Côte d’Ivoire : L’outsider devient favori

S’achemine-t-on vers le scénario le plus improbable de l’histoire de la CAN, c’est-à-dire un sacre des Éléphants de Côte d’Ivoire ? C’est la question que l’on peut se poser après le nouveau coup réalisé par l’hôte de la CAN, face à la RD Congo, battue 1-0 en demi-finale, mercredi 8 février au stade Alassane Ouattara d’Olembe.

Publié vendredi 09 février 2024 à 07:26
Côte d’Ivoire : L’outsider devient favori

 De gauche à droite : Serge Aurier, Seko Fofana et Jonathan Bamba

 

 L’unique but de la partie a été marqué par l’attaquant Sébastien Haller, titularisé pour la première fois depuis le début de la CAN par le sélectionneur intérimaire Emerse Faé.  Après donc le Sénégal et le Mali éliminés, respectivement en huitièmes et en quarts de finale, la sélection ivoirienne met fin au rêve des Léopards du Congo et décroche le billet de la 5è finale de son histoire, après celles de 1992 (victoire face au Ghana), 2006 (défaite contre l’Égypte), 2012 (défaite contre la Zambie) et 2015 (victoire face au Ghana).

Avec cette qualification, l’hôte de la 34è édition de la CAN revient de loin, très loin même quand on sait que les Ivoiriens ont été repêchés en tant que meilleurs troisièmes après un premier tour cauchemardesque : 1 victoire (2-0 contre la Guinée-Bissau) suivie de 2 défaites face, respectivement au Nigeria (1-0) et à la Guinée équatoriale (4-0). En trois matches, les Éléphants n’avaient pu récolter que trois points sur neuf possibles et une différence de but de -3.

 Avec ce bilan, les Éléphants n’étaient plus maîtres de leur destin et n’ont dû leur salut qu’au Maroc, dont la victoire 1-0 contre lors de la dernière journée de la phase de poules, a propulsé l’hôte de la CAN en huitièmes de finale. On s’en souvient, lors de ce match Zambie-Maroc, les supporters ivoiriens sont venus massivement au stade pour soutenir les Lions de l’Atlas. Beaucoup d’entre eux arboraient même la tunique de la sélection royale marocaine et après la rencontre, les supporters ont célébré la qualification inespérée des Éléphants dans toutes les grandes villes du pays, brandissant des drapeaux marocains un peu partout.

L’hôte de la 34è édition de la CAN venait d’être remis en selle, mais à dire vrai, personne ne pariait sur les Éléphants pour la suite des événements pour la simple raison que la route des locaux devait croiser celle du Sénégal, champion d’Afrique en titre et, surtout seul pays qui a fait carton plein au premier tour (3 succès en autant de sorties face, respectivement à la Gambie, au Cameroun et à la Guinée).

En fait, la question que tout le monde s’est posée après le repêchage de la sélection ivoirienne n’était pas de savoir si les hommes d’Emerse Faé (le technicien français Jean-Louis Gasset a été limogé après la troisième journée de la phase de poules, ndlr) étaient capables de tenir tête au Sénégal, mais plutôt à quelle sauce ils allaient être mangés par les Lions de la Teranga. Mais à la surprise générale, les locaux ont tenu tête aux Sénégalais après avoir été menés 1-0 dès la 3è minute de jeu, obtenant le nul 1-1 après 120 minutes pour ensuite s’imposer 5-4 dans la séance des tirs au but. En quarts de finale, les Aigles subiront le même sort que les champions d’Afrique en titre. Au terme d’un match complètement fou, l’hôte de la CAN renverse 2-1 une sélection malienne dominatrice dans tous les compartiments et qui a été elle, aussi, la première à scorer. Tout s’est joué pour les Ivoiriens dans les dernières secondes du temps réglementaire (90è min) et des prolongations (120è min+2).

 

DEUX PROLONGATIONS- Contre le Sénégal en huitièmes de finale, comme face aux Aigles du Mali en quarts, les Éléphants ont donc joué 120 minutes, ce qui pouvait laisser des traces sur le plan physique contre la RD Congo, mercredi 7 février en demi-finale. Il n’en a rien été et bien que privés des services de quatre joueurs (Serge Aurier, Christian Kouamé, Odilon Kossounou, Oumar Diakité), la sélection ivoirienne a répondu présente et maîtrisé son adversaire qui était jusque-là invaincue. Inutile donc de dire que la Côte d’Ivoire est en confiance et abordera la finale contre le Nigeria avec la ferme intention d’aller au bout de son rêve. Au premier tour, les deux pays étaient dans la même poule et leur confrontation avait tourné à l’avantage des Super Eagles (1-0).

Cette fois, le trophée de la CAN est en jeu et on peut légitimement s’attendre à un tout autre match de la part des deux sélections. D’un côté, les Nigérians visent un 4è titre après les sacres de 1980, 1994 et 2013 et de l’autre les Ivoiriens en quête d’une 3è couronne après celles conquises en 1992 et 2015. C’est la première fois que les deux pays s’affrontent à ce stade de la CAN et cette confrontation intervient 40 ans après l’échec des Super Eagles contre les Lions indomptables du Cameroun en finale de la 14è édition de la CAN qui s’était déroulée…en Côte d’Ivoire (3-1). Cette année-là, les Éléphants avaient été éliminés dès le premier tour, provoquant une immense déception dans le pays.

