Rentrée scolaire : La peur de la spéculation sur les fournitures

Les dépenses liées à la reprise des cours annoncée pour le 3 octobre prochain sont appréhendées par de nombreux compatriotes. Ils n’apprécient guère de vivre une conjoncture à nulle autre pareille

Publié lundi 19 septembre 2022 à 05:20
Rentrée scolaire : La peur de la spéculation sur les fournitures

Les parents d’élèves attendent avec l’angoisse la rentrée scolaire

 

La reprise effective des cours au titre de l’année scolaire 2022-2023 est prévue pour le 3 octobre prochain. Mais déjà, on sent une appréhension chez les parents d’élèves à faire face aux dépenses qui y sont liées.


Surtout au regard de la conjoncture actuelle qui prévaut dans notre pays, après les sanctions économiques et financières, imposées à notre pays du 9 janvier au 3 juin 2022 par la Communauté économique des États l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et l’Union économique et monétaire ouest -africaine (Uemoa).

Les difficultés du pays sont ressenties par nos compatriotes dont les pouvoirs d’achat sont considérablement réduits. Nombre de parents d’élèves vivent cette situation de précarité. Ce qui explique peut-être le tollé suscité par l’annonce de la rentrée scolaire pour le 16 septembre dernier par le département de l’Éducation nationale qui a fini par préciser que cette reprise ne concerne que l’administration scolaire pour peaufiner les derniers réglages, afin d’être sûr de démarrer les cours à la date indiquée.  

La rentrée approche donc à grands pas. Et on ne sent pas la grande sérénité chez les parents d’élèves. Ceux-ci n’apprécient guère de voir les prix des fournitures scolaires prendre l’ascenseur. Ils expriment à qui veut l’entendre leur désarroi moral de vivre un contexte aussi difficile. Votre serviteur est allé à la rencontre de quelques parents d’élèves et revendeurs de fournitures scolaires.

Sinaly Gakou, revendeur de pièces détachées, est père de deux enfants. Une fille qui passe en 3è année cette année et un garçon inscrit en première année, après un passage dans un établissement préscolaire. Ce chef de famille est préoccupé par les multiples dépenses auxquelles, il doit faire obligatoirement face. Il déplore le contexte défavorable marqué par la crise sanitaire, liée à la Covid-19, mais aussi les sanctions économiques, infligées à notre pays, et la guerre en Ukraine.

Oumar Diaw est vendeur de pomme de terre et d’oignon au marché de N’Tabacoro. Ce parent d’élèves se préoccupe de la situation. Il doit faire face aux frais scolaires de ses deux enfants (tous inscrits dans le privé) à raison de 10.000 Fcfa par mois par écolier.

Comme lui d’autres parents attendent de savoir à quelle sauce, ils seront mangés à la veille de la rentrée. C’est le cas d’une veuve qui a requis l’anonymat. Elle aussi parle du contexte économique actuel qui n’est pas favorable. Surtout pour les parents qui vivent des moments difficiles. Elle espère sur le soutien de personnes de bonne volonté pour acheter les fournitures scolaires de sa progéniture.

Yaya Guindo, revendeur de fournitures scolaires (cahiers, livres, sacs) à Niamana, pensait se frotter les mains en cette période. Malheureusement pour lui, les parents d’élèves ne se bousculent pas aux portillons des revendeurs de fournitures scolaires. En tout cas pas pour l’instant. Il reconnaît aussi que les prix ont augmenté. La fourniture scolaire qui était vendue à 500 Fcfa l’année dernière est aujourd’hui cédée à 750 voire 1.000 Fcfa, du fait de la situation économique actuelle du pays.

 Cet autre revendeur de fournitures scolaires, Allaye Tembely, résume la situation à une précarité généralisée. Les temps sont durs pour tout le monde, déclare-t-il.  «Je reçois seulement 4 à 5 clients par jour contre 20 à 25 l’année dernière à la même période», précise le commerçant. Et d’ajouter que le paquet de cahiers de 100 pages était vendu entre 1.100 et 1.250 Fcfa en 2021 contre 1.500 Fcfa cette année. La cherté de la vie est certainement passée par là. Il explique avoir même modifié ses horaires de travail parce qu’avant, il ouvrait sa boutique à  7 heures pour la refermer vers 21 heures. Aujourd’hui, il ne va pas au-delà de 18 heures, faute de clients.

Yacouba Diarra à N’Tabacoro constate aussi que le marché est trop timide. «Je crois que cette situation est due au manque d’argent chez les parents d’élèves». Il rappelle que les autres années, il en tirait grand profit. Il essaie de justifier la conjoncture actuelle chez les parents par la mauvaise saison des pluies de l’année dernière.

Et de dire qu’en 2021, les sacs d’écoliers des classes de 1ère et 2è années étaient cédés entre 1.750 et 2.000 Fcfa.  Ceux des classes de 4è et 5è années coûtaient 4.000, 5.000 voire 7.500 Fcfa à la même période. Il affirme que pour l’instant, les prix n’ont pas connu une hausse.

Espérons que les uns et les autres tirent les enseignements nécessaires pour éviter la spéculation sur les prix des fournitures scolaires. En tout cas, les parents d’élèves attendent dans l’angoisse de pouvoir faire face aux dépenses liées à la rentrée scolaire.

Sidi WAGUE

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