Kidal : deux ans après le retour de l’armée, l’école renaît de ses cendres

En deux ans, les infrastructures scolaires de la région ont été massivement réhabilitées et de nouvelles salles de classe construites, avec l’appui de l’Unicef et de ses ONG partenaires. Les dotations en matériels et fournitures scolaires, longtemps bloquées, ont repris à grande échelle

Publié vendredi 14 novembre 2025 à 14:21
Kidal : deux ans après le retour de l’armée,  l’école renaît de ses cendres

Réouverture des écoles à Kidal, le 1er octobre 2025

 

Le 14 novembre 2023, les Forces armées maliennes (FAMa) reprenaient le contrôle de Kidal après près d’une décennie d’absence. Deux ans plus tard, la sécurité retrouvée a permis à l’éducation de sortir enfin de la survie avec des réhabilitations tous azimut, le retour massif des enseignants, l’approvisionnement relancé des cantines avec des bons résultats scolaires. Drissa Coulibaly, directeur de l’Académie d’enseignement de Kidal, témoigne d’une métamorphose qu’il n’osait plus espérer.

Dans les rues de Kidal, l’Armée est visible partout, les barrages improvisés par les groupes séparatistes touareg  ont disparu et le drapeau malien flotte à nouveau sur les bâtiments publics. Pour la première fois depuis plus de dix ans, un directeur d’académie peut rouler jusqu’au dernier village de sa circonscription sans escorte armée ni négociation préalable. C’est dans ce décor radicalement nouveau que Drissa Coulibaly, directeur de l’académie d’enseignement de Kidal mesure, jour après jour, l’ampleur du changement. 

«L’entrée de l’Armée malienne a été un appui inestimable pour nous, services techniques de l’Éducation», explique-t-il. Désormais, les équipes pédagogiques circulent avec aisance, sécurité et sérénité à travers toute la région. Les effets concrets ne se sont pas fait attendre.  

En deux ans, les infrastructures scolaires ont été massivement réhabilitées et de nouvelles salles de classe construites, avec l’appui de l’Unicef et de ses ONG partenaires. Les dotations en matériels et fournitures scolaires, longtemps bloquées, ont repris à grande échelle. 

Autre avancée symbolique : la relance des cantines scolaires. «Une mission nationale menée par la directrice nationale des cantines scolaires a permis de reprendre l’approvisionnement en vivres par le Programme alimentaire mondial, une activité suspendue depuis très longtemps », souligne Drissa Coulibaly. Mais le tournant le plus décisif reste le retour des enseignants. D’après lui, les autorités du pays ont déployé un véritable balai aérien. 

Des dizaines d’enseignants, jusque-là bloqués à Bamako ou dans d’autres régions, ont pu regagner leurs postes. Conséquence directe : le contenu des enseignements et des apprentissages s’est significativement amélioré.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Au Diplôme d’études fondamentales (DEF), le taux de réussite dépasse 72 % à Kidal, largement au-dessus de la moyenne nationale. Au baccalauréat, il atteint 36 %, supérieur aux résultats au niveau national. Des performances impensables il y a encore trois ans. « Ces deux années de reprise de Kidal par les FAMa ont permis aux services régionaux, et particulièrement à ceux de l’éducation, de travailler dans de bonnes conditions sécuritaires », soutient Drissa Coulibaly. Un bilan qu’il résume en une phrase : «l’école de Kidal n’est plus en survie. Elle est en train de renaître.» Ce 14 novembre 2025, tandis que la région célèbrera avec faste le deuxième anniversaire du retour de l’État, les écoliers, leurs professeurs et leurs parents savent qu’ils n’ont plus seulement retrouvé la sécurité. Ils ont retrouvé l’espoir.

Amara Ben Yaya TRAORE

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