#Mali : Ramadan : La course au renouvellement de la vaisselle

De nombreuses familles saisissent l’opportunité du Ramadan pour s’acheter de nouveaux ustensiles de cuisine. Certaines femmes estiment qu’au-delà de la tendance à coller à l’air du temps, c’est aussi une question d’hygiène

Publié mardi 19 mars 2024 à 06:42
#Mali : Ramadan : La course au renouvellement de la vaisselle

 Le prix des tamis oscille entre 200 à 300 Fcfa, les bols sont vendus à 100 Fcfa et 150 Fcfa l’unité

 

Le Ramadan est vraiment un mois particulier. Au-delà de la grande spiritualité, les cuisines familiales, la vaisselle aussi est renouvelée. Pour ce faire, les femmes se bousculent aux portillons des magasins de vente d’ustensiles de cuisine, notamment thermos, bols, assiettes, louches, tamis, mais aussi des carafes. À défaut d’autres ménagères achètent la vaisselle avec des vendeurs à la sauvette.

Fatoumata Cissé vend des légumes à Kalaban-coro Adeken. Mariée depuis 5 ans, elle renouvelle sa vaisselle à l’occasion de chaque Ramadan. Selon elle, ce n’est vraiment pas un luxe, mais une nécessité de la renouveler, souvent même pour des questions d’hygiène. On a aussi besoin de ces ustensiles au moment de la rupture du jeûne, notamment le tamis et le thermos. Ces articles sont difficiles à conserver pendant des années du fait de leur fragilité, explique Fatoumata Cissé. «C’est pourquoi, on peut en acheter chaque année. En plus, il faut coller à l’air du temps en achetant au moins quelques nouveaux ustensiles de cuisine à la mode», précise-t-elle. Et d’expliquer qu’elle vient en appui souvent à son époux pour le soulager de certaines dépenses supplémentaires liées au Ramadan. 

Au marché de Bagadadji en Commune II du District de Bamako, commerçants et visiteurs s’activent. Une boutique de vente d’ustensiles ne désemplit pas. Parmi la clientèle, une nouvelle mariée qui entend acheter un kit de lavage des mains. Elle s’impatiente dans la file d’attente et décide de voir ailleurs dans une autre boutique. Sur le même site, un sexagénaire achète un thermos et des bols pour la rupture du jeûne. Il épaule son épouse en faisant les courses à sa place.

Quelques jours avant le début du Ramadan, Mariam Dembélé se promènait aux environs de 11 heures au Grand marché de Bamako dans une boutique de vente d’ustensiles de renom. Accompagnée de sa fille, ses bras sont chargés de thermos, d’assiettes et de bols. La trentenaire explique les raisons pour lesquelles elle aime changer sa vaisselle surtout à l’approche de ce mois béni. «Chaque année, il y a  beaucoup de nouveaux articles en cette période. Donc, j’en profite pour renouveler ma vaisselle», confie-t-elle, tout en confirmant que les prix sont abordables.

 

GRANDE DÉCEPTION- Dans la même boutique, Ibrahima Kanté propose de nouveaux articles à une cliente. L’agent commercial reconnaît qu’à l’approche du mois de Ramadan, les ustensiles de cuisine sont très sollicités par les femmes. Les thermos (d’eau et de nourriture) sont les plus demandés, suivent les petites tasses, bols, assiettes et louches, explique l’employé de commerce. «Nous recevons beaucoup de clients par jour», explique-t-il, tout en restant dans les comparaisons avec le flux de clients à la même période de l’année dernière. Pour lui, la baisse de l’affluence s’explique par la conjoncture économique et la crise que traverse le pays.

Sinon, toutes les femmes aiment avoir de nouveaux articles de cuisine pendant ce mois béni surtout. Ibrahima Kanté précise aussi que les prix des articles n’ont pas du tout pris l’ascenseur. Le prix du thermos en fonction du litre d’eau varie de 2.000 à 15.000 Fcfa tandis que les assiettes sont cédées à 300 Fcfa l’unité. Au marché de Baco Djicoroni Golf en Commune V du District de Bamako, les affaires tournent au ralenti pour Cheicknè Sissoko, vendeur d’articles ménagers. Le premier jour du Ramadan vers 8 heures, le vendeur était calmement assis devant sa boutique attendant impatiemment des clients.

C’est avec un air triste que le commerçant affirme que le marché est très timide, contrairement aux autres années. Le peu de clients qui viennent, dit-il, par jour, achètent des petits trucs comme les bols, les louches, les tamis. «L’année dernière, nous avons vendu beaucoup de thermos (d’eau et de nourriture). Cette année, on peut faire des jours sans que les clients ne demandent même le prix de ces articles qui sont très sollicités pendant cette période. Ce n’est pas par manque d’envie, mais plutôt de moyens financiers», témoigne le marchand.

Selon Cheicknè Sissoko, les prix des articles ont pratiquement baissé. Le thermos qu’il vendait l’année dernière à 5.000 coûte 4.000 Fcfa. Le prix des tamis oscille entre 200 à 300 Fcfa, les bols sont vendus à 100 Fcfa et 150 Fcfa l’unité. Quant à la louche, elle coûte 75 Fcfa. Le vendeur est optimiste. Il espère tout de même recevoir beaucoup de clients d’ici la fin de la première décade du mois de Ramadan.

Oumou Diarra est revendeuse d’ustensiles de cuisine au marché de Sébénicoro en Commune IV du District de Bamako. Elle confirme aussi la faible affluence des clients. Elle pensait gagner plus d’argent à l’occasion de ce mois sacré pour compenser la mévente. Sa déception a été grande depuis le premier jour du Ramadan. «D’habitude, je recevais plus de 10 clients par jour. Cette année, je passe des jours sans vendre un seul produit alors que les prix sont très abordables. Ma boutique est remplie d’articles de cuisine en tout genre. Chaque matin, nous sommes obligés de les dépoussiérer.

Mais à force de nettoyage, les produits commencent à perdre leur éclat », déplore-t-elle. Et dans de telles conditions, selon elle, personne ne voudra les acheter. C’est une véritable perte, explique la vendeuse, avant de souhaiter une évolution favorable de la situation avant la fin du Ramadan.

Nahawa SANGARÉ et

Aminata KANTÉ

Rédaction Lessor

Lire aussi : 35 ans de démocratie au Mali : Du sacrifice de 1991 à l’exigence de Refondation

Le 26 mars 1991 demeure une date charnière dans l’inconscient collectif malien..

Lire aussi : Célébration du 26 mars: La nécessité de consolider les acquis de la démocratie

26 mars 1991-26 mars 2026, cela fait 35 ans jour pour jour que le Mali commémore la révolution de son peuple pour l'accession à la démocratie..

Lire aussi : France : Le rappeur Maître Gims placé en garde à vue

L’auteur du tube «Je me tire» serait impliqué dans une affaire de blanchiment d’argent en bande organisée.

Lire aussi : Palais de la culture Amadou Hampâté Bâ : L’espoir est permis en 2026

Le budget 2026 de ce temple de la culture est arrêté en recettes et en dépenses à la somme de 588 millions de Fcfa en 2026, contre environ 616 millions de Fcfa en 2025, soit une baisse de 4,6 %.

Lire aussi : Start-up au Mali : L’accompagnement des incubateurs, un levier pour les jeunes

Des initiatives existent, portées aussi bien par les pouvoirs publics que par les structures d’appui à l’entrepreneuriat. Toutefois, ces efforts demeurent insuffisants pour soutenir pleinement l’innovation.

Lire aussi : ONDD : 75 % des activités réalisées en 2025

Notre pays connaît une transition démographique caractérisée par une jeunesse nombreuse et dynamique. Cette réalité, accompagnée de politiques publiques adaptées, peut constituer un levier puissant pour réduire la pauvreté.

Les articles de l'auteur

Communiqué du conseil des ministres du mercredi 25 mars 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 25 mars 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée AssimiGOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 25 mars 2026 à 22:15

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 18 MARS 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 18 mars 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 18 mars 2026 à 23:29

Bamako: Arrivée de 780 citernes ce mercredi

Selon le ministère de l’Industrie et du Commerce, ce sont plus de 780 camions-citernes qui sont arrivés ce mercredi 18 mars 2026 dans les parkings à Bamako..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 18 mars 2026 à 16:40

Service national des jeunes : Plusieurs activités réalisées en 2025

Le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba, a présidé, hier, dans la salle de conférences du stade Mamadou Konaté, l’ouverture des travaux de la 9ᵉ session ordinaire du conseil d’administration de la direction du Service national des jeunes (SNJ), dont il assure lui-même la présidence..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 13 mars 2026 à 10:20

Mali-États-Unis : Pas encore de coopération dans le domaine militaire

Dans le cadre du dialogue politique régulier entre les deux pays, le Mali et les États Unis d’Amérique ont eu des échanges directs, tant avec la représentation diplomatique américaine au Mali qu’avec des Hauts Fonctionnaires américains en provenance de Washington..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:46

Enseignement supérieur : Le Professeur Abdoulaye Djimdé nommé au sommet de la science mondiale

Le Professeur Abdoulaye Djimdé, éminent chercheur à l’Université des sciences, des techniques et des technologies de Bamako (USTTB), rejoint officiellement le prestigieux Comité scientifique consultatif du Secrétaire général des Nations unies..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:27

Journée internationale de la femme : Zoom sur deux amazones aux parcours exemplaires

A l’occasion de la commémoration du 8 mars, journée internationale de la femme, nous nous sommes intéressés à deux femmes dont le parcours peut inspirer d’autres..

Par Rédaction Lessor


Publié dimanche 08 mars 2026 à 12:20

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner