Une vue du présidium lors des travaux
Pour réfléchir à des solutions adaptées, le Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), en partenariat avec l'Association professionnelle des banques et établissements financiers du Mali (APBEF) et l'Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés (APSFD), a organisé, le jeudi 25 juin, une conférence-débat sur la problématique de l'accès au financement du matériel roulant de transport au Mali. La rencontre a réuni transporteurs, partenaires techniques et financiers, Conseillers de la République et responsables administratifs autour d'un objectif commun : améliorer les conditions de financement du secteur.
Représentant l'APBEF, Samba Doumbia a expliqué les contraintes auxquelles sont confrontées les banques. Selon lui, le financement des véhicules représente un risque élevé, car il s'agit d'actifs qui se déprécient rapidement. Il a rappelé qu'en 2023, les banques ont accordé 54 milliards de Fcfa de crédits au secteur des transports, dont plus de 9 milliards sont aujourd'hui classés en créances douteuses.
L'autre difficulté majeure réside dans l'informalité qui caractérise une grande partie du secteur. Beaucoup de transporteurs ne disposent ni d'une comptabilité régulière, ni d'états financiers certifiés, ce qui complique l'évaluation de leur capacité de remboursement. Les banques exigent ainsi un apport personnel de 20 à 40%, des garanties complémentaires, une assurance tous risques et des revenus traçables.
Face à cette situation, Samba Doumbia a plaidé pour des mécanismes de financement mieux adaptés aux réalités des transporteurs et à leurs flux de trésorerie. De son côté, le secrétaire général du Conseil malien des transporteurs routiers (CMTR), Boubacar Kané, a souligné les difficultés liées à l'accès au crédit ainsi que l'impact de l'insécurité sur les activités du secteur. Il estime que les conditions imposées par les banques ne correspondent pas toujours aux réalités des professionnels du transport.
Pour améliorer l'accès au financement, il a appelé les acteurs à se professionnaliser davantage en formalisant leurs entreprises ou en se regroupant en coopératives. Il a également invité l'État à mettre en place des mesures fortes pour favoriser le renouvellement du parc automobile. Boubacar Kané a, en outre, annoncé la création prochaine d'un centre de formation destiné aux transporteurs.
Présidant la rencontre, le vice-président du CESEC, Bréhima Amadou Haïdara, a rappelé que le transport constitue le « système sanguin » de l'économie nationale. Selon lui, le Mali ne peut poursuivre son développement avec des véhicules vieillissants qui tombent régulièrement en panne.
Pour relever ce défi, il a plaidé pour un partenariat renforcé entre l'État, les banques et les professionnels du secteur, à travers la création de fonds de garantie sectoriels et l'instauration d'une fiscalité incitative favorisant l'acquisition de véhicules neufs. Les participants ont convenu que la modernisation du parc automobile demeure une condition essentielle pour renforcer la compétitivité du transport malien et soutenir durablement la croissance économique du pays.
Siguéta Salimata DEMBÉLÉ
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