Ségou : Le calvaire des maîtresses de maison

L’attrait du gain pousse ces jeunes vers la capitale

Publié mercredi 06 avril 2022 à 06:28
Ségou : Le calvaire des maîtresses de maison

«Bamako plutôt que Ségou». C’est le slogan de presque toutes les aides ménagères en provenance des villages avoisinants. Ces mains utiles dans les foyers se font rares dans la Capitale des Balazans.

Lorsqu’elles viennent de leurs villages respectifs, beaucoup refusent de travailler dans la ville de Ségou, animées par la soif de la vie citadine. Presque toutes se ruent vers la capitale au grand dam de la Cité des Balazans. Comme c’est le cas de Moussodjè et ses deux sœurs.

Nous les avons rencontrées au niveau du guichet d’une gare routière à Ségou. Les trois sœurs aides ménagères prenaient des tickets pour rallier Bamako. «Nous venons toutes d’un village situé à quelques kilomètres de Ségou, Soumambougou. Nous préférons travailler dans la capitale Bamako. Cette année fera mon 2è séjour à Bamako. Mes sœurs sont à leur première expérience», explique Moussodjè. Pourquoi Bamako et pas Ségou ? «La ville de Ségou est proche de notre village.

Si on restait ,c’est comme si on n’avait pas bougé. Nous voulons explorer la grande capitale. Aussi nous gagnons plus là-bas. Je pourrais avoir 12.500 à 15.000 Fcfa par mois. Mes deux sœurs qui sont à leur première expérience pourraient avoir 10.000 Fcfa», justifie-t-elle son choix.

Les aides ménagères viennent généralement des villages environnants de Ségou. Le jour de la foire hebdomadaire, elles viennent par petits groupes de leurs villages respectifs. MT (initiale) et ses compagnons viennent du village de Kala.

A leur arrivée nous les avons interceptées sur la berge du fleuve Niger. Elles répondaient niet à toutes ces femmes qui désiraient les embaucher comme servantes. Sans attendre, elles ont loué une moto tricycle pour se diriger vers la compagnie «Air Niono» en vue de rallier Bamako. Pourquoi ce choix ? MT qui tenait son sac de voyage à main répond : «Tout se trouve à Bamako. C’est la grande ville. Je me plairais mieux à Bamako qu’à Ségou. C’est ma troisième fois d’aller à Bamako. J’ai mon ancien patron. à chaque fois que j’y vais, je vais chez lui», dit-elle .

Ce choix des aides ménagères à vouloir s’orienter vers Bamako a une forte répercussion sur les maîtresses de famille surtout celles qui travaillent. Mme Maïga, sage femme de son état, ne sait plus à quel saint se vouer : «Depuis le départ de mon ancienne aide ménagère, je n’arrive pas à avoir une autre. Je suis dans cette situation depuis près d’une année», explique la mère de famille.

Elle ne cache pas toute sa souffrance sans aide ménagère: «Je suis sage femme et mère de 3 enfants. Deux d’entre eux vont à l’école et l’autre n’a que 9 mois. Imagine-toi, s’il faut faire leur entretien, faire la cuisine et aller au travail. Ce n’est pas du tout facile pour moi de concilier le travail et la vie de foyer sans aide ménagère», indique-t-elle.

Mme Coulibaly Fatoumata Traoré, commerçante au marché Château, est elle aussi touchée par la rareté des aides ménagères. Celle qui avait l’habitude de donner les aides ménagères aux autres femmes se trouve dans la même difficulté : «Cette année, je n’ai reçu aucune aide ménagère chez moi, elles sont toutes parties à Bamako.

 Cela fait un bon moment que je n’en ai pas», souligne-t-elle. Avant de partager toute sa souffrance : «Les aides ménagères sont d’une grande utilité pour nous qui travaillons. Singulièrement, elle m’aide dans les tâches ménagères et à s’occuper des enfants. Maintenant que je n’en ai pas, je souffre à plus d’un titre. Je suis obligée de me lever tôt le matin aux environs de 4h pour ne pas être en retard au marché. Car je risquerai de perdre ma clientèle».

Chahame Djiré
Amap-Ségou

Rédaction Lessor

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