Edito: Au moment de célébrer les FAMa, un écho panafricaniste nous vient du Ghana

Notre Armée souffle ses 64 bougies à une période charnière de son évolution, disons de sa construction. L’Armée malienne, à travers les mots mêmes de son Chef suprême, s’est «imposée comme un acteur essentiel de la souveraineté et de la sécurité de notre pays».

Publié mardi 21 janvier 2025 à 07:42
Edito: Au moment de célébrer les FAMa, un écho panafricaniste nous vient du Ghana

Ces mots ont une place de choix dans le discours du Général d’armée Assimi Goita, Président de la Transition, dans son traditionnel message à la Nation à l’occasion de la fête de l’Armée. Nous tenons l’Armée rêvée par les pères fondateurs, celle qui défend et qui construit, celle qui permet le sommeil et protège le gite. C’est-à-dire le fer de lance de notre lutte pour la liberté, pour la justice, pour la dignité.

Le Chef de l’État veut parler du soldat première classe dans la savane du Gourma, du maréchal de logis dans la forêt de Boulkessi, du garde dans les ergs du Tilemsi, du policier dans les rues de Goundam, de l’aviateur dans le super Tucano au-dessus des falaises de Bandiagara, du soldat 2è classe dans la forêt du Wagadou et tous ces soldats, de leur hiérarchie, arc-boutés sur leurs plans tactiques pour contrer l’ennemi et assurer la quiétude de leurs compatriotes.

Avec le Chef suprême des Armées, nous parlons de cette Armée malienne qui a permis à notre pays de devenir un acteur important de la sous-région, celle qui est le socle de la construction de la Confédération des États du Sahel (AES) avec nos pays frères du Burkna Faso et du Niger. Oui, cette AES qui refonde les idéaux des pères de l’Afrique indépendante qui voulaient nous éloigner du joug colonial, de l’impérialisme et de toutes formes de domination étrangère.

Ce combat ne sera pas sans sacrifice humain de nos FAMa qui méritent à ce titre un mémorial tel qu’initié par les autorités nationales. Quant au sacrifice financier et matériel, il continuera pour garantir une montée en puissance constante de notre Armée avec l’annonce par le Chef de l’État de l’acquisition de nouveaux équipements et surtout la mise en place d’une véritable industrie militaire. C’est dire que notre Armée se prépare à entrer dans une ère industrielle nationale et maitrisée en adéquation avec ses besoins. De quoi couper le sommeil à l’ennemi, sinon l’installer dans une insomnie chronique et une angoisse infinie.

L’AES tiendra par la puissance de ses Forces armées et de sécurité, leur doctrine inspirée de ses écoles de guerre et les nouveaux paradigmes géopolitiques que notre organisation impose dans notre sous-région, voire sur tout le continent. Par son alignement sur les aspirations des peuples, elle impose à la Cedeao et à l’UA de se réajuster ou de péricliter. C’est le lieu de se féliciter d’un nouvel état d’esprit qui nous arrive du Ghana avec son nouveau président, John Dramani Mahama dont le discours panafricaniste tranche avec les velléités impérialistes de notre ancienne organisation.

Le Premier ministre, Général de division Abdoulaye Maiga et sa délégation ont pu s’en rendre compte lors de l’audience que leur a accordée le dirigeant ghanéen, à Accra en milieu de semaine dernière. «Nous avons noté les décisions souveraines non seulement du Mali mais aussi du Burkina Faso et du Niger, de former une confédération.. Malgré cette nouvelle situation, nous devons continuer à préserver nos relations et à œuvrer à l’intégration sous régionale».

On appelle cela du pragmatisme. Il faut y voir ici un peu de Kwame Nkrumah et de John Jerry Rawlings. Normal venant du candidat élu du parti de l’ancien aviateur président. C’est à espérer que le Président John Dramani Mahama saura raisonner ses autres frères pour qu’ils regardent les nouvelles transformations de notre sous-région avec beaucoup plus d’africanisme et de panafricanisme. 

Sinon que leur dire, qu’avec l’AES «nous défendons un seul Espace, occupé par un unique Peuple, partageant un Destin commun», comme l’a dit le Chef de l’État, dans son message à la Nation dimanche soir. Une devise qui vaut conseil.

Alassane Souleymane

Lire aussi : 35 ans de démocratie au Mali : Du sacrifice de 1991 à l’exigence de Refondation

Le 26 mars 1991 demeure une date charnière dans l’inconscient collectif malien..

Lire aussi : Célébration du 26 mars: La nécessité de consolider les acquis de la démocratie

26 mars 1991-26 mars 2026, cela fait 35 ans jour pour jour que le Mali commémore la révolution de son peuple pour l'accession à la démocratie..

Lire aussi : France : Le rappeur Maître Gims placé en garde à vue

L’auteur du tube «Je me tire» serait impliqué dans une affaire de blanchiment d’argent en bande organisée.

Lire aussi : Palais de la culture Amadou Hampâté Bâ : L’espoir est permis en 2026

Le budget 2026 de ce temple de la culture est arrêté en recettes et en dépenses à la somme de 588 millions de Fcfa en 2026, contre environ 616 millions de Fcfa en 2025, soit une baisse de 4,6 %.

Lire aussi : Start-up au Mali : L’accompagnement des incubateurs, un levier pour les jeunes

Des initiatives existent, portées aussi bien par les pouvoirs publics que par les structures d’appui à l’entrepreneuriat. Toutefois, ces efforts demeurent insuffisants pour soutenir pleinement l’innovation.

Lire aussi : ONDD : 75 % des activités réalisées en 2025

Notre pays connaît une transition démographique caractérisée par une jeunesse nombreuse et dynamique. Cette réalité, accompagnée de politiques publiques adaptées, peut constituer un levier puissant pour réduire la pauvreté.

Les articles de l'auteur

À l’heure du Mali : Le Président Goïta et les étrennes de l’Eid El-Fitr

S’il est un mot qui a résonné, comme de coutume, autour de la fête de l’Eid el-Fitr, c’est bien «selimafo» en bamanakan, «djingar goro» en sonraï, «korandje» en dogon, « juuldudi » en peulh ou encore «xa ke bire waaga» en soninké..

Par Alassane Souleymane


Publié mardi 24 mars 2026 à 09:17

À l’heure du Mali : Guerre Israël–Iran, si loin, si proche

Ce 11 mars, la deuxième guerre Iran–Israël comptera douze jours, égalant déjà celle de juin dernier. Au delà de ce seuil, l’incertitude sur sa fin ne fera que s’épaissir. Les États Unis, alliés d’Israël, avaient prédit une guerre éclair pour en finir avec le régime de Téhéran..

Par Alassane Souleymane


Publié mardi 10 mars 2026 à 08:37

À l’heure du Mali : De guerre lasse

En juin, c’était douze jours. Et maintenant, combien de temps durera l’affrontement entre Israël et l’Iran ? Ce que nous pensions n’être qu’une folie meurtrière passagère, avec son lot de morts et de destructions, n’aura offert que neuf petits mois de répit..

Par Alassane Souleymane


Publié mardi 03 mars 2026 à 08:16

Perspectives sahéliennes : Une diplomatie confédérale sans grain de sable

Qu’est-ce qu’une confédération, sinon «une ligue de nations ou d’États indépendants qui, tout en gardant leur autonomie, se réunissent pour former un gouvernement commun? » Les juristes peuvent en discuter les nuances, mais cette définition suffit à saisir la communauté de destin que le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont choisi d’amorcer pour le bonheur de leurs peuples..

Par Alassane Souleymane


Publié vendredi 27 février 2026 à 09:02

À l’heure du Mali : Le gouvernement réaménagé, entre continuité et confiance

De nouveaux ministres, de nouveaux ministres d’État et voilà le gouvernement Abdoulaye Maiga 2. Le Président de la Transition sait entendre ses compatriotes quant à la réorientation de l’action publique, incarnée par le pouvoir exécutif à travers le duo Chef de l’État et chef du Gouvernement. Ce jeudi 12 février 2026 a marqué un changement dans l’équipe du Premier ministre Abdoulaye Maïga..

Par Alassane Souleymane


Publié vendredi 13 février 2026 à 08:29

À l’heure du Mali : Vœux à Koulouba, pour la lumière et contre l’obscurité

Le volet de l’agenda du Président de la Transition en ce début d’année, consacré à la traditionnelle série de présentations de vœux, s’est refermé le jeudi 5 février par les Forces armées et de sécurité, avec à leur tête le Chef d’État-major général. Le ballet avait débuté le lundi 12 janvier..

Par Alassane Souleymane


Publié mardi 10 février 2026 à 08:42

À l’heure du Mali : Le cas Vénézuélien, entre désarroi mondial et fermeté sahélienne

Dans une précédente chronique, parue dans notre livraison du 5 janvier dernier et intitulée «Entre souveraineté assumée et hégémonie hémisphérique», nous évoquions la journée du 3 janvier 2025 et «la torpeur quasi mondiale provoquée, un peu plus tôt, par l’arrestation du président d’un État souverain par les forces d’un autre, telle qu’elle a été vécue au Venezuela »..

Par Alassane Souleymane


Publié lundi 12 janvier 2026 à 08:54

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner