«Douleurs et souffrances silencieuses de femmes» : Nafissatou Guindo trempe sa plume dans une triste réalité

L’ancienne candidate malheureuse à l’élection présidentielle française de 2007 et première femme à atteindre le second tour d’une élection présidentielle dans son pays, Ségolène Royal, invitée à présenter son livre intitulé : «Ce que je peux enfin vous dire» dans une émission de débat télévisé, rappelait une triste et navrante réalité. «Beaucoup de femmes s’imposent la loi du silence lorsqu’elles reçoivent des coups, lorsqu’elles sont agressées».

Publié jeudi 27 août 2026 à 10:24
«Douleurs et souffrances silencieuses de femmes» : Nafissatou Guindo trempe sa plume dans une triste réalité

Heureusement que d’autres comme Mme Konaré Nafissatou Guindo prennent la parole au nom de la solidarité féminine pour briser l’omerta et coucher sur les pages d’un livre les souffrances des femmes. Les féministes ont donc de bonnes raisons d’être séduits par son ouvrage titré : «Douleurs et souffrances silencieuses de femmes». C’est un livre qui porte le combat de la femme avec «grand F», mais surtout celles qui pleurent en silence dans les chaumières et réclament intérieurement que la société porte une plus grande attention sur leurs conditions de vie.

L’auteure analyse comment l’urbanisation forcée a effrité les vertus de solidarité, transformant les femmes en bêtes de somme. Elle laisse entrevoir en filigrane, tout le long du livre ou presque, que toute femme doit vivre dignement et pouvoir élever ses enfants. Elle essaie d’être le porte-voix des femmes qui souffrent dans une sorte d’injustice entretenue par une société qui s’appuie sur le poids des traditions. Il s’agit de femmes vertueuses aux parcours faits de sacrifices, de don de soi et de résignation dans la souffrance.

La page couverture du livre propose une illustration poignante avec des visages exclusivement féminins mortifiés par une souffrance morale, bien rendue par des bribes de larmes. L’auteure titille encore les sensibilités à la première page de l’ouvrage. Nafissatou Guindo évoque cru et dru : «Il n’est pas possible pour un individu conscient de vivre dans une société telle la nôtre sans vouloir la changer», exprimant ainsi, «toutes griffes dehors» son indignation de voir les femmes vivre certaines injustices.

Le lecteur en a pour son content d’émotions et de révolte intérieure. Nafissatou glisse aussi sur des préoccupations liées au poids des traditions, à la croyance aux pratiques occultes, surtout à la précarité des familles et la non scolarisation des enfants faute de moyens financiers, entre autres. Elle révèle des vérités enfouies dans un quartier périphérique dont personne ne semble s’en préoccuper.

L’héroïne du livre, Aïché, dont la vie est teintée de violence, de déception conjugale, de corvées et de souffrance morale, est pourtant un modèle d’abnégation, de sacrifice, de don de soi et de résilience. Celle qui avait ses études arrêtées après le Diplôme d’études fondamentales (DEF) pour s’être mariée, sera divorcée, puis remariée. Elle finira par poursuivre ses études, convaincue des prédictions de son père lui assurant la possibilité de les réussir.  Aïché décrochera un diplôme de secrétaire et finira avec le soutien de mécènes et autres bonnes volontés, notamment Nafissatou Guindo, par créer une école pour scolariser nombre d’enfants du quartier. 

Une autre figure de l’ouvrage est Adama Diarra, cousine d’Aïché. Elle aussi a été violentée dans un premier mariage, avant de contracter un second. Après voir obtenu une maitrise en psycho-pédagogie à l’École normale supérieure (Ensup), elle broiera du noir pendant des années. Elle postule et échoue au concours de recrutement des maitres de l’Institut de formation des maitres (IFM) et opte finalement pour la solution de facilité : la mendicité comme si le chômage menait à tout.

Elle retournera au village pour y vivre dignement et avec le soutien de philanthropes qui la “perfusait” avec une subvention de 50.000 Fcfa par mois pendant quelques mois. Les récits de Bintou et de Niéléba Diarra aussi contés dans l’ouvrage attestent que leurs conditions n’étaient guère meilleures, bien au contraire, elles sont même humainement indignes. 

Nafissatou Guindo ratisse large et brode les sociétés multiculturelles, les exigences de la vie urbaine et ce que l’État doit faire, entre autres. Inspecteur des Services économiques, Nafissatou a fait valoir ses droits à la retraire en 2008 après quarante ans d’expérience. Elle a fait montre d’un engagement associatif constant et d’un humanisme au service de l’autre, notamment des femmes qui vivent des souffrances et sont atteintes dans leur chair et âme.

Brehima DOUMBIA

Lire aussi : Centre soleil d’Afrique : Une immersion créative

Après trois jours d’atelier de création intitulé : « Immersion créative 72 heures», le Centre Soleil d’Afrique a restitué, samedi dernier, les résultats de création de 15 artistes de diverses disciplines..

