Le ministre de l’élevage et de la Pêche, Youba Ba vaccinant un animal
C’est dans une atmosphère conviviale, porteuse d’espoir et d’avenir pour la filière bétail-viande, que le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, a officiellement lancé, vendredi dernier, la Campagne nationale de vaccination du cheptel, édition 2025-2026, au marché à bétail de Kati Drall, dans la Commune rurale de Kambila, en inoculant la première dose de vaccin. La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, de son collègue chargé de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema, ainsi que de plusieurs autres membres du gouvernement.
L’évènement a également enregistré la présence du président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (Apcam), Sanoussi Bouya Sylla, du président de l’Interprofession de la filière bétail-viande du Mali, Mamoudou Abdoulaye Diallo, des diplomates accrédités auprès de notre pays, des organisations d’éleveurs ainsi que des autorités administratives et coutumières du village de Kambila.
Pour cette campagne, les projections font état de 83 millions de têtes à vacciner, toutes espèces confondues, contre diverses maladies animales. Ces objectifs sont en parfaite adéquation avec les engagements du Mali aux plans sous-régional et mondial, notamment ceux relatifs à l’éradication de la peste des petits ruminants et au contrôle progressif de la péripneumonie contagieuse bovine.
Dans une interview accordée à la presse, le chef du gouvernement a expliqué que cette campagne vise à réduire les maladies animales et à améliorer la couverture vaccinale, indispensable pour prévenir la transmission de maladies entre animaux et humains. «Compte tenu de la place de l’élevage dans notre économie nationale et de l’intérêt que le Chef de l’État accorde à la santé de manière générale, il est important de veiller à ce que cette campagne de vaccination de notre cheptel se déroule correctement», a déclaré le Général de division Abdoulaye Maïga.
Il a, par ailleurs, salué l’ensemble des partenaires, notamment la FAO, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et l’Organisation mondiale de la santé animale, pour leur appui constant. Au nom du Chef de l’État, il a rassuré les acteurs de l’interprofession bétail-viande que le gouvernement ne ménagera aucun effort pour les accompagner dans leurs activités. «C’est à ce titre que le Chef de l’État a décidé d’accorder 10% de coton graine, ce qui a permis d’améliorer la sécurité alimentaire de notre cheptel», a dit le Premier ministre. Il a également annoncé l’élaboration de la Stratégie nationale de stabilisation et de sécurisation du cheptel.
Dans son intervention, le ministre de l’Élevage et de la Pêche a indiqué que le cheptel constitue le troisième produit d’exportation, après le coton et l’or. Selon les statistiques de l’Institut national de la statistique (INSTAT), il demeure la principale source de subsistance pour plus de 30% de la population malienne et contribue pour 12% au PIB. Les effectifs actuels du cheptel national placent le Mali au premier rang dans l’espace Uemoa. À cet égard, le ministre a révélé qu’en 2024, le cheptel était estimé à environ 14 millions de bovins, 52 millions de petits ruminants, 1,4 million de camelins, 600.000 équins, 1,2 million d’asins, 90 000 porcins et 57 millions de volailles.
Youba Ba a rappelé que son département ambitionne de promouvoir «des systèmes de production animale et piscicole intensifiés, complémentaires à des sous-secteurs résilients, alimentant une industrie de transformation aux normes internationales et fournissant des produits standardisés répondant aux exigences des marchés intérieur et extérieur». L’objectif principal est d’accroître significativement la contribution de l’élevage et de la pêche à la croissance économique nationale et de renforcer la compétitivité des produits maliens. «Pour satisfaire cette ambition, nous devons lever les contraintes sanitaires et alimentaires du bétail», a-t-il expliqué, rappelant que plusieurs maladies animales, dont certaines zoonoses, demeurent endémiques.
La gestion de ces maladies représente, selon lui, un défi majeur. Le Mali est engagé dans plusieurs programmes sous-régionaux et internationaux, notamment l’éradication de la peste des petits ruminants et le contrôle de la péripneumonie contagieuse bovine à l’horizon 2030, le contrôle de la fièvre aphteuse, ainsi que l’objectif de zéro décès humain dû à la rage transmise par les chiens. Et concernant le marquage des animaux, le ministre a reconnu que cette pratique a rencontré peu d’adhésion chez les éleveurs ces deux dernières années. Il les a donc exhortés à adopter cette stratégie afin de permettre au pays d’atteindre l’objectif d’éradication de la peste des petits ruminants.
De son côté, le président de l’Interprofession de la filière bétail-viande a assuré que son organisation s’investira pleinement pour la réussite de cette campagne. Mamoudou Abdoulaye Diallo a rappelé que son interprofession a obtenu le certificat d’enregistrement du label viande rouge du Mali «Mali Sogo». Tout en remerciant les autorités pour les efforts consentis en faveur de la transhumance, il a sollicité, entre autres, la mise en place d’un système d’identification digitale des animaux pour lutter contre le vol de bétail, l’instauration d’une carte professionnelle pour protéger les éleveurs contre les abus, ainsi que la mise en œuvre diligente de la Stratégie nationale de stabilisation et de sécurisation du bétail. Il a également plaidé pour la construction et l’équipement d’abattoirs et de marchés à bétail modernes aux normes internationales.
Le ministre de l’Élevage et de la Pêche a rassuré les éleveurs que la digitalisation de l’identification et de la traçabilité du bétail constitue une solution innovante face au phénomène du vol de bétail. À cet effet, il a indiqué que la FAO, avec le soutien de son département, a confié à l’Université des sciences, des techniques et des technologies de Bamako (USTTB) un projet portant sur «la conception d’un système national de tracking digital du bétail et la formation des bénéficiaires».
«Un système national d’identification et de traçabilité du bétail, dénommé NINA-B, a été élaboré et adopté. Il constituera, à terme, un instrument majeur de suivi des mouvements des animaux et de la traçabilité de leurs produits», a-t-il précisé, rappelant que les autorités de la Transition ont criminalisé le vol de bétail dans le Code pénal. La cérémonie a été marquée par la remise, par le Premier ministre, de matériels (réfrigérateurs, glacières, congélateurs, seringues, blouses, enregistreurs de température, motos) aux services vétérinaires, pour un coût global de plus de 180 millions de Fcfa.
Makan SISSOKO
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