Hydrocéphalie : Le drame anatomique d’une petite fille de 5 ans

Cette enfant qui a une énorme tête sur le cou n’a pas accès à une prise en charge appropriée faute de moyens financiers. Il faut donc espérer sur le soutien d’organisations humanitaires ou de personnes de bonne volonté pour accompagner ses parents

Publié vendredi 22 juillet 2022 à 05:55
Hydrocéphalie : Le drame anatomique d’une petite fille de 5 ans

L’état de la fille nécessite des examens médicaux pour mieux diagnostiquer son mal

 

Il est vraiment difficile pour une âme sensible de ne pas s’émouvoir face au drame anatomique de Moroyan, une petite fille de 5 ans, atteinte d’hydrocéphalie dans le village de Madina Kouroulamini (Cercle de Bougouni) et sur laquelle de superstitieux continue de s’acharner avec de sombres interprétations. Il est aussi délicat d’amener ces superstitieux à raison garder sur l’état de cette enfant simplement malade.

L’énorme tête de la gamine constitue de plus en plus une entrave à sa mobilité. Elle passe la journée allongée sur le dos sans se mouvoir et s’égayer avec ses camarades d’âge dans des activités ludiques. Sous notre regard inquisiteur, son père Daouda improvise un jeu. Il jette à sa fille un bidon et arrache un sourire à la gamine assise qui se retourne aussitôt sur le dos pour assener des coups de pied à cet objet. La petite Moroyan qui a très souvent été isolée par ses camarades d’âge, articule difficilement les mots.


Son père explique pourtant que les choses commencent à s’améliorer parce qu’elle marmonne des noms maintenant. La naissance de sa sœur cadette, il y a deux ans, a beaucoup soulagé la famille parce que cette sœur lui tient régulièrement compagnie. Awa, la mère de Moroyan, est toujours aux petits soins de son enfant malade. Elle ignore superbement les invites des superstitieux à recourir aux génies qui auraient le pouvoir de circonscrire le mauvais sort. Pour elle, les choses sont claires. Sa fille est simplement atteinte d‘une maladie (certes difficile à soigner).

La jeune maman de 20 ans se confie : «Je n’ai connu aucune difficulté dans la conception de cette enfant. à sa naissance, elle était très petite. C’est deux mois après sa naissance que sa tête a commencé à grossir. À la suite d’une consultation à l’hôpital de Bougouni, les médecins nous ont recommandé d’en référer à des spécialistes à Bamako pour les soins appropriés. Les contraintes financières font que nous l’avons jamais amenée en consultation médicale dans la capitale». La famille espère sur le soutien d’organisations humanitaires ou de personnes de bonne volonté pour une prise en charge correcte de Moroyan.

Le grand-père paternel de Moroyan, Karim, explique que la tête de sa petite fille a pris du volume au fur et à mesure. Nous avons eu recours à des  tradi-thérapeutes sans succès», indique t-il, avant de déplorer le manque de moyens financiers pour faire face à la situation. Papi fulmine contre ceux qui portent des préjugés sur sa petite fille. «Un voisin a même décidé de ne plus me fréquenter tant que cet enfant vivra sous mon toit. Il pense que c’est un «démon».

 

Risque de déficit mental- Selon Dr Ali Doumbia, chirurgien pédiatre au Centre hospitalo-universitaire (CHU) Gabriel Touré, l’hydrocéphalie est une malformation au niveau du cerveau qui se caractérise par une augmentation de la taille du crâne chez les nourrissons. Chez les adultes et les enfants plus âgés, elle s’accompagne de maux de tête, de troubles de la vision, de difficultés cognitives, de perte de coordination, entre autres.

Le praticien de Gabriel Touré explique que cette maladie survient quand la femme ne suit pas régulièrement les consultations prénatales (CPN). Et d’ajouter que le déficit en acide folique chez la femme enceinte peut causer cette malformation. Il insiste sur le respect des consignes données lors des CPN.

Pour lui, il faut réaliser un examen d’imagerie par résonnance magnétique (IRM) ou un scanner au niveau du cerveau pour connaître le type d’hydrocéphalie. «En fonction de cela, on sera orienté sur la conduite à tenir qui aboutit généralement à l’application d’une dérivation ventriculo-péritonéale. Ce traitement consiste à faire descendre progressivement à travers un petit appareil le liquide qui est au niveau du cerveau vers l’abdomen», analyse Dr Ali Doumbia. L’hydrocéphalie peut aussi exposer à un déficit mental et à un retard psychomoteur par rapport aux autres enfants.

Mohamed DIAWARA

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