Lire aussi : Musique et danses : Le palais de la culture Amadou Hampate Ba vibre aux rythmes des grandes voix maliennes

Le Palais de la culture Amadou Hampâté Bâ a vibré, vendredi 2 octobre 2026, aux rythmes des grandes sonorités de la musique malienne, à l’occasion d’un concert live gratuit ayant réuni un nombreux public..

Lire aussi : Adama Diabaté : Un virtuose des musiques mandingue et urbaine

À la fois guitariste prodige, auteur, compositeur, arrangeur et directeur musical, Adama Diabaté s’impose comme un architecte discret des plus grands succès de la scène locale et internationale..

Lire aussi : Fidab : La deuxième édition se tiendra en janvier à Bamako

La deuxième édition du Festival international du documentaire africain de Bamako (Fidab) est prévue du 08 au 17 janvier prochain au Palais de la culture Amadou Hampaté Ba. L’information a été donnée, vendredi dernier, au Centre national de la cinématographie du Mali (Cncm), à la faveur dâ.

Lire aussi : La Foire aux disques : Dialogue entre mémoire et modernité

La première édition de la «Foire aux Disques» s’est déroulée du 24 au 27 septembre dernier au Palais de la culture Amadou Hampaté Ba (PCAHB) sous le thème : « La Musique : hier, aujourd’hui et demain »..

Lire aussi : Festival culturel Fêrêba : Le balafon au cœur du patrimoine culturel

La 2è édition du Festival culturel Fêrêba s’est déroulée du 25 au 26 septembre dernier à Kalabancoro sous le thème : «Balafon, patrimoine culturel du Mali, facteur de l’éducation et de la cohésion sociale»..

Les articles de l'auteur

«États d’âme» de Amara Malé Diallo : Dans le sillage des grands

Du journalisme à l’écriture des poèmes, il y a un grand pas que le journaliste sportif et ancien présentateur de JT du 20 heures de l’ORTM, Amara Malé Diallo, a allègrement franchi avec son livre: «États d’âme», un recueil de poèmes..

Par Brehima DOUMBIA


Publié lundi 20 avril 2026 à 08:12

Hamadoun Touré invité de l’émission train littéraire : Amadou Hampaté Bâ porté au pinacle

Train littéraire (voyage autour de la littérature) dans un restaurant de la place, ce jeudi 19 février. Hamadoun Touré, une figure intellectuelle influente et ancien ministre de la Communication, est l’invité de cette émission de Joliba TV News pour parler de son livre intitulé : «De l’aube au crépuscule d’un siècle», une conversation avec Amadou Hampaté Bâ..

Par Brehima DOUMBIA


Publié lundi 23 février 2026 à 08:47

«De l’aube au crépuscule d’un siècle» : À la redécouverte d’Amadou Hampâté Bâ

Dans cet ouvrage, Hamadoun Touré nourrit notre curiosité sur l’illustre écrivain, Amadou Hampâté Bâ, qui a su traverser le temps. Les œuvres de ce grand défenseur de l’oralité sont intemporelles et l’ancien ministre chargé de la Communication nous le prouve dans ce livre palpitant.

Par Brehima DOUMBIA


Publié mercredi 11 février 2026 à 08:35

L’insaisissable «Messi»

«Messi». Ne vous méprenez pas. Ce n’est pas le célébrissime footballeur argentin, octuple ballon d’or de France football, qui donne du plaisir aux passionnés du beau football, notamment le jeu léché..

Par Brehima DOUMBIA


Publié mercredi 04 juin 2025 à 07:31

Rencontre des anciens du Groupe scolaire de Badalabougou : La fête fut belle

Rencontre annuelle des anciens élèves des promotions 1972 à 1985 du Groupe scolaire Mamadou Goundo Simaga de Badalabougou, samedi 23 mai..

Par Brehima DOUMBIA


Publié mardi 27 mai 2025 à 07:52

Rencontre des acteurs de la communication : Utile à bien des égards

L’atelier a permis de dissiper des incompréhensions qui pourraient exister entre les acteurs de la communication. Mais aussi de s’inscrire globalement dans une dynamique de régulation rigoureuse du secteur.

Par Brehima DOUMBIA


Publié vendredi 16 mai 2025 à 07:45

Acteurs de la communication : Le ministre Alhamdou Ag Ilyène appelle à la cohésion

Le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, a officiellement ouvert, hier dans un hôtel de Banankoro, l’atelier d’échanges et de partage entre les acteurs de la communication. Une rencontre organisée à son initiative personnelle. C’était en présence de ses collaborateurs, notamment le secrétaire général, Alkaïdi Amar Touré..

Par Brehima DOUMBIA


Publié jeudi 15 mai 2025 à 08:15

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner