Le monde commémore aujourd’hui la Journée internationale de
la langue maternelle, célébrée le 21 février de chaque année par l’Organisation
des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). Cela en
souvenir des étudiants ayant péri, en 1952 à Dacca (Bengladesh), dans la violence
orchestrée par la police et l’armée pakistanaises.
Le thème international retenu pour cette 23è édition
est : «L’éducation multilingue, une nécessité pour transformer l’éducation.» Au Mali où on en est à la 10è édition, la thématique privilégiée
est «l’éducation multilingue, facteur de développement inclusif et de paix». Thème
qui sera décortiqué lors de conférences-débats animées par des spécialistes sur
nos langues nationales et le multilinguisme.
La langue maternelle apparaît comme la première langue
apprise et acquise par un enfant auprès de ses parents dès le berceau,
principalement de sa mère. L’Organisation des Nations unies (Onu) l’assimile à
une langue habituellement parlée par une personne dès sa petite enfance.
Une
langue officielle a le statut de langue de travail, de l’administration, des
actes officiels conférés par les lois et la Constitution. Une langue nationale
est celle qui est propre à une nation ou un pays, précise le directeur général
de l’Académie malienne des langues (Amalan), Adama Diokolo Coulibaly.
Notre pays en compte 13 : bamanankan, boore (bobo), dùgùsù
(dogon), fulfulde (peul), hasanya (maure), mamara (miniyanka), maninkakan
(malinké), soninké (sarakolé), sovay (songhaï), syenaare (sénoufo), tamasaɣt (tamasheq), tyeyaxo (bozo) et xaasongaxanvo
(khassonké). Douze sont enseignées. Le hasanya est la seule langue nationale
non enseignée. Il est utile de préciser que chacune de nos langues nationales
est une langue maternelle pour une ethnie. Par exemple, la langue «soninké» est
une langue maternelle pour l’ethnie «sarakolé».
L’enseignement et l’apprentissage de nos langues nationales
sont pris en charge par trois structures relevant du ministère de l’Éducation
nationale. Il s’agit de l’Académie malienne des langues (Amalan), de la
direction nationale de l’éducation non formelle et des langues nationales
(Dnenf-LN) et du Centre national des ressources de l’éducation non formelle
(CNR-ENF).
Créée le 13 septembre 2012, la naissance de l’Amalan répond à
une des recommandations fortes du Forum national sur l’éducation de 2008. Elle
fixe les règles de transcription de nos 13 langues nationales et concourt à
leur promotion et leur développement. L’Académie contribue aussi, par la
recherche-action, à la définition de la politique linguistique et veille à sa
mise en œuvre.
Dans certains pays, dira Adama Diokolo Coulibaly, une langue
peut avoir le statut de langue nationale reconnue par le gouvernement et les
textes. Statut qui peut être assorti d’une définition légale ou de critère d’attribution.
Sous d’autres cieux, soulignera Adama Diokolo Coulibaly, la notion de langue
nationale se confond à celle officielle.
Quant à la Dnenf-LN, créée le 13 juin 2011, elle forme et
recycle les enseignants des Centres d’alphabétisation fonctionnelle (Caf), des
Centres d’apprentissage féminin (Café), des Centres d’éducation pour le développement
(CED) et des Centres d’éducation pour l’intégration (CEI). Son Centre de
formation permanent forme nos concitoyens sur la transcription de nos langues
nationales, les règles grammaticales et sur la méthodologie de leur
enseignement.
Étudiants, jeunes diplômés, enseignants, hommes de média et
communicateurs qui le désirent peuvent se former au Centre de formation
permanent de la Dnenf-LN. La formation qui dure un mois, est sanctionnée par
une attestation signée et délivrée par la direction nationale de l’éducation
non formelle et des langues nationales.
Quant aux non scolarisés et déscolarisés, ils sont eux formés aux Caf, Café, CED et CEI. La Dnenf-LN rend consommables nos langues nationales auprès de la population, précise la patronne de la Dnenf-LN, Mme Sylla Fatoumata Cissé.
Sidi WAGUE
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