professionnelle du tatouage entend créer son centre de formation. Même si, avoue-t-elle, son travail exige beaucoup de gymnastique et est source de courbatures douloureuses.


La  directrice de  la Maison de la femme, de l’enfant, et de la famille de la rive droite Mme Seyba Aïssa Seyba, explique que sa structure a formé des femmes dans différentes filières. Ce sont le maquillage, la coupe et la couture, le tatouage (henné), le maraîchage, l’agro-sylvo pastoral et le perlage. Les femmes déplacées, les filles déscolarisées, les veuves et les orphelines ne sont pas oubliées lors de ces formations.
En 2022, précise-t-elle, les activités de formation de la Maison ont suscité beaucoup d’engouement auprès des femmes.


«En référence au Plan d’action gouvernemental (PAG), nous nous sommes intéressées à la formation des femmes déplacées», indique Mme Seyba Aïssa Seyba. Au cours de l’année 2022, son établissement a formé 1.461 femmes, filles et garçons dans les filières. Cette année en six mois, de janvier à juin, il a formé 1501 stagiaires. Par ailleurs, elle déplore l’insuffisance de ressources financières qui empêche sa structure de suivre et d’appuyer les  bénéficiaires de plusieurs filières dont l’agro-alimentaire. Dans les filières coupe et couture, les parents installent les bénéficiaires.


Par ailleurs, la dirigeante se félicite des encouragements adressés à sa structure par les parents des bénéficiaires. La formation coûte 15.000 Fcfa (frais de tenue inclus). La durée dépend de la filière. Elle invite les partenaires à appuyer davantage l’établissement pour l’installation des femmes formées. «Le problème actuel est de leur trouver des partenaires pour financer le stage et les doter en équipements», confie la première responsable de la Maison de la femme, de l’enfant et de la famille de la rive droite. Nous leur souhaitons bonne chance.

Mohamed DIAWARA

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