Le Nigeria disputera, dimanche sa 8è finale (3 succès), contre 5 pour la Côte d’Ivoire (2 sacres) et il convient de rappeler que les Éléphants n’ont marqué aucun but lors des 4 finales qu’ils ont disputées. C’est tout le contraire du Nigeria qui a remporté sa première finale 3-0 face à l’Algérie (1980), avant de perdre trois fois de suite en 1984, 1988 et 1990 face, respectivement au Cameroun (deux fois) et à l’Algérie. Si l’on ne devrait s’en tenir qu’à ces statistiques et au parcours des deux sélections depuis le début de la CAN, le Nigeria apparaît comme le favori logique de la finale, mais comme on a coutume de le dire, «une finale ne se joue pas, elle se gagne» et la Côte d’Ivoire «ressuscitée» semble avoir toutes les cartes en main pour terminer sa CAN en beauté.

Soulemane Bobo TOUNKARA

Lire aussi : Cours avancés en management du sport : De nouvelles compétences à la disposition des fédérations sportives

Les participants à la 10è promotion des Cours avancés en management du sport (CAMS 10) ont reçu leurs attestations de formation, hier au siège du Comité national olympique et sportif (CNOS-Mali)..

Lire aussi : Mme Sanglier N. M. Diané : «Le golf est une discipline accessible à tous»

Dans cette interview, la présidente de la Fédération malienne de golf (FMG), Mme Sanglier Niagalé Mariam Diané revient sur le championnat national et les résultats obtenus ces dernières années par les golfeurs maliens. Elle évoque également les grands chantiers de l’instance dirigeante d.

Lire aussi : Championnat national de tennis de table : La Ligue de Bamako domine les débats

La 7è édition du championnat national de tennis de table s'est disputée samedi dernier dans la salle Abdallah Mahamane Haïdara du stade du 26 Mars..

Lire aussi : Éliminatoires de la Coupe du monde 2027 de basket : Les Aigles rêvent grand

Du 26 février au 1er mars 2026, la sélection nationale masculine senior disputera la campagne de qualification de la Coupe du monde 2027..

Lire aussi : Hippisme : La 16è journée de la ligue de Bamako tient toutes ses promesses

La 16è journée du championnat de la Ligue de hippisme et des sports équestres du District de Bamako s’est déroulée, dimanche dernier, au Champ hippique de la capitale..

Lire aussi : Football : 23 techniciens obtiennent la licence B CAF

Les 23 entraîneurs qui ont participé à la session de formation organisée par la Fédération malienne de football (Femafoot) du 19 juin au 20 octobre 2025 sont désormais opérationnels..

Les articles de l'auteur

Familles fondatrices de Bamako : Titi Niaré intronisé 11è «JAMANATIGI»

Il a 83 ans et fait partie des nombreux homonymes de feu Titi Niaré, l’un des patriarches les plus connus des chefs Niaré-Niakaté, fondateurs de la ville de Bamako..

Par Soulemane Bobo TOUNKARA


Publié lundi 09 février 2026 à 08:53

Boxe : Le gala dédié aux femmes fait un tabac

Tous les amateurs vous le diront : la beauté d’un gala de boxe, ce sont les K. O. une expression qui signifie «knock out» en anglais (mise hors combat d’un adversaire en français). Ainsi, quel que soit l’enjeu, un gala sans K. O. laisse toujours un arrière-goût d’inachevé chez les spectateurs. Les spectateurs venus samedi dernier sur le terrain Entente de Magnambougou Faso Kanu pour assister au premier gala dédié aux femmes, n’ont pas connu cette déception..

Par Soulemane Bobo TOUNKARA


Publié mardi 13 janvier 2026 à 11:06

Aigles : Le message fort de la rue

Un match nul aux allures de victoire. Vendredi soir, ce sont plusieurs centaines de supporters qui ont envahi les rues et les espaces publics de Bamako pour exprimer leur joie, après le match nul 1-1 obtenu par les Aigles face au Maroc, au compte de la 2è journée de la phase finale de la CAN 2025..

Par Soulemane Bobo TOUNKARA


Publié lundi 29 décembre 2025 à 08:29

Championnat national de jeu de dames : Kalifa Coulibaly nouveau champion du Mali

On attendait Mamoutou Mariko, champion sortant ou Mody Savané, vainqueur du dernier championnat du District de Bamako, mais c’est Kalifa Coulibaly qui a été sacré champion du Mali 2025, à l’issue du championnat national de jeu de dames qui s’est achevé, dimanche 20 décembre au Musée de Bamako..

Par Soulemane Bobo TOUNKARA


Publié mardi 23 décembre 2025 à 09:06

Open d’escrime Moov Africa Malitel : Un beau cadeau de fin d’année pour la ligue de Koutiala

C’est rare pour être souligné. Cette année, c’est un joueur de l’intérieur qui s’est adjugé le trophée Messieurs de l’Open Moov Africa Malitel. Békaye Coulibaly, c’est son nom, a créé la sensation en remportant, samedi dernier au Centre Olympafrica de Banankabougou, l’édition 2025 du prestigieux tournoi, face à Souleymane Djiré, battu 12-6..

Par Soulemane Bobo TOUNKARA


Publié lundi 22 décembre 2025 à 08:35

Editorial : Une CAN qui promet du spectacle

Le Maroc sera, à partir de ce dimanche 21 décembre, la pôle d’attraction de la planète foot du continent africain, voire du monde, avec la 35è édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) qui mettra aux prises 24 nations..

Par Soulemane Bobo TOUNKARA


Publié vendredi 19 décembre 2025 à 08:40

Championnat national de jeu de dames : Un favori et des outsiders aux dents longues

Cette année, 18 joueurs sont en lice pour le titre de champion du Mali. Les participants au championnat national viennent de 7 Ligues, à savoir Bamako, Kayes, Koulikoro, Ségou, Sikasso, Koutiala et Mopti. Les Ligues de Bamako et Koulikoro sont représentées, respectivement par 5 et 3 joueurs, contre 2 pour les autres instances sportives..

Par Soulemane Bobo TOUNKARA


Publié lundi 15 décembre 2025 à 10:50

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner