L’Essor : Quelles sont les raisons qui
vous ont amené à choisir le métier des
armes?
Moussa Traoré : Depuis l’enfance, je
voulais être militaire. à l’indépendance j’ai compris qu’il fallait être
militaire pour défendre le pays. À l’époque, le président Modibo Keïta disait
que tous les Maliens se considèrent
comme militaires pour que le Mali se développe. C’est la raison pour laquelle,
j’ai préféré être garde. Cela a été une chance pour moi, puisque les Maliens ne
pouvaient être recrutés à la garde républicaine sans passer par l’armée française.
Donc, mon cas a été exceptionnel.
L’Essor : Parlez-nous de votre parcours
professionnel ?
Moussa Traoré : J’ai été d’abord muté à la 6è compagnie à Tessalit. C’était pour
aller compléter l’effectif des
militaires dans cette zone du pays. Nous avons quitté le 14 juillet 1964
Bamako pour nous rendre au Nord.
Je suis resté jusqu’en 1966. à mon retour, j’ai été désigné étant caporal-chef
pour un peloton 1 à Ségou. à la garde républicaine, après la
titularisation, la nouvelle recrue devient caporal. Quelques années, elle passe
caporal-chef. C’est ce qui est appelé chez nous brigadier-chef.
Si l’agent ne fait pas de peloton, il est maintenu à ce grade jusqu’à la
retraite. J’ai eu la chance d’aller
faire un peloton 1. Après, je suis revenu. Trois ans plus tard, j’ai été redésigné
pour faire le peloton 2 afin d’être spécialisé
en comptabilité. Cette formation s’est déroulée à l’école de la police nationale. C’est ainsi que je
suis devenu sergent. étant comptable, j’ai été muté à l’école militaire inter
arme de Kati (Emia). De Kati, l’Emia a été transférée à Koulikoro. En 1974,
j’ai rejoint mon corps d’origine. Depuis lors, je suis resté au camp de garde
jusqu’à ma retraite en 1991 comme comptable de matériels. Tout militaire doit
se considérer comme instructeur. Nous apprenons cela depuis à la formation
commune de base.
L’Essor: Peut-on connaître les difficultés que
vous avez rencontrées durant votre carrière ?
Moussa Traoré : J’ai fait un séjour très dur quand j’étais à Tessalit au poste Aitelkawa. C’est à la frontière Mali-Algérie. Durant le temps que nous avons passé, il était difficile pour nous de connaître les périodes de l’année. Il n’y avait rien. Nous n’étions pas dans les conditions. C’est un lieu qui est intenable. Nous avons beaucoup souffert. Ce sont des épisodes que je ne pourrai pas oublier de ma vie. Malgré tout, nous avons tenu. C’était l’amour de la patrie. à l’indépendance, nous étions prêts à tout. Nous étions prêts pour cela.
L’Essor : Et votre regard sur l’Armée malienne depuis sa
création ?
Moussa Traoré : Nous avons des matériels
aujourd’hui. Depuis que l’Armée a été créée, je n’ai jamais vu autant d’engins.
Pour être militaire, il faut absolument les moyens. Actuellement, nous avons
les moyens. Le Mali avait des armes sophistiquées, mais ce n’était pas assez.
Il n’y a pas de comparaison possible.
L’Essor : Qu’est-ce que vous pensez de
l’acquisition des matériels et du recouvrement
de l’intégrité territoriale ?
Moussa Traoré : C’était le souhait de
tous les Maliens que l’Armée ait des matériels. Du fait que nous sommes armés
jusqu’à ce point, c’est un plaisir pour
nous tous. Nous ne pouvons rien faire sans les armes. Là, où l’armée est
aujourd’hui, nous en avons beaucoup. Les Maliens ne savaient pas comment ils
allaient récupérer ces zones perdues, surtout Kidal. Sachant que nous étions
victimes d’un complot international. C’est une surprise le fait de récupérer
cette partie du territoire.
L’Essor: Êtes-vous satisfait de l’engagement
actuel de l’Armée sur le front ?
Moussa Traoré : Je suis totalement
satisfait. En voyant les troupes, nous sentons qu’elles ont le moral haut. Ça
se voit que les militaires sont dans les conditions. Je leur souhaite du
courage et une bonne continuation.
L’Essor : Que préconisez-vous comme
conseils à la jeune génération ?
Moussa Traoré : Le chemin pris doit être suivi correctement. Le monde entier suit de près le Mali, nous sommes devenus les éléments précurseurs. Le Mali est un exemple. En reculant, nous allons décevoir plus d’un. Les Maliens sont aimés à l’extérieur, grâce au courage des chefs actuels.
L’Essor : Votre mot de la fin ?
Moussa Traoré : Nous sommes dans un pays
très vaste, il faut absolument des hommes. Nous avons des équipements
militaires, mais il faut des hommes. Les
chefs entendront et ils comprendront mon message.
Propos recueillis par
Namory KOUYATE
Le 26 mars 1991 demeure une date charnière dans l’inconscient collectif malien..
26 mars 1991-26 mars 2026, cela fait 35 ans jour pour jour que le Mali commémore la révolution de son peuple pour l'accession à la démocratie..
L’auteur du tube «Je me tire» serait impliqué dans une affaire de blanchiment d’argent en bande organisée.
Le budget 2026 de ce temple de la culture est arrêté en recettes et en dépenses à la somme de 588 millions de Fcfa en 2026, contre environ 616 millions de Fcfa en 2025, soit une baisse de 4,6 %.
Des initiatives existent, portées aussi bien par les pouvoirs publics que par les structures d’appui à l’entrepreneuriat. Toutefois, ces efforts demeurent insuffisants pour soutenir pleinement l’innovation.
Notre pays connaît une transition démographique caractérisée par une jeunesse nombreuse et dynamique. Cette réalité, accompagnée de politiques publiques adaptées, peut constituer un levier puissant pour réduire la pauvreté.