campagne cotonnière 2026-2027 entre dans sa phase industrielle à Koutiala.
Mercredi dernier, la Compagnie malienne pour le développement des textiles
(CMDT) a enregistré la sortie de sa première balle de coton à l’usine n°1 de la
capitale de l’Or blanc, marquant le lancement des activités d’égrenage et de
commercialisation du coton-graine.
À la tête
d’une délégation comprenant le gouverneur de la région, le Général de brigade
Harouna Samaké, et le président de la Confédération des sociétés coopératives
des producteurs de coton du Mali (CS-SCPC), Yacouba Traoré, le
Président-directeur général (PDG) de la CMDT, Dr Kouloumégué Dembélé, a assisté
à l’événement sous les applaudissements des travailleurs. Cette étape a
également permis de faire le point sur l’état des cultures et les
préoccupations des acteurs de la filière.
La veille,
la délégation s’était rendue dans le champ de Bourama Tangara, au village de
Touna, à quelques kilomètres de Bla, dans la Région de San. Sur cette parcelle
de 2,5 hectares, les cotonniers présentaient des difficultés de développement,
témoignant des contraintes auxquelles certains producteurs sont confrontés.
À
Koutiala, le constat était plus encourageant dans le champ de Moumouni Koné.
D’une superficie de quatre hectares, la parcelle présentait un état végétatif
satisfaisant, avec des plants arrivés à maturité. En présence du directeur
régional de la CMDT, Fousseyni Coulibaly, le PDG a salué cette évolution et
conseillé au producteur de préserver la qualité de sa récolte, notamment en la
protégeant contre l’humidité. Il a également insisté sur le respect des fiches
techniques relatives aux semences et aux conditions de semis, ainsi que sur
l’application rigoureuse des itinéraires techniques, en particulier les
traitements phytosanitaires.
La visite
s’est poursuivie dans les usines d’égrenage et à la Direction du classement du
coton (DCC), avant une rencontre avec les producteurs et les travailleurs de la
CMDT. Les échanges ont porté sur les difficultés de la campagne et les mesures
susceptibles d’améliorer les performances de la compagnie.
Au nom des
travailleurs, le secrétaire général du comité syndical de la CMDT de Koutiala,
Housseïni Maïga, a appelé à une nouvelle dynamique fondée sur le dialogue et la
concertation.
Il a
notamment plaidé pour la mise à disposition des intrants agricoles dans les
délais requis, afin de mieux préparer la prochaine campagne. Il a aussi
souligné les besoins en carburant des agents chargés de l’encadrement des
producteurs et du fonctionnement des usines d’égrenage.
En
réponse, le PDG de la CMDT a réaffirmé son soutien aux travailleurs et aux
autres acteurs de la filière, les exhortant à redoubler d’efforts pour
accroître la production. Le gouverneur de Koutiala a, pour sa part, rappelé le
rôle stratégique du coton dans l’économie nationale.
Le Général
de brigade Harouna Samaké a salué l’engagement des différents acteurs et les a
invités à faire preuve de résilience face aux difficultés, notamment celles
liées à l’insécurité. Il a également plaidé pour le renforcement de la
transformation locale du coton, afin d’accroître la valeur ajoutée de cette
filière au profit de l’économie malienne.
De son
côté, le président de la CS-SCPC, Yacouba Traoré, s’est réjoui du démarrage de
l’égrenage et a salué la mobilisation des producteurs. Il les a exhortés à
prendre davantage de précautions lors de la récolte, du transport et du stockage
du coton-graine, ces étapes étant déterminantes pour préserver la qualité de la
fibre et améliorer leurs revenus. Le PDG de la CMDT a abondé dans le même sens,
rappelant que la qualité du coton malien dépend du respect des normes à chaque
étape de la chaîne de production. Malgré les irrégularités pluviométriques
enregistrées durant la campagne, il a estimé que les conditions de récolte
restaient favorables. Il a félicité les équipes industrielles pour leur
contribution à la réputation du coton malien sur le marché international et les
a encouragées à maintenir leurs efforts.
La sortie de cette première balle nourrit ainsi l’espoir d’une campagne réussie. Si les défis liés aux conditions climatiques, à l’approvisionnement en intrants et à l’insécurité demeurent, la mobilisation des producteurs et des équipes industrielles constitue un atout. L’enjeu est désormais de transformer cette dynamique en résultats concrets, avec une récolte de qualité, une production à la hauteur des ambitions et de meilleurs revenus pour les producteurs.
Makan SISSOKO
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