Instrument traditionnel de musique : Le Niôgo, un instrument fédérateur

Le «Niôgo» est un ensemble instrumental traditionnel de musique de la communauté Minianka. C’est une forme de percussion qui accompagne toutes les cérémonies au village, notamment les mariages, retrouvailles de jeunes, fêtes traditionnelles et rencontres communautaires et culturelles.

Publié mardi 03 mars 2026 à 08:35
Instrument traditionnel de musique : Le Niôgo, un instrument fédérateur

Le Niôgo rassemble onze musiciens, chacun  avec un instrument différent

 

 Il reste profondément enraciné dans la mémoire collective de la communauté minianka. Contrairement à certains instruments mystiques de la localité, il ne nécessite aucun sacrifice avant d’être joué par un individu. «Niôgo» a été créé pour rendre hommage à une femme digne, qui accompagna son mari à sa dernière demeure. Restée fidèle à son époux durant toute sa vie, elle fut honorée reine de la communauté. Selon les dires de la communauté, «Niö» signifie en langue minianka la deuxième fille de sa mère. Ce nom était attribué à une courageuse dame qui a consacré toute son existence au service de son foyer. Aucune famille n’est spécifiquement désignée pour jouer le «Niôgo».

Le célèbre artiste et joueur attitré de «Niôgo», Ngôlo Fasi Sogoba, le confirme: Tout le monde peut l’apprendre et le jouer lors des événements. Celui qui pratique cet instrument depuis plus de 40 ans a appris auprès de son père. À l’époque, souligne la star de Diaramana dans la Région de Koutiala, on le jouait uniquement au village pour créer de l’ambiance. «Ce n’était pas une question d’argent, contrairement à ce qui se passe actuellement », dit-il avec amertume. Néanmoins, Ngôlo est fier de constater que l’instrument continue de jouer un rôle fédérateur au sein de la communauté Mamaala. «Aujourd’hui, on peut bien dire que l’instrument va continuer à résonner, car plusieurs jeunes sont déjà initiés, dont mon fils qui le maîtrise bien», confie-t-il.

Selon notre interlocuteur, le Niôgo rassemble onze musiciens, chacun avec un instrument différent, notamment le N’bôlo, le Baara, le Djimé, le tam-tam,qui accompagnent le Niôgo.  Généralement, ce sont les femmes qui chantent pour accompagner le Niôgo. L’instrument leur est dédié, raison pour laquelle l’honneur leur revient de chanter. Aujourd’hui, l’une des voix les plus connues en la matière est celle de Wassa Sogoba qui explique comment elle a intégré le groupe de Niôgo : «Ce sont mes grands-frères qui ont sollicité mon mari pour que je devienne chanteuse de Niôgo. J’avais une voix sublime».

Le président de l’Association pour le développent de Somasso et fervent défenseur de sa culture, le journaliste Markatié Daou, ne cache pas joie de voir cet instrument ancien résisté au temps. «Une vive incompréhension avait éclaté dans mon village dans les années 1997-2001. Presque toutes les voies de médiation avaient été explorées sans succès. Appelée en médiatrice, la troupe de Niôgo de Diaramana a pu éteindre le feu au terme d’une journée de prestation», se rappelle-t-il. Pour le journaliste, «Niôgo» est un instrument unique en ce sens qu’il peut faire oublier les soucis et même les tensions intercommunautaires.

 «Je ne souhaite pas que cet instrument perde sa valeur ou qu’il manque de joueurs un jour. Pour cela, je souhaite qu’il y ait un centre de formation où des jeunes passionnés de Niôgo reprendront le flambeau aux anciens qui ont fait connaître cet instrument», plaide Markatié Daou.

Et à Mme Kadidiatou Goïta, diplômée de la Faculté des sciences administratives et politiques (FSAP), de renchérir: «Niôgo est l’un des instruments de musique qui affiche l’identité de toute la communauté. J’aime cet instrument parce qu’il n’exclut aucune couche sociale. Tout le monde peut danser facilement au son de cet instrument.»

Moussa DEMBELE

Lire aussi : Bogolan : Entre héritage ancestral et défis de la modernité

Symbole d'identité et d'élégance, le bogolan incarne un héritage culturel profondément enraciné dans la tradition malienne. Plus qu'un simple tissu, il est une signature qui impose le respect. Au Mali, cet artisanat reflète l'âme et l'histoire d'un peuple. De Bamako à Mopti, des hommes dév.

