#Mali : Réformes politiques et institutionnelles : La ministre Fatoumata Sékou Dicko fait le bilan

La ministre déléguée auprès du Premier ministre a expliqué que les Maliens sont essentiels dans le processus de refondation. Pour elle, il faut clairement s’inscrire dans la dynamique de l’avènement d’un «Mali den kura» à travers nos valeurs

Publié mercredi 14 février 2024 à 07:06
#Mali : Réformes politiques et institutionnelles : La ministre Fatoumata Sékou Dicko fait le bilan

Lors de son passage à la télévision nationale dans le cadre de l’émission du «Mali Kura Taassira», la ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée des Réformes politiques et institutionnelles, Mme Fatoumata Sékou Dicko, a fait le bilan des réformes politiques et institutionnelles. De prime abord, l’invitée du jour a signalé que le champ des réformes politiques et institutionnelles prend sa source à deux niveaux.

Le premier concerne le décret du 19 janvier 2023 portant attributions spécifiques des membres du gouvernement qui n’a pas fondamentalement changé les missions de son département sous le premier gouvernement. Ces missions ont plutôt gagné un peu en volume à travers la mission de coordination des réformes politiques et institutionnelles, ainsi que leurs mises en œuvre et suivi, a-t-elle signalé. S’agissant de la seconde source, elle a trait au Cadre stratégique de la refondation qui est consécutif aux Assises nationales de la refondation (ANR).

Ce Cadre comporte une trentaine de recommandations dont la mise en œuvre est confiée au département en charge des Réformes politiques et institutionnelles. «Ce sont les deux sources qui campent le champ d’intervention dans le cadre des réformes politiques et institutionnelles. Des réformes qu’on essaye de prendre en charge à travers le Programme du travail gouvernemental (PTG)», a déclaré Mme Fatoumata Sékou Dicko. 

Parlant des réformes majeures, la ministre Dicko a mis en exergue celle liée à la Constitution dans la quelle son ministère a été associé au plus haut niveau. D’après elle, la réforme constitutionnelle est l’apanage du chef de l’Etat, comme le prévoient la Charte de la Transition et la nouvelle Constitution. Mais également le peuple malien à qui le chef de l’état donne rendez-vous pour porter ensemble un nouveau projet de société pour un Mali meilleur. «Dans ce processus, nous avons été associés comme tous les autres départements ainsi que toutes les autres composantes de la société. En plus de cela, nous avons été spécifiquement chargés de la promotion de l’esprit de la réforme constitutionnelle à travers une commission», a souligné Mme Fatoumata Sekou Dicko.

Elle a aussi évoqué la réforme relative à la loi électorale qui a eu à subir plusieurs modifications en raison des situations «inédites». Mais aussi pour prendre en charge des réformes qui ont été portées par d’autres départements ministériels. à ce sujet, la ministre a cité la réforme liée à l’institutionnalisation de la Carte nationale d’identité biométrique sécurisée qui  devient «le seul document admis dans les bureaux de vote». Une autre modification de la loi électorale est relative à la prise en compte du vote par anticipation  des éléments  des Forces de défense et de sécurité.

Cela, afin que ceux-ci puissent effectuer leurs devoirs civiques une semaine avant et être dans des conditions d’assurer la sécurité des Maliens et de leurs votes le jour du scrutin. «Ce sont essentiellement les retouches qu’on a eu à faire sur la loi électorale», a indiqué la ministre déléguée auprès du Premier ministre.

APPROCHE MUTUALISTE- Elle a par ailleurs souligné la création du site (https://www.mdrpi.gouv.ml) au niveau de son département dédié à la promotion de l’esprit des réformes politiques et institutionnelles. Sur financement du budget national, ce site permet de faire connaître toutes les réformes en cours, celles effectuées par le triumvirat (ministre de l’Administration territoriale, ministre de la Refondation de l’état et celui chargé des Réformes politiques et institutionnelles), mais également des réformes majeures faites au niveau de tous les départements sectoriels.  La ministre a également signalé l’élaboration des avant-projets des textes d’application de la  Constitution.


Selon Mme Fatoumata Sékou Dicko, les autorités ont chargé son département d’élaborer les textes qui concernent les lois organiques sur les députés, les sénateurs, le Conseil économique, social, environnemental et culturel. S’y ajoutent la loi organique qui nomme  les membres du gouvernement et les textes réglementaires afférents à toutes ces lois organiques. «Nous sommes en train de nous orienter vers la réforme du système partisan à travers la relecture de la Charte des  partis politiques qui date de 2005. Au regard de l’évolution du contexte, il y a un besoin de réadaptation de cette charte au contexte de la refondation du Mali», a-t-elle soutenu.

Avant de revenir sur la série d’ateliers que son département a eu à organiser à l’intention des acteurs sociopolitiques et institutionnels. Ces rencontres visaient à préparer les participants et à renforcer leurs rôles et connaissances dans le cadre de la 4è République. «Il s’agissait de procéder à un réarmement civique de ces acteurs», a expliqué la ministre.S’exprimant sur le bilan des réformes, Mme Fatoumata Sékou Dicko a été on ne peut plus satisfaite : «En si peu de temps, malgré le contexte sécuritaire, les difficultés liées au financement et à d’autres contingences, nous nous en sortons très bien». Pour y arriver, aussi bien pour la réforme constitutionnelle que pour beaucoup d’autres réformes, le gouvernement a adopté une approche «mutualiste» des réformes, a-t-elle indiqué.

Toute chose qui permet de réunir le maximum d’acteurs concernés par les réformes en un même moment avec une mutualisation des efforts, des ressources financières et économiques ainsi que des compétences. «Ce qui est tout bénéfice pour l’état puisque cela permet de faire des économies d’échelle  substantielles et de concourir à une forte densification du processus de légitimation des réformes politiques et institutionnelles», a souligné la ministre. évoquant sa collaboration avec ses collègues, Mme Fatoumata Sékou Dicko a souligné que celle-ci se passe très bien, notamment avec le ministre d’état chargé de l’Administration territoriale et le ministre de la Refondation de l’état avec qui elle forme le triumvirat.


«Indépendamment de ce triumvirat, nous travaillons avec d’autres ministères. La tenue des ateliers, dont je viens de parler, a été l’occasion de faire cette démonstration de coopération et de mutualisation des efforts», a-t-elle soutenu.  Par ailleurs, la ministre chargée des Réformes politiques et institutionnelles a indiqué que les dispositions sont en train d’être prises pour que la distribution des cartes nationales d’identité biométrique sécurisées se passe dans de meilleures conditions.

Elle rappellera ensuite les recommandations des ANR qui sont au nombre de 517, dont celle majeure portant sur la réforme constitutionnelle. Dans le cadre de la réforme constitutionnelle, son département a eu à prendre en charge au moins 14 actions qui lui revenaient. «Et les 13 autres, qui doivent être mises en œuvre, le seront à travers l’élaboration et le processus d’adoption des textes d’application de la Constitution», a assuré Mme Fatoumata Sékou Dicko. Et de poursuivre : «Nous serons obligés d’aller vers une refonte de la loi électorale parce qu’il y a beaucoup d’innovations qu’il faut prendre en charge». Elle faisait ainsi allusion à l’institution du Sénat qui amènerait à prévoir des dispositions relatives au vote des sénateurs.

Mais également aux réformes territoriales et administratives qui ont été opérées par le ministère en charge de l’Administration territoriale et qui impactent la loi électorale. «Parce que cela change toute la cartographie du système électoral et le fichier», a expliqué la ministre Dicko. Selon elle, il faut également apporter les réajustements à la loi électorale pour la réadapter à la nouvelle configuration du District de Bamako. Sans oublier la prise en compte de la suppression de l’échelon cercle. Pour elle, ces innovations ont des impacts sur la loi électorale. «Ce qui va nous amener certainement à une refonte», a justifié la ministre.

Pour elle, les Maliens représentent la matière première de ce processus de refondation. «Le président de la Transition le dit tout le temps. Il faut qu’on œuvre à l’avènement d’un Mali den kura. Cela passe par la prise en compte de nos valeurs», a soutenu Mme Fatoumata Sékou Dicko. Et de dire que chaque Malien, qu’il soit dirigeant ou dans les regroupements, doit faire en sorte que ses partenariats soient «sincères» et s’inscrivent dans le cadre des deux «triptyques» qui ont été édictés par les autorités de la Transition.

Le premier, qui a bénéficié de l’onction constitutionnelle, porte sur le respect  de la souveraineté, le respect des choix stratégiques et de partenariats, et la prise en compte de l’intérêt du peuple malien. Quant au second triptyque, il concerne la défense, la diplomatie et le développement. «Chacun, à son niveau, se doit de ne pas faire des actions qui peuvent être à rebours de cette vision», a conseillé la ministre chargée des Réformes politiques et institutionnelles qui entend continuer avec la série d’ateliers de vulgarisation des réformes.

Mme Fatoumata Sékou Dicko a enfin signalé que son département a de bons rapports de collaboration avec beaucoup de partenaires techniques et financiers, notamment le Programme d’appui aux réformes et aux élections au Mali (Parem) à travers le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), les partis politiques et les organisations de la société civile.

Bembablin DOUMBIA

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