Il est nécessaire de choisir la méthode contraceptive adaptée à chaque femme
Dans
notre pays, il est établi par les observateurs et les spécialistes de la santé
que la planification familiale (PF) participe de l’amélioration de la santé de
la mère et de l’enfant et donc à la lutte contre la mortalité maternelle et
néonatale. Elle contribue surtout à une meilleure maîtrise de la croissance
démographique pour une meilleure planification des programmes de développement.
C’est au regard de toutes ces raisons que les autorités ne cessent de pousser le
moteur pour un repositionnement de la pratique dans notre société où l’usage
des méthodes contraceptives revêt une importance cruciale dans la gestion des
grossesses non désirées et de l’espacement des naissances.
Le
désir des femmes d’éviter des grossesses non planifiées constitue un facteur
moteur pour le recours à la contraception d’urgence comme en témoigne Aïssatou,
une jeune fille déterminée à prendre en main sa vie sexuelle reproductive. Elle
estime être parfaitement à l’aise avec la pratique. «Les contraceptifs me
permettent de planifier ma vie, de poursuivre mes études et de concrétiser mes
rêves sans craindre une grossesse non prévue», explique-t-elle.
Certaines femmes optent pour la contraception en vue d’atteindre un équilibre familial, tandis que d’autres le font dans le souci de préserver leur santé et de favoriser un environnement sain pour leurs enfants, comme le démontre le cas de Mariam, mère de quatre enfants. Elle explique : «Les méthodes contraceptives me permettent de veiller sur ma santé et d’assurer un avenir meilleur à chacun de mes enfants en leur offrant l’attention et les consacrant les ressources nécessaires. Alors que d’autres se retiennent sous le poids de la religion».
Contrairement à celles qui ont le loisir de recourir à la contraception pour espacer les naissances de leurs enfants, une dame couverte de haut en bas et tenant la main d’un enfant explique que son mari s’oppose à la pratique. «Mon conjoint n’acceptera jamais que je fasse le planning familial. La bonne dame est, on ne peut plus claire : si je m’y hasarde, il risque de me répudier», argumente-telle.
MÉTHODES
NATURELLES- Mais au-delà des méthodes contraceptives modernes, il en existe
d’autres méthodes naturelles de contraception comme l’explique cette vieille femme
sous anonymat. Elle explique : «Les anciens utilisaient le citron aussi
(pour les hommes). Puisque le citron ne serait pas compatible avec les
spermatozoïdes. Il y avait le suivi des menstrues de la femme et quand on
allaite l’enfant, il y a très peu de chance que la femme tombe enceinte». La
sensibilisation et la communication sur la PF ne se passent pas
particulièrement bien dans les zones rurales, notamment concernant le choix des
méthodes contraceptives et leurs éventuels effets secondaires, malgré leur
utilisation fréquente par les femmes.
Le Dr Alou Diarra, gynécologue à
l’Hôpital du Mali souligne l’efficacité des oestroprogestatifs pour perturber
le cycle menstruel et bloquer l’ovulation. Il met toutefois en garde contre le
retour lent à la fertilité avec les injectables, insistant sur la nécessité de
choisir la méthode contraceptive adaptée à chaque femme. «Des critères
d’éligibilité, notamment pour les diabétiques et les hypertendus, sont
essentiels pour garantir la sécurité et l’efficacité de la méthode choisie»,
précise-t-il.
Au-delà
de la question de la PF, celle-ci s’entrelace avec les nuances culturelles et
religieuses de la société ouest-africaine. Cependant, toutes les perspectives
ne convergent pas vers une vision moderne. Amadou Kébé, du haut de ses 90 ans,
ce traditionaliste intervient pour expliquer que, selon leur croyance, les
méthodes contraceptives ne font pas partie de leur culture. Il affirme : «Les
femmes sont simplement appelées à procréer.»
En
contrepoint, un leader religieux musulman ne partage pas les conceptions des
experts, en particulier ce prêcheur à la mosquée de Kalaban-coro. Il souligne
l’opposition de l’islam à cette pratique en affirmant : «Il n’est pas permis à
la femme d’utiliser des pilules contraceptives afin de ne pas avoir d’enfant ou
par peur d’être sujette à la pauvreté. Toutefois, il est permis de les utiliser
dans le cas où la femme a une maladie qui pourrait lui causer du tort ou si
elle ne peut pas accoucher normalement.»
Ainsi,
entre tradition, religion, expertises médicales et témoignages personnels, le
Mali évolue dans un paysage complexe de perspectives sur l’utilisation des
contraceptifs, soulignant la nécessité d’une approche diversifiée et inclusive
pour répondre aux besoins de toutes les femmes.
Aminata DJIBO
Rédaction Lessor
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