L’état végétatif des cultures est satisfaisant
La campagne agricole est prometteuse cette année dans le Cercle de Diéma (Ouest) sur la base de l’ancien découpage territorial. À en juger par les statistiques fournies par le chef sous-secteur de l’arrondissement de Diéma, Koman Dembélé. Il explique que «du 1er mai au 5 août dernier, la quantité de pluies recueillie est de 298,58 mm en 20 jours contre 162 mm en 13 jours en 2024 à la même période».
«Les pluies sont aussi bien réparties dans l’espace et dans le temps. L’état végétatif des champs est satisfaisant dans l’ensemble. Le mil et le maïs sont au stade de montaison, le sorgho au stade de germination et de levé. Les différents marchés sont bien approvisionnés en céréales», indique-t-il. À ce propos, Mahamadou Sissoko, producteur agricole à Souranguédou dont le champ s’étend à perte de vue, explique que «lorsque tu as plusieurs bouches à nourrir, et que tu n’as pas assez de moyens, la meilleure solution, c’est de se rabattre sur l’agriculture».
«La terre ne ment pas !», enchaîne ce paysan consciencieux qui dit éviter de brader toutes ses récoltes, parce qu’il en réserve à la consommation de sa famille. L’agriculteur utilise le fumier organique, préparé par ses soins grâce à une formation initiée par une ONG de la place. Dans le village de Souranguédou, beaucoup de paysans s’occupent en ce moment de désherbage. Selon Bouyagui Diarrisso, venu de Koungo, pour participer à une rencontre, «malgré la rupture des pluies durant 10 jours, les cultures présentent une bonne physionomie».
Dans cette zone, on cultive surtout du gros mil à cause de la résistance de cette spéculation aux attaques de prédateurs et aux poches de sécheresse. Peu d’agriculteurs utilisent des engrais chimiques, qui selon certains, demandent souvent suffisamment d’eau après leur utilisation. Sans quoi, leurs effets pourraient affecter les cultures. «À Dioumara, rapporte Djiguiba Coulibaly, il n’y a pas eu de rupture de pluies. Seuls quelques rares producteurs poursuivent encore leurs semis».
Le producteur Bourama Coulibaly de Gomitradougou explique qu’il continue de pleuvoir depuis le 27 juillet. L’homme craint surtout que «les champs ne soient submergés par les eaux, ce qui pourrait décroître les rendement.»
Fodié Korkossi, résidant à Béma, signale que dans leur commune, il n’existe que deux tracteurs pour labourer les champs et la location de cette machine coûte cher. Elle oscille entre 20.000 à 25.000 Fcfa par heure. «C’est pourquoi, a-t-il ajouté, beaucoup de producteurs préfèrent utiliser des charrues». La localité de Béma a connu plus de deux semaines de rupture de pluies. Mais, aujourd’hui, «tout est rentré dans l’ordre», assure notre interlocuteur. Il a invite l’État à aménager les bas-fonds qui existent dans leur commune pour permettre aux paysans de pratiquer de la riziculture, tout en leur octroyant du matériel agricole. Douga Konaté, domicilié à Diéoura, indique que les tiges de maïs dépassent largement la taille d’un homme. Il dit être «totalement satisfait» de l’état des cultures.
Un bémol, Mamadou Diawara, en provenance de Lattakaf, semble un peu réservé. Il soutient que «pour que la campagne réussisse, il faut que les pluies continuent d’arroser les terres jusqu’à fin septembre». Avec ses 500 hectares de terres emblavées, Tata Traoré à Lambidou, croisé au quartier Razel de Diéma, avait un sourire évocateur aux lèvres lorsqu’il échangeait avec notre équipe de reportage sur la situation de la campagne. Pour Modibo Kamissoko, producteur à Kassé-Kara, c’est quand le mil commence à porter des épis qu’il a besoin de plus d’eau. Dans ces conditions, tout arrêt de pluies pourrait lui être fatale.
Les variétés les plus utilisées dans cette zone sont le gros mil et le maïs qui subissent moins les attaques des nuisibles. Dix-neuf jours de rupture de pluies à Guédébiné ! D’après Poulo Coulibaly, elles ont repris normalement ces derniers temps.
Le président de la Chambre locale d’agriculture, Boubou Traoré, a évoqué la non disponibilité des engrais subventionnés par l’État. Par rapport à la réussite de la campagne, il a souhaité que les pluies continuent jusqu’en octobre.
Il a sollicité des autorités en vue de soutenir davantage les producteurs pour une meilleure vulgarisation de leurs activités. «Certes, des efforts ont été faits, mais beaucoup restent encore à faire», fait remarquer Boubou. Mme Tounko Diaby surveille constamment son champ d’arachide pour le protéger contre la divagation des animaux. Dans le cadre de leurs missions, les équipes du secteur de l’agriculture apportent aux producteurs des appuis-conseils nécessaires.
Ouka BA/Amap-Dièma
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