Éducation et culture : le choix juste pour l’avenir du Mali

La décision du Président de la Transition, Son Excellence le Général d’Armée Assimi Goïta, Chef de l’État de proclamer la période 2026-2027 Année de l’Éducation et de la Culture résonne profondément en moi, au regard de mon parcours et de mon engagement de longue date en faveur de ces deux secteurs essentiels.

Publié mardi 17 février 2026 à 08:32
Éducation et culture : le choix juste pour l’avenir du Mali

Pour avoir représenté notre pays auprès de l’UNESCO, de 2024 à 2021, j’ai pu mesurer combien l’éducation et la culture constituent les fondations véritables du développement durable, de la paix et de la souveraineté des nations. Aucun pays ne peut durablement se relever, ni affirmer sa place dans le concert des nations, sans une école solide et une culture vivante, assumée et transmise.


En plaçant l’éducation au cœur de l’action publique, les autorités de la Transition font le choix d’investir dans le capital humain, cette richesse inestimable qui façonne les citoyens, les cadres et les leaders de demain. Former un Malien patriote, compétent et responsable n’est pas un slogan : c’est une exigence historique pour un pays qui aspire à la stabilité, à la dignité et au progrès partagé. 

Nelson MandelaANDELA a dit que « L’éducation est l’arme la plus puissante que vous puissiez utiliser pour changer le monde. ». Cette phrase souligne le rôle fondamental de l’éducation comme moteur de transformation individuelle et collective. En parlant d’arme, Mandela n’évoque pas la violence, mais au contraire un moyen pacifique et durable de lutter contre l’injustice, l’ignorance et les inégalités.

L’éducation permet d’abord à chacun de développer son esprit critique, de comprendre le monde qui l’entoure et de faire des choix éclairés. Une personne éduquée est mieux armée pour défendre ses droits, participer à la vie démocratique et refuser les discours de haine ou de manipulation. À l’échelle d’une société, l’éducation favorise le progrès social, économique et culturel, en ouvrant l’accès aux connaissances et aux opportunités. Dans le parcours de Mandela lui-même, cette idée prend tout son sens : face à l’apartheid, système fondé sur l’exclusion et l’ignorance, l’éducation apparaissait comme un levier essentiel pour construire une société plus juste et réconciliée. Changer le monde ne passe donc pas seulement par des lois ou des révolutions, mais par la formation des consciences.

Ainsi, cette citation rappelle que l’éducation est un investissement à long terme, capable de transformer les mentalités et de bâtir un avenir plus équitable. Elle est une force silencieuse mais profondément puissante, car elle agit à la racine des problèmes humains. La culture, quant à elle, n’est pas un simple héritage du passé. Elle est une force vivante, un levier de cohésion sociale et un rempart contre la perte de repères. Intégrer pleinement nos valeurs culturelles dans le système éducatif, c’est renforcer le sentiment d’appartenance nationale et transmettre aux jeunes générations la fierté d’être Malien, Africain et porteur d’une civilisation riche et respectée. La culture, c’est ce qui fait aussi l’humain. Cette formule affirme une idée forte : l’humain ne se définit pas seulement par sa biologie, mais par ce qu’il apprend, transmet et transforme.

Dire que « la culture, c’est ce qui fait l’humain », c’est rappeler que l’être humain devient humain par l’éducation, le langage, les traditions, les arts, les normes et les valeurs. Sans culture, il n’y aurait ni pensée symbolique, ni morale, ni histoire commune. Mais cette phrase invite aussi à nuancer. La culture ne crée pas l’humain à partir de rien : elle s’appuie sur une base biologique. L’humain est donc à la fois nature et culture. La culture ne remplace pas la nature, elle la prolonge, la façonne et parfois la contredit.

Enfin, cette définition a une portée éthique et politique. Si la culture fait l’humain, alors refuser l’accès à la culture, c’est limiter l’humanité de quelqu’un. À l’inverse, reconnaître la pluralité des cultures, c’est reconnaître la diversité des manières d’être humain. En somme, cette phrase souligne que l’humanité n’est pas un simple état, mais un processus, toujours en construction, porté par la culture. C’est pourquoi, l’UNESCO nous enseigne que l’éducation transforme des vies et que la culture rapproche les peuples. En décrétant 2026-2027 Année de l’Éducation et de la Culture, le Mali s’inscrit résolument dans cette vision universelle, tout en affirmant sa souveraineté et son identité propres.

 Il appartient désormais à tous, État, collectivités, enseignants, artistes, parents, secteur privé et partenaires de traduire cette orientation politique en actions concrètes et durables. Le succès de cette initiative dépendra de notre capacité collective à en faire une cause nationale.

À mes yeux, ce choix stratégique est non seulement pertinent, mais indispensable. Il ouvre une voie d’espérance pour un Mali nouveau, conscient de ses racines, confiant en son avenir et résolument tourné vers l’excellence.

Dr. Oumar KEÏTA, ancien Ambassadeur, Délégué permanent du Mali
auprès de l’UNESCO, Directeur de l’Institut des Etudes Stratégiques pour le Sahel.



************


Nous avons le plaisir de vous annoncer la sortie d’un livre consacré au Parcours de Sékou Bassary Touré : cheminot, tirailleur et enseignant. Le récit est une œuvre de mémoire, de témoignage et d’analyse historique consacrée à l’itinéraire singulier d’un homme dont le parcours épouse, à bien des égards, les soubresauts politiques, sociaux et culturels de l’Afrique de l’Ouest contemporaine. 


Parcours de Sékou Bassary Touré a été écrit par Seidina Oumar Dicko, journaliste, historien, écrivain et s’adresse aussi bien aux passionnés d’histoire qu’aux lecteurs en quête de récits inspirants, ancrés dans la réalité africaine.

Publié par Edisal à Dakar en janvier 2026, l’ouvrage est désormais disponible à Bamako auprès de Mamadou Sékou Touré au prix de 10.000 Fcfa. CEL : +223 66 76 72 51 

Lire aussi : Tribunal Commune VI: Des affaires de viol, assassinat et pédophilie au rôle de la chambre criminelle

Dans le cadre de la mise en œuvre des réformes engagées au sein de la justice malienne, le tribunal de grande instance (TGI) de la Commune VI du District de Bamako a procédé à l'ouverture de la première session ordinaire de sa chambre criminelle. La cérémonie solennelle s'est tenue ce mer.

Lire aussi : Justice : Près d’une centaine de nouveaux magistrats prêtent serment

Selon le représentant du ministère de la justice, c’est le symbole d'une justice rajeunie et dynamique.

Lire aussi : Dr Abdoulaye Konipo, cofondateur de BIOMED Mali S.A : «L’afrique doit construire son propre modèle d’industrialisation pharmaceutique»

À l’issue du Regional Health Investment Forum Mauritania 2026, Dr Abdoulaye Konipo, pharmacien industriel, entrepreneur malien et cofondateur de BIOMED Mali S.A, revient sur les enseignements de cette rencontre consacrée à l’investissement et au commerce pharmaceutique au sein de l’Organisa.

Lire aussi : Déformation de l’histoire de Soundiata Keïta : La condamnation ferme du Grand Forum et des Jeunes du Mandé

Le Grand forum du Mandé et la Coordination des jeunes ont organisé, samedi dernier, au Mémorial Modibo Keita, une assemblée générale extraordinaire sur le sujet.

Lire aussi : Koulikoro : La ministre Diarra Djénébou Sanogo lance les préparatifs de la journée panafricaine des femmes

La Région de Koulikoro prépare le lancement officiel de la Journée panafricaine des femmes, prévue le 31 juillet. À cet effet, la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Diarra Djénébou Sanogo, a effectué, jeudi dernier, une visite de travail dans la capital.

Lire aussi : Tenenkou : Les autorités renforcent le dialogue avec les jeunes et lancent les travaux d’un parc à bétail moderne

Les autorités administratives de Tenenkou ont mené, lundi 27 juillet, deux activités majeures marquées par une rencontre d’échanges avec le Bureau communal de la jeunesse et la pose de la première pierre d’un parc à bétail moderne, destiné à renforcer les infrastructures d’élevage d.

Les articles de l'auteur

La fin de la reconnaissance de la République Saharaoui par la République du Mali

Le gouvernement malien a officiellement motivé sa décision par une "analyse approfondie" du dossier du Sahara, qu'il juge avoir "un impact sur la paix et la sécurité sous-régionales»..

Par


Publié vendredi 24 avril 2026 à 08:33

Communiqué du conseil des ministres du 23 avril 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le jeudi 23 avril 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat..

Par


Publié vendredi 24 avril 2026 à 08:28

Étudiants de l’ESJSC : En immersion à l’Amap

Les étudiants en licence I de l'École supérieure de journalisme et des sciences de la communication (ESJSC) ont effectué, lundi dernier, une visite à l’Agence malienne de presse et de publicité (Amap). Ces futurs journalistes et communicateurs ont été guidés dans leur immersion à l’Amap par le journaliste Moriba Coulibaly..

Par


Publié mercredi 22 avril 2026 à 08:04

Accès à l’eau potable : Le président Goïta soulage la population de Yirimadio

Le Président de la Transition leur a gracieusement offert deux forages dans le cadre de ses œuvres sociales qui ont déjà fait de nombreux heureux à travers le pays.

Par


Publié mercredi 22 avril 2026 à 08:01

Ziyara de feu imam Cheick Ousmane Haïdara Khalafo : La foi et la communion

La 33e édition de la ziyara commémorative du décès de feu l’Imam Cheick Ousmane Haïdara Khalafo à Hamdallaye s’est tenue samedi dernier. Cet événement a rassemblé de nombreux fidèles musulmans venus de Bamako et d’autres régions pour témoigner leur attachement à la mémoire de l’illustre disparu et renforcer les liens de fraternité..

Par


Publié mardi 21 avril 2026 à 08:13

Journée internationale des monuments et des sites : Un engagement clair pour la protection du patrimoine culturel

À l’occasion de la Journée internationale des monuments et des sites que consacre le 18 avril de chaque année, le Conseil international des monuments et des sites (Icomos), en partenariat avec l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), a organisé, le week-end dernier au Mémorial Modibo Keïta, une conférence-débat sous le thème: «La traduction et l’interprétation des notions et concepts du patrimoine culturel en bamanakan»..

Par


Publié mardi 21 avril 2026 à 08:11

Recueil 2026 : Le CESEC à l’écoute de nos compatriotes établis en Chine

Une délégation du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), conduite par Yacouba Katilé, président de l’institution, séjourne en République populaire de Chine. Et ce, dans le cadre de la mission de collecte des attentes, des besoins et des problèmes de nos compatriotes établis à l’extérieur, assignée par les dispositions de l’article 165 de la Constitution..

Par


Publié mardi 21 avril 2026 à 08:00

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner