Edito: #Mali : Dialogue direct inter-malien

La dynamique de l’appropriation nationale du processus de paix est enclenchée. L’annonce a été faite par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, dans son discours à la nation dimanche soir à l’occasion du Nouvel an.

Publié mardi 02 janvier 2024 à 06:14
Edito:  #Mali : Dialogue direct inter-malien

Pour en arriver là, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. En effet, capitalisant les avancées réalisées dans le cadre du processus de paix, et tirant les enseignements des défis qui demeurent, le chef de l’État a indiqué avoir pris l’option de privilégier l’appropriation nationale du processus de paix, en donnant toutes ses chances à un dialogue direct inter-malien pour la paix et la réconciliation. Cela, afin d’éliminer les racines des conflits communautaires et intercommunautaires.

Pour le chef de l’État, cette décision, déjà partagée avec les différents acteurs nationaux et internationaux concernés dès l’entame du retrait de la Minusma, exige des Maliens, «que nous nous donnions la main, afin de réconcilier notre pays et assurer la cohésion nationale». Le colonel Assimi Goïta a annoncé qu’un comité chargé de piloter ce dialogue sera mis en place dans un délai d’un mois et devra déposer son rapport au plus tard en février.


Quelles pourraient être les répercussions sur l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger ? L’initiative a-t-elle une chance de prospérer au regard du contexte de tension avec les groupes rebelles et avec l’Algérie ? Ce sont là autant de questions que l’on pourrait se poser au regard de la décision des autorités de changer de fusil d’épaule dans la recherche de la paix. Il va sans dire que ce changement de stratégie survient dans un environnement totalement différent de celui dans lequel l’Accord a été signé en 2015.

Nul ne peut nier que l’application de l’Accord s’est heurtée à des obstacles presque dirimants. Des dispositions du texte ont été, à maintes reprises, violées par des groupes signataires, sans que cela n’émeuve grand monde. La multiplication des entraves, la complaisance, voire la duplicité de la Médiation internationale ont sans doute été des écueils rédhibitoires à la mise en œuvre correcte du document. Au même moment, le gouvernement a consenti de louables efforts dans son application. Face aux difficultés d’application de l’Accord, l’idée de sa relecture avait été évoquée par certains. D’autres avaient proposé une mise en œuvre intelligente afin d’assurer la préservation de l’intégrité du territoire et de la laïcité de l’État.

Si à ce jour, les autorités n’ont officiellement pas indiqué qu’elles sortaient de l’Accord, la nouvelle donne pourrait apporter des changements importants dans le processus devant conduire les Maliens à la paix et la réconciliation. Désormais, l’idée est de faire en sorte que les Maliens puissent se parler dans un esprit fraternel et arriver à un modus vivendi qui garantit le vivre-ensemble dans un Mali uni et stable.


Aussi, l’annonce de l’appropriation nationale du processus de paix dans notre pays intervient-elle dans un contexte où, sous l’impulsion des autorités de la Transition, les Forces de défense et de sécurité sont résolues à se redéployer sur toute l’étendue du territoire national. Aboutissement d’incontestables prouesses militaires opérationnelles, le contrôle des emblématiques et symboliques villes de Kidal et d’Aguelhok en sont la parfaite illustration. Ces acquis résultent de l’opération «Dougoukoloko» évoquée dimanche par le président Goïta. 

Autre élément qui n’est pas des moindres : ce dialogue direct inter-malien se fera au moment où la Minusma a déjà plié bagages. Autant dire que les Maliens pourront se parler sans l’interférence de certains partenaires étrangers qui nagent en eaux troubles. Il est bien clair aujourd’hui que de nombreux  acteurs qui étaient présents sur notre sol au nom de la solidarité internationale ne travaillaient pas pour la paix au Mali.

Est donc venu le temps de la clarification. Cela est d’autant impérieux qu’il est un secret de polichinelle que de nombreux mouvements signataires de l’Accord sont des faux nez des groupes terroristes. Un groupe d’experts indépendants des Nations unies sur le Mali avait, il y a quelques années,  dans un rapport dénoncé l’implication de membres de groupes armés signataires de l’Accord dans des attaques terroristes. Mais également dans le trafic de migrants et de drogues.

 À l’attention de ces ennemis de la paix et leurs alliés, le chef suprême des Armées a prévenu dans son discours que la lutte contre les groupes armés terroristes se poursuivra jusqu’à la pacification totale du pays. «Sur aucune portion du territoire national, il ne devrait y avoir de la place pour ceux qui ont décidé d’attenter à nos terres et à la vie de nos populations», a insisté le colonel Assimi Goïta. Il reste à espérer que la nouvelle stratégie produise des résultats escomptés. Pour atteindre cet objectif, le Mali dispose de mécanismes endogènes et de leviers au niveau national.

Massa SIDIBE

Lire aussi : 35 ans de démocratie au Mali : Du sacrifice de 1991 à l’exigence de Refondation

Le 26 mars 1991 demeure une date charnière dans l’inconscient collectif malien..

Lire aussi : Célébration du 26 mars: La nécessité de consolider les acquis de la démocratie

26 mars 1991-26 mars 2026, cela fait 35 ans jour pour jour que le Mali commémore la révolution de son peuple pour l'accession à la démocratie..

Lire aussi : France : Le rappeur Maître Gims placé en garde à vue

L’auteur du tube «Je me tire» serait impliqué dans une affaire de blanchiment d’argent en bande organisée.

Lire aussi : Palais de la culture Amadou Hampâté Bâ : L’espoir est permis en 2026

Le budget 2026 de ce temple de la culture est arrêté en recettes et en dépenses à la somme de 588 millions de Fcfa en 2026, contre environ 616 millions de Fcfa en 2025, soit une baisse de 4,6 %.

Lire aussi : Start-up au Mali : L’accompagnement des incubateurs, un levier pour les jeunes

Des initiatives existent, portées aussi bien par les pouvoirs publics que par les structures d’appui à l’entrepreneuriat. Toutefois, ces efforts demeurent insuffisants pour soutenir pleinement l’innovation.

Lire aussi : ONDD : 75 % des activités réalisées en 2025

Notre pays connaît une transition démographique caractérisée par une jeunesse nombreuse et dynamique. Cette réalité, accompagnée de politiques publiques adaptées, peut constituer un levier puissant pour réduire la pauvreté.

Les articles de l'auteur

Décès de Chuck Norris : Avalanche d'hommages à une légende

Donald Trump, Sylvester Stallone, Dolph Lundgren, Jean-Claude Van Damme...Ils sont nombreux, politiques, acteurs de cinéma, à rendre hommage à l'emblématique Chuck Norris qui a rendu son dernier souffle vendredi à l'âge de 86 ans..

Par Massa SIDIBE


Publié samedi 21 mars 2026 à 10:40

Mobile World Congress 2026 : le ministre Alhamdou Ag Ilyène porte l’ambition numérique du Mali

Le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, prend part au Mobile World Congress (MWC) 2026, qui se tient du 2 au 5 mars à Barcelone, en Espagne..

Par Massa SIDIBE


Publié mercredi 04 mars 2026 à 15:00

Nioro : l'armée libère un otage vers le village de Gourel Hairė

-.

Par Massa SIDIBE


Publié samedi 03 janvier 2026 à 17:53

Croix-Rouge: Remise de prix aux lauréats de reportage humanitaire

La Croix-Rouge malienne a organisé ce jeudi une cérémonie de remise de prix pour récompenser les lauréats du concours de reportage humanitaire..

Par Massa SIDIBE


Publié jeudi 16 octobre 2025 à 18:25

Nécrologie : Notre confrère André Segbedi dépose définitivement la plume

André Segbedi n'est plus. La triste nouvelle de la disparition de notre confrère suite à une courte maladie a été donnée ce mercredi 10 septembre via les réseaux sociaux par le bureau de l'Association des éditeurs de presse privée du Mali ( Assep)..

Par Massa SIDIBE


Publié jeudi 11 septembre 2025 à 16:13

An IV du Président Goïta au pouvoir : Des acquis pour des lendemains qui chantent

De son investiture, le 7 juin 2021, à nos jours, le président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, travaille d’arrache pied pour sécuriser et stabiliser le Mali. Et surtout, pour permettre au pays d’exercer la plénitude de sa souveraineté dans tous les domaines.

Par Massa SIDIBE


Publié lundi 09 juin 2025 à 09:02

Plan d'action du gouvernement : Le quitus du Conseil national de Transition

Le Conseil national de Transition ( CNT) a adopté ce lundi 19 mai dans la soirée au CICB le Plan d'action du gouvernement (PAG) pour la période 2025-2026 par 128 voix pour, 0 contre et 0 abstention..

Par Massa SIDIBE


Publié lundi 19 mai 2025 à 21:57

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner