Le Mali perd bien plus qu’une ancienne ministre, il perd une conscience, une voix, une référence. Car parler d’elle, c’est tenter de contenir l’immensité d’une vie consacrée à l’essentiel. Figure emblématique de l’émancipation féminine et de la vie politique malienne, elle laisse derrière elle l’image d’une femme de conviction, de vertu, de droiture et d’une intégrité morale sans faille. Intellectuelle engagée, profondément dévouée au service de la Nation, Mme Sangaré Oumou Bah fut un cadre exemplaire, capable d’allier avec une rare élégance la rigueur académique et l’engagement politique, dans ce qu’il a de plus noble et de plus utile à la société.
Fille digne de la Patrie, elle fut l’une des pionnières et des icônes du mouvement associatif féminin de notre pays. Le Mali pleure une bibliothèque, une boussole, une source d’inspiration inépuisable pour de milliers de femmes et de jeunes filles qui voyaient en elle un modèle, dont l’engagement sincère peut transformer le destin d’un peuple. Éducatrice dans l’âme, sportive accomplie, femme politique avisée, stratège éclairée, Oumou Bah incarnait bien plus que des fonctions. Elle était une école à elle seule. D’un sourire presque désarmant, elle portait en elle cette rare capacité de reconnaître les talents et de les élever, non pour elle-même, mais pour le Mali.
Mon aventure avec elle commença un lundi matin en février 2016. Elle m’accueillit avec ce sourire qui ne la quittait jamais. Elle me dit simplement : «Je ne pensais pas que tu étais si jeune. J’espère que tu me feras honneur en intégrant mon cabinet. Ce n’est pas parce qu’on t’a recommandée, mais parce que je te lis. Je vois ton engagement pour les femmes et les enfants du Mali. Cheminons ensemble, afin d’obtenir des résultats.»
Je me souviens encore de son combat pour la loi du 18 décembre 2015 instituant un quota de 30% de femmes dans les fonctions électives et nominatives. Ce jour-là, après l’adoption de cette loi historique, elle se réjouissait, certes, mais restait lucide : «Le combat ne fait que commencer. Avoir la loi est une chose, l’appliquer en est une autre.»
Celle que tous appelaient affectueusement «Tanti» était d’un engagement total, presque viscéral, pour la cause des femmes et des enfants. Elle doutait d’elle-même, non par faiblesse, mais par exigence. Elle demandait souvent: «Sommes-nous sur la bonne voie ?» Car pour elle, on ne faisait jamais assez. Il y avait toujours une injustice à corriger, une voix à faire entendre, une dignité à restaurer.
Avec elle, j’ai sillonné le Mali. Partout, elle portait ce message. Sur la scène nationale comme internationale, elle plaidait sans relâche pour la cause des femmes et des enfants du Mali. Elle croyait fermement que lorsque ces deux piliers de la société sont protégés et valorisés, c’est toute la nation qui s’élève. Pieuse, généreuse, profondément humaine, elle était aussi une femme de sagesse. Lors de ses funérailles, cette sagesse a été unanimement saluée. Une foule immense, venue de tous les horizons, de toutes les sensibilités, s’est rassemblée pour lui rendre un dernier hommage, le mercredi 1er avril. Preuve, s’il en fallait, qu’elle appartenait à tous.
Ainsi s’achève le combat d’une icône. Une véritable «Nyéléni» de la promotion du genre. Mais son héritage demeure.
Va en paix, Tanti. Tu manqueras profondément aux femmes du Mali. Tu manqueras à tes enfants, à tes collaborateurs, à toute une Nation.
Merci pour cet amour immense, pour ce respect sincère, pour cette confiance que tu m’as donnée.
Ta fille te pleure.
Mariam A. TRAORÉ
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