Les témoignages donnés par certains consommateurs sur le phénomène font froid dans le dos
La
rumeur se fait insistante, depuis des mois, le formol, également connu sous le
nom de formaldéhyde, s’infiltrerait insidieusement dans nos assiettes. Ce
produit servant notamment à embaumer les cadavres, serait utilisé par des
bouchers et des vendeurs de poissons pour ralentir le processus de
décomposition de leurs produits. Aussi, des vendeurs de fruits et de légumes y
font recours pour faire murir ou donner un semblant de fraîcheur à leurs
marchandises.
Comment détecter la présence du formol dans un aliment et s’en prémunir ? Dans des vidéos, des utilisateurs des réseaux sociaux ont révélé un indice qui trahit les bouchers et vendeurs de poissons peu scrupuleux : les mouches ne rôdent jamais autour de leurs produits, même exposés à l’air libre.
Au
détour d’une course au marché de Kalaban, l’étal de Mohamed (nom d’emprunt)
attire notre attention. Le jeune boucher a visiblement une astuce que ses
collègues, envahis par les mouches, ignorent. Approché, il réfute naturellement
l’usage d’une quelconque substance prohibée. Cependant, concède-t-il, il y a
une «poudre qui permet d’éloigner les insectes».
Au quartier Golf, un autre boucher avoue l’utilisation de la même poudre, sans pourvoir nous donner son nom. Le produit, dit-il, est accessible auprès des vendeurs ambulants qui vendent les raticides et autres poisons destinés à tuer les insectes.
Tous
les bouchers que nous avons rencontrés affirment avoir entendu parler du
formol. Mais aucun n’a avoué qu’il l’utilise. Et même les services techniques
compétents en la matière ont du mal à dissiper les doutes. À l’Agence nationale
de la sécurité sanitaire des aliments (Anssa), l’on dit également «avoir
entendu que des bouchers utilisent le formol pour la conservation de la
viande». Mais, pour la structure, «l’information reste officieuse car aucune
étude à ce jour ne la prouve».
Une société de la place qui vend ce produit chimique, n’a pas voulu s’exprimer sur le profil de ses clients.
En revanche, Mamadou Cissé, ingénieur bio-chimiste à la retraite, confirme que beaucoup utilisent du formol pour conserver le poisson, le poulet et la viande. Mais également pour faire murir les légumes et fruits. Pour cet ingénieur, il est facile à savoir s’il est utilisé car on voit que les fruits sont mûrs à point mais les pépins restent verts. «Les tomates bien mûres aux pépins encore verts, les légumes aux feuilles fraîches malgré la chaleur, la viande qui n’attire aucune mouche sur les étals… sont quelques signes de la présence de formol», explique le retraité qui précise que le formol est un conservateur très efficace mais très dangereux.
PRÉOCCUPATION
CROISSANTE- Les ménagères, elles, ont longtemps compris que des pratiques
nouvelles peu orthodoxes sont adoptées par certains bouchers. «C’est avec le
temps que j’ai compris qu’une substance est utilisée pour conserver la viande
et peu importe le lieu où on achète», confie Mamy Cissé. Pour des raisons d’hygiène,
cette mère de famille achète la viande dans un supermarché de la place. Elle se
croyait à l’abri jusqu’au jour où elle a oublié, dans sa voiture et pendant des
heures, une bonne quantité de viande. «Quand je suis rentrée à la maison, j’ai
oublié de faire sortir la viande. Et le lendemain, j’ai été surprise de
constater que la viande n’a ni changé d’odeur ni de couleur. Je l’ai retrouvée
telle que je l’avais achetée la veille», raconte Mamy.
Mariam
Diarra, elle, a été alertée par une vidéo sur Tiktok. Depuis, elle a dit à son
aide-ménagère de «faire le tour du marché pour acheter la viande où il y a
beaucoup de mouches». La mère de famille prend également toujours le soin de
toujours tremper les légumes et fruits dans l’eau de charbon de bois ou, à défaut,
dans l’eau de bicarbonate de soude.
Aïchata
Doumbia aussi témoigne, dénonçant surtout l’impact des produits chimiques
utilisés par les vendeurs. «L’autre jour, j’ai acheté du poisson qui avait
l’air frais, mais une fois mis dans l’eau, tout s’est détaché. C’est ce qui
arrive aussi avec les fruits et légumes. En moins d’une journée, ils se fanent
ou sentent mauvais même s’ils sont gardés à l’air libre ou au réfrigérateur»,
explique-t-elle. La seule méthode que notre interlocutrice a trouvée pour que ces
produits gardent un semblant de fraîcheur, c’est de les garder au congélateur.
Toujours
est-il que l’utilisation abusive du formol dans l’industrie alimentaire suscite
une préoccupation croissante dans notre sous-région. Selon un spécialiste en
hygiène alimentaire, les poulets et croupions qui nous viennent de l’étranger
sont injectés de formol. Le produit sert à gonfler, pour augmenter le volume ou
le poids, des surgelés importés de l’étranger.
Or,
cette substance chimique est classée comme cancérigène par l’Organisation
mondiale de la santé (OMS). Elle peut causer des problèmes de santé graves. Une
étude publiée dans le Global Journal of Biology, Agriculture and Health
Sciences précise que l’ingestion du formol peut provoquer des étourdissements,
des ulcères, des maladies cardiaques, des maladies de la peau, des
insuffisances pulmonaires ou rénales et beaucoup d’autres. Raison pour laquelle
sa manipulation nécessite des protections adéquates : blouse, gants, lunettes
de protection et hotte ventilée.
Selon
le directeur général du Laboratoire central vétérinaire (LCV), Boubacar Madio
dit Aladjogo Maïga, le formol est utilisé dans la production des vaccins morts
(le pastovin, pastobov, clostrivac et anthravac). Il rentre aussi dans les
opérations de désinfection des salles de laboratoire pour décontaminer
celles-ci et éviter tout échappement des agents pathogènes vers l’environnement
extérieur. C’est dire que le formol
représente un réel danger pour la santé publique.
Les services spécialisés dans la protection des consommateurs devraient davantage s’intéresser au sujet. En attendant, face à la menace, il est possible de recourir à des solutions simples et naturelles. Selon l’ingénieur bio-chimiste Mamadou Cissé, l’utilisation de charbon de bois des arbres fruitiers s’avère une méthode efficace pour débarrasser les aliments des résidus toxiques. «Tremper les aliments dans une eau enrichie de charbon pendant une trentaine de minutes est une pratique à adopter pour limiter les risques», conseille le spécialiste.
Anta CISSÉ
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