De ce fait, l’audience a démarré par l’audition de N’Tio Konaté du Génie militaire qui dit avoir été affecté à la Direction générale de l’Administration des biens de l’État (DGAB). Alors membre de la Commission de réception au moment des faits, ce Lieutenant de l’Armée nationale a affirmé avoir participé à 20 réceptions d’équipements.
Selon lui, hormis la réserve émise sur 650 bérets pour non-conformité de couleur, tous les autres matériels réceptionnés étaient conformes aux spécificités techniques et de qualité. Néanmoins, s’il a admis avoir signé 20 Procès-verbaux (PV) de réception, il n’a pas pu fournir d’explications claires quant à l’absence de son propre nom sur la liste de présence de certains PV.
«Peut-être qu’ils ont sauté mon nom», a-t-il tenté de convaincre la Cour, qui lui a ensuite posé la question de savoir «pourquoi il a validé certaines réceptions dont les PV ne comportaient pas son nom ?» Face à son mutisme sur cette question, le représentant du parquet Kokè Coulibaly a laissé entendre que comme il n’arrive pas à répondre, «la Cour en tirera toutes les conséquences».
Également à la barre, le comptable matières au ministère de la Défense et des Anciens combattants au moment des faits, Mamourou Togo, a été interrogé sur l’absence du nom de N’Tio Konaté sur certains PV. C’est ainsi qu’il répondra que «les agents de saisie ont dû l’omettre». Outre cette incompréhension, le parquet dit avoir relevé d’autres ambiguïtés liées notamment à la date, à la signature et même aux cachets sur certains documents en raison de la procédure appliquée pour l’établissement des procès-verbaux. Par la suite, le président de la Cour a mis en garde contre tout faux témoignage punissable, selon lui, d’une peine de 20 ans de réclusion et d’une amende de pas moins d’un million de Fcfa.
Au regard de ce qu’elle a décelé comme incohérences sur les documents et au cours des débats, la Cour a alors posé la question au comptable matières de savoir si réellement les PV peuvent faire foi. En réponse, Mamourou Togo dira qu’ils peuvent bien sûr faire bonne foi «quand on constate l’effectivité des matériels réceptionnés». Selon lui, les erreurs d’écriture ne doivent pas remettre en cause cette bonne foi.
Alassane Cissouma
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