Lire aussi : Amadou Niangaly : Un artisan bâtisseur

Il surmonte admirablement son handicap physique et arrive à apporter un coup de main aux autres..

Lire aussi : Ciné-Palais : Un nouveau souffle pour le cinéma malien

Initiative conjointe du Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM) et du Palais de la Culture, cet espace est dédié à la promotion du cinéma national et porteur d’espoir pour les acteurs du secteur.

Lire aussi : Artisanat : Pour une commande publique accessible aux artisans

La décision des autorités relative à la commande publique des produits locaux «Made in Mali», suscite un vif enthousiasme dans le secteur artisanal. Cette volonté stratégique vise à encourager le consommer local, soutenir les artisans et contribuer durablement au développement socio-écon.

Lire aussi : 20 ans après la disparition d’Ali Farka Touré : Afin que nul ne l’oublie

Dans le cadre de la célébration des 20 ans de la disparition de l’artiste et icône de la musique malienne, Ali Farka Touré, la Fondation dédiée à son nom a organisé, samedi dernier au Centre international de conférences de Bamako (CICB), une nuit d’hommage à l’ancienne gloire du Word.

Lire aussi : Miss intello : Pour plus de leasership intellectuel feminin

«Miss Intello» connaissez-vous ? C’est un concept innovant et inspirant qui met en lumière le potentiel intellectuel, créatif et entrepreneurial de la gent féminine. Son objectif est de valoriser l’intelligence, le leadership et la créativité de la femme à travers des projets concrets et.

Les articles de l'auteur

Amadou Niangaly : Un artisan bâtisseur

Il surmonte admirablement son handicap physique et arrive à apporter un coup de main aux autres..

Par Moussa DEMBELE


Publié vendredi 17 avril 2026 à 08:23

Enfants démunis : Le défi de la scolarisation

Faute de moyens financiers des parents, la précarité menace leur avenir et fragilise la société.

Par Moussa DEMBELE


Publié vendredi 10 avril 2026 à 08:28

Semaine nationale du Mamaala : Un brassage culturel

Yorosso, une ville située à plus de 500 km de Bamako et dans la Région de Koutiala, a accueilli du 5 au 8 février dernier la 4è édition de la Semaine nationale du Mamaala sous le thème : «Célébrons notre culture, facteur de paix, de cohésion sociale et de développement durable»..

Par Moussa DEMBELE


Publié jeudi 12 février 2026 à 08:50

Radio : Un travail méticuleux au quotidien

La radio reste l’un des médias les plus écoutés au Mali. On en compte plus de 300 dans notre pays (radio nationale, radios rurales, radios communautaires et commerciales). Les journalistes de la radio abattent un travail exigeant pour bien informer, sensibiliser et éduquer les populations.

Par Moussa DEMBELE


Publié jeudi 12 février 2026 à 08:49

Bamako : A cause d’un détail physique, il divorce d’avec sa nouvelle mariée

«Les dimanches à Bamako, c’est le jour des mariages », disait le couple de non voyants Amadou et Mariam dans une de leurs chansons. Ces artistes sont partis d’un constat qui, à la limite crève les yeux. Cependant, autant les mariages sont célébrés dans la cité des Trois caïmans, autant les divorces sont prononcés par les juges dans les tribunaux de la même ville..

Par Moussa DEMBELE


Publié mercredi 11 février 2026 à 08:54

L’enseignement franco-arabe à Bamako : Quand le système attire des apprenants

La communauté internationale célèbre, le 18 décembre, la Journée mondiale de la langue arabe. Dans notre pays, les medersas ont largement contribué à la promotion de cette langue parlée par plus de 400 millions de personnes à travers le monde. Ces établissements ont été confinés pendant longtemps à un rôle d’enseignement de la religion et de la langue arabe. Aujourd’hui, ils donnent accès à d’autres opportunités.

Par Moussa DEMBELE


Publié jeudi 18 décembre 2025 à 08:26

Bamako : Triste fin d’un jeune mécanicien

Les accidents de travail sont monnaies courantes. Comme pour dire que chaque métier à ses risques. Cependant, il suffit de prendre le minimum de précaution pour être à l’abri d’un accident mortel..

Par Moussa DEMBELE


Publié jeudi 20 novembre 2025 à 08:19

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner