Ramadan : Les femmes jouent des coudes devant les moulins

Pendant le mois béni de Ramadan, les jeûneurs raffolent souvent de bouillie, mais aussi de galettes de riz ou de mil. Mais pour disposer de ces aliments, il faut mouliner les céréales pour obtenir de la farine de mil, de sorgho ou de maïs, entre autres.

Publié jeudi 21 mars 2024 à 06:35
Ramadan : Les femmes jouent des coudes devant les moulins

Des propriétaires de moulins ont saisi l’opportunité du délestage pour augmenter leurs tarifs

 

 

 Or, à une certaine époque, les femmes pilaient les céréales pour préparer la bouillie ou les galettes. Mais l’évolution est passée par là et celles-ci ont été soulagées par les moulins. Aujourd’hui, les choses semblent être un peu plus compliquées avec le délestage. Depuis le premier jour de Ramadan. Les bonnes à tout faire jouent des coudes dans les moulins pour avoir la possibilité d’obtenir de la farine de céréales en vue de préparer la bouillie ou les galettes. C’est un spectacle que l’on voit très souvent ces derniers temps. Notre équipe de reportage s’y est intéressée pour mieux appréhender la réalité.

Devant les moulins, on voit souvent une file indienne de jeunes filles ou jeunes femmes. Celles-ci debout à la queue leu leu posent devant elles soit une tasse, soit une calebasse contenant de la céréale à moudre. Toutes donnent l’impression d’être dans une course contre la montre dans une bousculade. Cet était de fait résulte, selon de nombreux témoignages, du délestage incessant et de la paresse des femmes à piler le mil.

Assetou Doumbia est installée au marché de Niamana. Pour faire la bouillie pour sa famille, elle explique être contrainte de se lever vers 5 heures du matin pour être parmi les premières devant le moulin. Ainsi dès qu’il y a de l’électricité, on peut moudre mon mil que je viendrai récupérer après. Pour Mme Coulibaly Aminata Diarra, c’est aussi le même parcours du combattant. Elle s’était présentée avec un kilo de mil à moudre. «Je vais en prendre une partie et en garder le reste dans le réfrigérateur».

Contrairement à ces deux dames, Fatoumata Coulibaly qui réside à Bamako-coura a finalement pris la décision de ne plus se tracasser pour moudre du mil et en faire de la bouillie. Quant à Gogo Thiocary, elle explique se reposer sur sa fille pour faire le rang en vue de moudre le mil. Elle reconnaît que sa famille raffole de bouillie pendant le Ramadan. Elle accepte donc de consentir de gros efforts pour satisfaire sa famille.

à Kalaban-coura, Mme Sangaré Aminata avait envoyé ses petits-fils au moulin. Ceux-ci sont revenus bredouilles parce qu’il fallait jouer des coudes pour réussir à moudre son mil.  à leur retour, leur grand-mère elle-même était contrainte de se rendre au moulin. Certaines femmes avaient opté pour le pilage à la main en utilisant un pilon et un mortier.

Comme ces braves femmes, Mme Coulibaly Awa Doumbia pile son mil. «Je vis dans une grande famille je ne peux pas me permettre d’attendre toute une journée pour avoir la farine de mil pour en faire de la bouillie. Je préfère ne pas prendre ce risque et créer une brouille avec ma famille. Parce que personne ne comprendrait que la bouillie ne soit pas prête à la rupture du jeûne». Janvier Dembélé a une technique simple.  Il loue souvent un moulin qui fonctionne avec un groupe électrogène pour satisfaire sa clientèle. Il ne se plaint pas trop de l’alternative parce qu’il arrive à satisfaire sa clientèle.

Certains propriétaires de moulins ont saisi l’opportunité du délestage pour augmenter leurs tarifs. Au lieu de 50 Fcfa, la boite de mesure revient désormais à 75 Fcfa. Ce tarif ne semble pas déranger la clientèle. La preuve, une jeune dame confie que l’essentiel c’est d’avoir de quoi faire la bouillie.

Daouda Djiguiba, propriétaire d’un moulin à Niamana, dit qu’il a augmenté les tarifs du fait de la longue attente pour le courant. «On patiente du matin jusqu’au soir avec mes apprentis pour moudre le mil». On assiste chaque fois à des bisbilles entre les femmes. Il a même été obligé de renvoyer des clientes qui aimaient faire des bousculades, autrement dit semer le désordre. Issoufou, propriétaire d’un moulin à Bozola, trouve normal d’augmenter les tarifs parce que son moulin fonctionne sur groupe électrogène. Au passage de notre équipe de reportage l’endroit grouillait de monde. 

Sarandiè DOUMBIA

Rédaction Lessor

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