Le ministre Alhamdou Ag Ilyène et le directeur du Cigma, Ibrahima Traoré (d),
initiateur de la rencontre
Dans
un monde où les conflits ne se limitent plus aux champs de bataille, mais se
jouent aussi sur les réseaux sociaux et dans les médias, la maîtrise du récit
national devient un enjeu de souveraineté. C’est fort de cette conviction que
le ministre chargé de la Communication, Alhamdou Ag Ilyène, a présidé, vendredi
dernier au Mémorial Modibo Keïta, la réunion des chargés de communication des
départements ministériels. C’était en présence du coordonnateur de la cellule
de communication de la Présidence, le Colonel Baba Cissé, du directeur du
Centre d’information gouvernementale du Mali (Cigma), Ibrahima Traoré, du
directeur général de l’Agence malienne de presse et de publicité (Amap),
Alassane Souleymane, ainsi que de plusieurs autres responsables de la
communication publique.
Initiée
par le Cigma, cette rencontre, la deuxième du genre, avait pour objectif
d’harmoniser le discours public, de renforcer la crédibilité de la parole de
l’État et de faire face aux offensives médiatiques visant le Mali.
Dans
son intervention, le ministre chargé de la communication a souligné que la
communication gouvernementale devait désormais s’articuler autour de quatre
axes essentiels. «L’unicité du message gouvernemental, la réactivité et
l’anticipation, la valorisation des actions du gouvernement, ainsi que la
professionnalisation et la discipline», a déclaré Alhamdou Ag Ilyène.
Selon lui, le monde est aujourd’hui engagé dans une véritable «guerre
communicationnelle», parallèle aux combats armés. Il a souligné que cette bataille
se joue désormais sur les réseaux sociaux et dans les médias, où chaque camp
cherche à imposer son récit afin d’influencer l’opinion publique nationale et
internationale. «Aujourd’hui, les attaques ne sont pas que militaires, elles
sont médiatiques, numériques et psychologiques», a-t-il déclaré. Face à cette
situation, le ministre Ag Ilyène a insisté sur la nécessité pour le Mali
de parler d’une seule voix.
Il
estime que la communication gouvernementale doit être claire, disciplinée et
cohérente. «Notre première ligne de défense est la parole de l’État, une parole
claire, crédible et unifiée», a-t-il martelé. Et d’exhorter les participants à
harmoniser leurs messages et à renforcer la coordination entre les différentes
structures de communication publique. Alhamdou Ag Ilyène a, par ailleurs,
encouragé les communicants à adopter une approche plus stratégique, fondée sur
la vérité et la souveraineté nationale. Il a indiqué que la communication
d’État doit désormais être plus réactive, plus professionnelle et plus souveraine,
afin de contrer le «narratif hostile» et de promouvoir «le récit du Mali», un
récit fondé sur la dignité et la souveraineté.
Prenant
la parole à la suite du ministre, le coordonnateur de la cellule de
communication de la Présidence a salué cette initiative du Cigma. «La bonne
coordination doit être le levier de la communication de crise», a affirmé le
Colonel Baba Cissé, estimant que cette rencontre témoigne de la volonté du
ministre chargé de la Communication de prendre à bras-le-corps les défis du
moment. Il a exhorté les chargés de communication à ne pas se limiter à
l’exécution des instructions, mais à être une force de proposition. Il a par
ailleurs souligné que la guerre de l’information est désormais aussi redoutable
que la guerre militaire. «L’information est devenue une arme qui fait parfois
plus de dégâts que les armes à feu, car elle est dirigée contre les esprits»,
a-t-il prévenu, appelant à plus de vigilance, de rigueur et de prudence dans la
diffusion de l’information.
Pour
sa part, le directeur du Cigma a rappelé que les communicants publics sont en
mission pour relever un défi communicationnel dans un contexte assez
particulier. «Nous sommes un pays en guerre, agressé de toutes parts. Chacun de
nous doit se demander : quelle est ma mission face à cette situation ?», a
lancé Ibrahima Traoré, avant d’inviter les participants à travailler en équipe,
à innover et à renforcer la qualité professionnelle de leurs productions. «Tant
qu’on évolue en solo, nous ne serons jamais efficaces. Valorisons nos sources
d’information et coordonnons davantage nos actions», a-t-il insisté.
De
son côté, le directeur général de l’Amap a mis l’accent sur la nécessité de
fournir une information saine et factuelle. Alassane Souleymane a rappelé que
sa structure est disposée à accompagner tous les départements ministériels dans
la valorisation de leurs actions, tout en déplorant que certains ministères
oublient encore de collaborer avec l’Agence.
Le
directeur général de l’ORTM, Hassane Baba Diombélé a insisté sur l’unité du
message gouvernemental et la nécessité de changer de paradigme dans la
communication institutionnelle. «Chacun veut mettre en lumière son département,
mais il ne faut pas oublier l’ensemble. Quand on s’occupe de l’ensemble, les
détails viennent d’eux-mêmes», a-t-il affirmé. Il a proposé la création d’une
charte des chargés de communication et d’une structure dédiée à la guerre
informationnelle.
La réunion a permis aux participants de formuler plusieurs recommandations, notamment la mise en place d’un mécanisme de communication continue, le renforcement des capacités des agents, ainsi que l’élaboration d’un plan de communication de crise. Les chargés de communication ont également plaidé pour une meilleure coordination de la communication et une plus grande transparence dans la diffusion des informations officielles.
Amadou GUEGUERE
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