Cette décision marque la fin d'une position diplomatique vieille de plus de quatre décennies (depuis 1984). Par ailleurs, le Mali estime désormais que le plan d'autonomie proposé par le Maroc est "la seule base sérieuse et crédible" pour résoudre ce conflit, considérant qu'"une véritable autonomie sous souveraineté marocaine constitue la solution la plus réaliste».
Cette annonce s'inscrit clairement dans une réorientation stratégique des alliances de Bamako. Le ministre des Affaires étrangères a déclaré que ce retrait vise à renforcer les relations "historiques et stratégiques" entre le Mali et le Royaume du Maroc.
Ce rapprochement avec Rabat intervient dans un contexte de tensions accrues avec l'Algérie (principal soutien du Polisario), notamment après l'accusation par Bamako de la destruction d'un de ses drones par l'armée algérienne en avril 2025. Le Mali cherche donc à consolider des partenariats solides, et le Maroc s'est imposé comme un allié clé, comme en témoignent les annonces de renforcement de la coopération économique et éducative (comme l'octroi de bourses).
Les implications géopolitiques et les impacts sur le Mali
Alignement international : Le Mali rejoint une dynamique internationale croissante de soutien au plan marocain, soutenu par plus de 120 pays et récemment consacré par la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l'ONU (octobre 2025).
Tensions régionales : Ce revirement pourrait exacerber les tensions diplomatiques entre le Mali et l'Algérie, l'allié historique du Front Polisario, même si Bamako justifie sa décision par des impératifs de stabilité régionale.
Contreparties
diplomatiques
Le Maroc a immédiatement annoncé des mesures de soutien, comme l'augmentation du nombre de bourses pour les étudiants maliens et la suspension de l'autorisation électronique de voyage (facilitant la circulation des citoyens maliens).
Renforcement
du partenariat
La décision ouvre la voie à un renforcement du partenariat bilatéral, notamment dans les domaines économique, sécuritaire et éducatif, avec la tenue annoncée d'une commission mixte de coopération avant fin 2026.
Positionnement sécuritaire
En se rangeant derrière la position marocaine, le Mali espère probablement obtenir un soutien accru de Rabat dans sa lutte contre l'insécurité dans la région du Sahel.
Mohamed Abdellahi Elkhalil
Spécialiste des questions
sociales et Sécuritaires
du Sahel /écrivain
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