Les officiels visitant les stands
Bamako a accueilli, du 7 au 8 novembre, le premier Salon monétique national du Mali (SamonaM). L’événement, organisé au mémorial Modibo Keïta, est une initiative du Comité monétique national (CMN) et de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Mali (APBEF), en collaboration avec le Groupement interbancaire monétique de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (GIM- Uemoa). Il a mobilisé les acteurs de l’écosystème financier, technologique et institutionnel. La cérémonie d’ouverture des travaux a été présidée par le ministre de l’Économie et des Finances du Mali, Alousséni Sanou, accompagné de son collègue de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo.
Ce salon marque une étape importante dans le processus de modernisation et de digitalisation du système financier malien. Pour cette 1ère édition, le thème retenu était : «La sécurisation des paiements électroniques : enjeux et défis dans l’Uemoa». Un thème qui cadre avec les priorités du GIM-Uemoa dont le fondement est la sécurité de tout système de paiement moderne. Ainsi, le SamonaM fait la promotion de la monétique interbancaire et propose des solutions de paiement électronique au Mali, où le taux d’inclusion financière s’établit à 58%, contre 71% en moyenne dans l’espace Uemoa.
Selon le Directeur général du GIM- Uemoa, Minayegnan Coulibaly, sur plus de 10 millions de transactions par carte au Mali, 89% concernent encore le retrait d’espèces. En revanche, sur 1,27 milliard de transactions mobile money, près d’un tiers sont désormais des paiements, un signe encourageant de transformation. En plus, le pays compte à ce jour 537 Guichets automatiques bancaires (GAB) et 611 Terminaux de paiement électronique (TPE), soit un taux d’accessibilité de 2,19 et 2,5 pour 100.000 habitants. Ce qui en deçà des standards régionaux.
Ces chiffres ne traduisent pas un retard, mais une opportunité immense, celle de bâtir une économie numérique plus fluide, plus sûre et plus inclusive. «L’accès ne suffit plus, l’enjeu est désormais l’usage et la valeur créée par chaque paiement électronique. L’ambition est d’aller au-delà du retrait, pour construire une monétique de transaction connectée à la vie quotidienne, inclusive, interopérable et souveraine, grâce à des innovations entreprises par le GIM- Uemoa», a soutenu Minayegnan Coulibaly. Et d’ajouter que la sécurité n’est pas un frein à l’innovation, mais un catalyseur de la confiance qui passe par la normalisation des paiements, la protection des données et l’authentification forte.
Mme Sidibé Aïssata Koné, présidente de l’APBEF, s’est réjouie du fait que la digitalisation des services financiers dans l’Uemoa progresse à un rythme remarquable. «Les cartes bancaires, les applications mobiles, les paiements en ligne et l’interopérabilité ouvrent des opportunités inédites pour l’inclusion financière et le développement économique. Mais cette avancée s’accompagne d’un défi majeur, garantir la sécurité des transactions, protéger les données et maintenir la confiance des usagers», a-t-elle souligné. Selon elle, la lutte contre la cybercriminalité, la fraude et le blanchiment impose des efforts constants. Elle consiste à investir dans les infrastructures technologiques, renforcer la réglementation et l’interopérabilité entre acteurs et surtout développer une culture de sécurité numérique auprès des utilisateurs.
De l’avis du président du CMN, la monétique n’est plus un simple outil technique. Elle est aujourd’hui un levier stratégique pour l’inclusion financière, la transparence des transactions et la compétitivité de notre économie. Papa Esaïe Keïta a expliqué que ce premier Salon offre une plateforme d’échanges, d’apprentissage et de collaboration pour relever ensemble les défis liés à la sécurité, à l’innovation et à la confiance dans les paiements électroniques.
Le ministre de l’Économie et des Finances a, pour sa part, félicité les organisateurs pour la tenue de l’événement. Alousséni Sanou a rappelé que la transformation numérique du secteur financier n’est plus une option, mais une nécessité économique, sociale et stratégique. Ainsi, dans un contexte international marqué par l’évolution rapide des technologies en matière de paiement, il a affirmé que le Mali se doit de consolider son positionnement en favorisant la digitalisation des services financiers et l’inclusion financière. Une démarche, à travers laquelle le pays contribuera à l’amélioration du climat des affaires, au renforcement de la confiance des usagers, et à la formalisation accrue de l’économie nationale.
Le SamonaM a été marqué par des expositions des banques et Fintechs, des panels, ateliers… Une soirée de Gala et la remise de reconnaissance ont mis fin à l’évènement.
DEMBÉLÉ Siguéta Salimata
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