Sécurité alimentaire : L’État prévoit de l’assistance pour 1,2 million de personnes

Le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga en a donné l’assurance lors de la 19è session du Conseil national de la sécurité alimentaire qu’il a présidée hier à la Primature. À cet effet, plus de 30.000 tonnes de céréales seront mobilisées

Publié mardi 28 mars 2023 à 05:51
Sécurité alimentaire : L’État prévoit de l’assistance pour 1,2 million de personnes

La présente session se tient dans un contexte alimentaire et nutritionnel très difficile pour bon nombre de nos concitoyens

 

 

La rencontre s’est tenue dans les locaux de la Primature en présence des membres du gouvernement et des représentants des partenaires techniques et financiers. Intervenant au nom des partenaires techniques et financiers, Bart Ouvry, le chef de la délégation de l’Union européenne (UE), a indiqué que la situation en 2023 montre des améliorations par rapport à l’année dernière.

En effet, d’après les résultats provisoires du Cadre harmonisé, la situation projetée en juin 2023 dénombre 1,2 million de personnes en crise alimentaire contre 1,8 million l’année dernière dans les zones de Ménaka, Ansongo, Gao, Gourma Rharous et Douentza. Par ailleurs, il y a 4 millions de personnes qui sont en situation de risque alimentaire. En 2022, elles étaient au nombre de 4,4 millions.

Quant aux productions céréalières, d’après les résultats de l’Enquête nationale sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle (Ensan), elles sont en moyenne bonnes, tout comme les conditions pastorales et halieutiques en dépit des poches de vulnérabilité dues à l’insécurité qui se manifeste sur le territoire. Les disponibilités céréalières sur le marché sont bonnes mais les prix, inférieurs à l’année dernière, restent élevés. Quant au prix du bétail, il reste stable. Le nombre de personnes déplacées internes reste stable par rapport à l’année dernière, soit 400.000 personnes.

Selon Bart Ouvry, ce sont plus de 20 milliards de Fcfa qui ont été investis via les dispositifs de l’état pour répondre à la crise. «Nous encourageons le Commissariat à la sécurité alimentaire à poursuivre les efforts. Et nous remarquons, au niveau opérationnel, une meilleure utilisation de la communication jusqu’au niveau local et la responsabilisation des comités locaux qui ont permis une meilleure appropriation et une meilleure gouvernance de l’assistance», a indiqué le chef de la délégation de l’UE. À cela, il faut ajouter l’introduction davantage de céréales transformées pour mieux s’adapter aux habitudes alimentaires des terroirs concernés.

En termes de défis, Bart Ouvry expliquera qu’il y a une nécessité d’utiliser les outils de planification, de suivi et d’évaluation mis à la disposition du Dispositif national de sécurité alimentaire afin de renforcer la coopération avec les partenaires, faire du Plan national de réponse un outil encore plus adaptif et évolutif de réponse permettant aux acteurs de prendre en compte tout type de crise.

 

CONTEXTE DIFFICILE- Prenant la parole, le Premier ministre a rappelé que la présente session se tient dans un contexte alimentaire et nutritionnel très difficile pour bon nombre de nos concitoyens se trouvant dans des zones de précarité et d’insécurité, en dépit des efforts immenses déployés par le gouvernement, tant pour la sécurité des personnes et de leurs biens que dans le domaine plus spécifique de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Il a souligné que les sanctions économiques de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) continuent d’affecter négativement l’économie globale du pays.

Pour Dr Choguel Kokalla Maïga, le Plan national de réponse (PNR) 2023 tentera d’apporter des solutions d’atténuation pour plus de 3 millions de personnes, tout en mettant en cohérence les actions conjointes de l’État et de celles des partenaires du sous-groupe sécurité alimentaire.

En outre, le chef du gouvernement dira que selon l’évaluation provisoire du Système d’alerte précoce à travers le Cadre harmonisé, 1,2 million de personnes sont dans le besoin d’être assistées sur le plan alimentaire et nutritionnel dans notre pays. Et plus de 4 millions de personnes sont dans l’insécurité alimentaire modérée et ont besoin d’être soutenues pour la restauration de leur capital productif, à partir d’activités d’appuis dans les domaines de l’agriculture, du maraîchage, de l’élevage, de la pêche de l’aquaculture et d’autres activités génératrices de revenus.

Ce nombre très important de personnes en difficulté alimentaire et nutritionnelle va mobiliser des moyens techniques et financiers à hauteur du volume exceptionnel de réponses au titre de l’année 2023. Il s’agira donc pour l’État, selon Dr Choguel Kokalla Maïga, d’apporter de l’assistance alimentaire de 30.010 tonnes de céréales aux 1,2 million de personnes vulnérables ; de faire des distributions ponctuelles d’urgence de 2.000 tonnes de céréales ; de procéder à des ventes d’intervention de 15.000 tonnes de céréales et de renforcer les moyens d’existence et la capacité de résilience en mettant en place des boutiques témoins au niveau de certaines communes du District de Bamako.

Les partenaires proposent d’améliorer encore plus la cohérence des interventions des différents acteurs en généralisant l’utilisation du registre social unifié, base de données nationales qui permettra un ciblage adapté des bénéficiaires et une meilleure coordination des interventions.


Oumar SANKARE

Lire aussi : 35 ans de démocratie au Mali : Du sacrifice de 1991 à l’exigence de Refondation

Le 26 mars 1991 demeure une date charnière dans l’inconscient collectif malien..

Lire aussi : Célébration du 26 mars: La nécessité de consolider les acquis de la démocratie

26 mars 1991-26 mars 2026, cela fait 35 ans jour pour jour que le Mali commémore la révolution de son peuple pour l'accession à la démocratie..

Lire aussi : France : Le rappeur Maître Gims placé en garde à vue

L’auteur du tube «Je me tire» serait impliqué dans une affaire de blanchiment d’argent en bande organisée.

Lire aussi : Palais de la culture Amadou Hampâté Bâ : L’espoir est permis en 2026

Le budget 2026 de ce temple de la culture est arrêté en recettes et en dépenses à la somme de 588 millions de Fcfa en 2026, contre environ 616 millions de Fcfa en 2025, soit une baisse de 4,6 %.

Lire aussi : Start-up au Mali : L’accompagnement des incubateurs, un levier pour les jeunes

Des initiatives existent, portées aussi bien par les pouvoirs publics que par les structures d’appui à l’entrepreneuriat. Toutefois, ces efforts demeurent insuffisants pour soutenir pleinement l’innovation.

Lire aussi : ONDD : 75 % des activités réalisées en 2025

Notre pays connaît une transition démographique caractérisée par une jeunesse nombreuse et dynamique. Cette réalité, accompagnée de politiques publiques adaptées, peut constituer un levier puissant pour réduire la pauvreté.

Les articles de l'auteur

Cybercriminalité : le journaliste Youssouf Sissoko condamné à deux ans de prison ferme

Poursuivi pour «diffusion de fausses informations», «atteinte au crédit de l’État» et «offense à un chef d’État étranger», le directeur de publication du journal.

Par Oumar SANKARE


Publié mardi 24 mars 2026 à 09:07

Iran : Le pari du chaos ?

L’hypothèse d’une élimination du Guide suprême iranien par Washington, malgré les mises en garde internes, posait une question stratégique majeure : peut-on provoquer un changement de régime en décapitant son sommet, sans déclencher une dynamique plus radicale encore ?.

Par Oumar SANKARE


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:43

Moyen-Orient : Après les frappes des États-Unis et Israël contre l’Iran, Paris appelle à une réunion urgente de l’ONU

Les États-Unis et Israël ont lancé ce samedi des frappes coordonnées contre plusieurs sites en Iran, marquant une forte escalade des tensions régionales, selon des responsables américains et israéliens, rapporte l’agence de presse américaine Associated Press (AP)..

Par Oumar SANKARE


Publié samedi 28 février 2026 à 14:22

Façonner un avenir de l'IA centré sur l'humain-Sommet Impact IA 2026

À un moment charnière de l'histoire de l'humanité, le monde s'est réuni à New Delhi pour le Sommet Impact IA 2026. Pour nous, en Inde, ce fut un moment d'immense fierté et de joie que d'accueillir des chefs d'État, des chefs de gouvernement, des délégués et des innovateurs venus du monde entier..

Par Oumar SANKARE


Publié mardi 24 février 2026 à 08:42

Communiqué du conseil des ministres du 18 février 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 18 février 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat..

Par Oumar SANKARE


Publié jeudi 19 février 2026 à 08:42

Autorité de développement intégré des États du Liptako-Gourma : l’Institution transformée en Agence d'exécution des projets et programmes de développement de la Confédération AES

L’Autorité de développement intégré des États du Liptako-Gourma (ALG) est désormais transformée en Agence d'exécution des projets et programmes de développement de la Confédération des Etats du Sahel (Confédération AES)..

Par Oumar SANKARE


Publié lundi 22 décembre 2025 à 09:19

Le chef de l’État reçoit les ministres de l’Économie et des Finances de la Confédération

En marge de leur rencontre, les ministres de l’Économie et des Finances de la Confédération des États du Sahel (AES) venus à Bamako pour les travaux de l'assemblée consultative de la Banque confédérale d'investissement et de développement (Bcid-AES) ont été reçus, hier dans l’après-midi au Palais de Koulouba, par le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, non moins Président de la Confédération..

Par Oumar SANKARE


Publié vendredi 12 décembre 2025 à 09:25

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner