Kabiné Bemba Diakité
L'inquiétude exprimée par cet grand érudit malien repose sur le fait que la transmission de nos savoirs n'est pas toujours assurée. Beaucoup de nos cerveaux disparaissent irrémédiablement avec leurs immenses savoirs. C’est comme si le feu avait dévasté ces bibliothèques. Cependant, la bibliothèque Souleymane Cissé ne se consume pas entièrement. Il s'est obstiné à laisser derrière lui, à ses enfants, au Mali, à l'Afrique et à toute l'humanité un extraordinaire patrimoine culturel.
Ses talents de créateur d'œuvres cinématographiques, mondialement reconnus, en témoignent. Ce sont, en premier lieu, les films long métrage qu’il a réalisés et qui lui ont valu tant de lauriers. En 1970, il est employé comme cameraman-reporter au Scinfoma (Service cinématographique du ministère de l'Information), ce qui lui offre l'occasion de parcourir le Mali de long en large et de réaliser plusieurs documentaires.
Son premier film de fiction est un moyen métrage, Cinq jours d’une vie. Réalisé en 1971, il porte sur la vie d’un jeune qui abandonne l’école coranique et vagabonde dans les rues. L’œuvre est primée aux Journées cinématographiques de Carthage.
En 1975, il réalise son premier long métrage Den Muso (La Jeune fille) sur les mésaventure d’une jeune fille muette qui, violée par un chômeur qui l'enceinte, est rejetée par un père intransigeant. En 1978, il réalise Baara (Le Travail) qui reçoit l’Étalon de Yennenga au Fespaco (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou) la même année. Ce film relate l'histoire d'un jeune ingénieur, révolté par l’injustice dans l'entreprise où il travaille.
Suit Finyè (Le Vent, 1982), une chronique sur la révolte des étudiants maliens face au pouvoir militaire, récompensée de l’Étalon de Yennenga au Fespaco 1983, du Tanit d’or aux Journées cinématographiques de Carthage et sélectionné au Festival de Cannes 1982 où Cissé sera membre du jury l'année suivante. Puis, il réalise Yeelen (La Lumière), film sur le douloureux chemin initiatique d’un jeune homme. Il a obtenu le Prix Spécial du Jury à Cannes 1987. Réalisé en 1995, Waati (Le Temps) retrace les péripéties d'une enfant noire d'Afrique du Sud sous l’apartheid.
En 2009, il sort le film Min yé, qui aborde le thème de la polygamie. En reconnaissance de sa contribution exceptionnelle au cinéma mondial, il s'est vu décerner en 2023, le Carrosse d'Or au festival de Cannes. De par ses inlassables efforts de réalisation, il est arrivé à nous offrir un large pan de son savoir que l’oubli, si cyniquement vanté par la mort, ne peut emporter. Car, cet homme là était bouillant d'idées. Il en a réalisé certaines. Il projetait d’en réaliser bien d'autres tant qu’un souffle de vie l'animait. Cet inlassable combattant de la culture s'en est allé ce mardi 19 février 2025 avec encore des idées plein la tête qu'il entendait partager avec nous.
Signe prémonitoire, peu avant sa disparition, il en a appelé, lors d’une conférence de presse, les autorités à «nous aider à vulgariser nos œuvres cinématographiques et à soutenir nos jeunes cinéastes professionnels qui sont pleinement capables, mais aussi la construction de salles de cinéma. C’est l’appel que je leur lance avant ma mort si Dieu le veut». Coup du sort, il faisait sa valise pour Ouagadougou où il était attendu jeudi 20 février 2025 pour y présider le jury de films fiction long métrage de la 29è édition du Fespaco, quand l’Eternel lui a retiré ce qu’il lui avait confié, la vie.
Repose en paix, l'artiste.
Kabiné Bemba Diakité
Rédaction Lessor
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