Conformément aux instructions du Président de la Transition lors du Conseil des ministres inaugural tenu le mercredi 27 novembre, le gouvernement Abdoulaye Maïga est à pied d’œuvre pour réunir les conditions indispensables à l’organisation et la tenue d’élections transparentes et apaisées, mettant fin à la Transition. C’est dans cette dynamique que le Premier ministre, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a effectué hier une visite de courtoisie et de travail au siège de l’Autorité indépendante de gestion des élections (Aige).
C’était en présence du ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Réformes politiques et du Soutien au processus électoral, Mamani Nassiré. À cette occasion, le président de l’Aige a fait la présentation de sa structure en mettant en relief son état de préparation actuel notamment sur le plan des ressources humaines, au niveau structurel et organisationnel. Il s’agit de la mise en place de l’ensemble des coordinations de l’Aige à l’intérieur du pays et dans les ambassades et consulats.
Cet ensemble compte aujourd’hui 6.460 agents dont 5.523 hommes soit 80% du total de l’effectif, et 937 femmes qui animent cette prestigieuse institution, a expliqué Me Moustapha Cissé. Il a également brossé un pli d’actions réalisées par ses équipes depuis la création de l’institution en janvier 2023. En s’appuyant sur des factuels positifs, l’hôte du Premier ministre n’a manqué d’évoquer certaines préoccupations. «Nous attendons de l’État et singulièrement du Premier ministre que vous-êtes, un accompagnement fraternel et de responsabilité et de devoir à accomplir pour nous qui sommes en train d’incarner les prérogatives de cette institution», a-déclaré le patron de l’Aige.
À cet effet, Me Moustapha Cissé a notifié au chef du gouvernement la démarche endogène empruntée par son organisation qui consiste à concevoir l’ensemble des outils dont elle aura besoin pour l’accomplissement de sa mission. Pour cela, l’Aige compte sur la tradition électorale de notre à travers les compétences internes, au sein de l’Administration, des partis politiques, de la société civile ainsi que des experts nationaux.
«C’est dans cette dynamique que nous avons assuré la formation des membres des coordination après leur prestation de serment devant l’autorité judicaire. Ensuite, nous leur avons rappelé qu’être membre de l’Aige aujourd’hui va au-delà de l’ordinaire. Car, nous sommes investis d’une mission de service public que nous devons exercer dans les règles de l’art», a fait comprendre le juriste.
Avant d’annoncer que ces équipes ont entamé ce lundi 2 décembre, des missions de terrain pour aller superviser les opérations de révision annuelle des listes électorales (Rale-2024), aux côtés de l’administration qui est notre partenaire d’appui, conformément aux dispositions de la loi électorale. Mais aussi pour assurer la formation de nos coordinations sur des actes que nous avons élaborés en vertu de la même loi. Il s’agit notamment des cadres de concertation avec l’administration, les partis politiques et la société civile. Selon Me Cissé, ces missions consisteront également à faire l’inventaire des moyens matériels et financiers mis à leur disposition par l’administration afin de se mettre dans une perspective de pouvoir répondre présents à l’appel au moment opportun.
NE PAS CONFONDRE VITESSE ET PRÉCIPITATION- En réponse, le Premier ministre soulignera que la lettre de cadrage du chef de l’État, le 27 novembre, comporte huit axes dont le dernier porte sur l’organisation d’élections apaisées, transparentes pour mettre fin à la transition. Pour le Général de division Abdoulaye Maïga, deux messages découlent de cet axe. D’abord, le Général d'Armée Assimi Goïta réitère son attachement au retour à un ordre constitutionnel apaisé et sécurisé. Ensuite, en insistant sur les conditions que nous devons créer, le chef de l'État nous invite à beaucoup plus de synergie dans notre démarche.
«Je voudrais rassurer l'opinion nationale et internationale que, dans cette mission qui nous a été confiée, nous allons faire l'effort d'aller vite et nous allons faire beaucoup attention à ne pas confondre la vitesse et la précipitation», a déclaré le chef du gouvernement. À ce propos, Abdoulaye Maïga a félicité l’Aige et son président qui, en moins d'un an après sa création «nous avons réussi à organiser un référendum constitutionnel dont le succès est à la fois éclatant et incontestable», s’est-il réjoui. Car, ceci montre à suffisance que notre pays regorge suffisamment de talents et d'expertises en la matière. Pour le locataire de la Primature, il est clair que le retour à l’ordre constitutionnel est incontestable.
Toutefois, pour que les élections soient apaisées et transparentes, il faut une grande et franche collaboration entre l’Aige et le ministère en charge de l'Administration territoriale. Mais également l'implication de tous les acteurs, en particulier les partis politiques et la société civile. «Nous allons poursuivre et faire l'effort de les inviter à nous accompagner dans l’atteinte de cet objectif qui nous a été assigné », a rassuré le général Abdoulaye Maïga. Avant d’ajouter que les portes de son département et celles du ministère délégué aux Réformes politiques et du Soutien au Processus électoral restent ouvertes. Pour sa part, le délégué chargé des Réformes politiques s’est dit rassuré par le dispositif institutionnel en place, et surtout disposé à mettre en musique les impulsions qui seront données par la hiérarchie administrative.
Aboubacar TRAORE
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