Un échangeur multiple (photo d’illustration)
Commençons par poser la question
qui suit : C’est quoi une vision pour un pays ? La vision est une notion
abstraite, elle est de l’ordre de l’idée. C’est une imagination, un rêve, que
l’on esquisse pour le pays. Elle indique la voie, le chemin, la manière par
laquelle le pays peut atteindre le niveau souhaité en terme de développement
industriel, économique, social et culturel. La vision n’est pas un but à
atteindre. C’est pourquoi, elle ne comporte pas obligatoirement une date
butoir. En effet, la vision doit continuer à produire des effets, à tirer le
pays vers le haut pendant des siècles et des siècles. Elle a ceci de
caractéristique qu’elle transcende les mandats électifs des dirigeants et
enjambe les doctrines des partis politiques.
En clair, la vision est un construit cognitif, empreint d’initiative, qui part d’une claire conscience de l’environnement dans lequel nous baignons pour embrasser la globalité des actions qui convergent immanquablement vers le développement. Elle est la source de tous les projets intégrateurs qui constituent l’ossature de l’édifice national. Elle conditionne la cohérence dans l’action et la constance dans l’effort, ce qui permet de garder le cap malgré les aléas structurels et conjoncturels : C’est la condition de la stabilité sur le long terme - la caractéristique principale des grandes nations.
Donc pour que le Mali redevienne
une grande nation, il faut le doter d’une vision nationale.
À titre d’exemple, la vision
«Angleterre - Reine des mers» qui a fait de la Grande-Bretagne la première
puissance économique du monde au 17è siècle, continue de produire des effets
aujourd’hui encore, quatre siècles après. Aussi, la vision qui a fait de la
France, une puissance coloniale au 17è siècle, lui permet aujourd’hui encore,
d’accéder aux ressources des anciennes colonies et des territoires d’outre-mer
à vils prix.
La vision-objet du présent
document part du postulat que le Mali a connu trois grands empires et qu’à
chaque fois qu’un empire malien s’est écroulé, un autre s’est élevé à sa place
dans une période de temps allant de 100 à 180 ans. D’abord ce fut les
Almoravides qui ont envahi l’empire du Ghana en 1071. Après 174 ans, en 1235,
l’Empire du Mali est né sur ses cendres. 100 ans après l’Empire du Mali, le
Songhoï s’est élevé. Il a été détruit par les Marocains et les Andalous, à la
suite de la bataille de Tondibi en 1592. Depuis cette date, le Mali est dans
les ténèbres. Pourquoi ? C’est tout simplement dû au fait que le Mali a cessé
d’être le carrefour qu’il était.
En effet, le fait qu’on arrivait à se relever à chaque fois, n’était pas lié à une supériorité quelconque par rapport aux autres peuples de la région, c’était tout simplement dû à une réalité objective-le Mali était carrefour, situé à la confluence des routes commerciales : d’une part, les routes caravanières sahariennes pratiquées par les chameaux qui reliaient le Mali au Maghreb, voire au-delà, à l’Europe et au Moyen-Orient. Et de l’autre côté, les routes commerciales utilisant les ânes comme moyens de transport qui reliaient le Mali au pays de la côte.
RELÉGUÉS À L’ARRIÈRE-PLAN- La
bataille de Tondibi et la chute de l’Empire Songhoï ont trouvé que la
navigation maritime avait déjà pris son essor. La boussole chinoise avait déjà
4 siècles d’utilisation. Christophe Colomb avait découvert l’Amérique en 1492,
soit 100 ans avant la bataille de Tondibi. Fernand de Magellan lui, avait déjà fait
le tour du monde entre 1519 et 1522. Les voix maritimes étaient désormais
ouvertes et avaient commencé à prendre l’ascendance sur les routes caravanières
qui s’estompaient peu à peu. Les bateaux à vapeur ont commencé à remplacer les
bateaux à voiles, le compas était déjà fonctionnel. Les mers devenaient-les
autoroutes du commerce international. Aujourd’hui encore 90% des marchandises
transitent par les mers et les océans.
À la faveur de l’essor de la
navigation maritime, les pays situés sur la côte tels que la Côte d’Ivoire, le
Sénégal, etc. ont pris leur envol. Par contre les pays comme le Mali, autrefois
situés au carrefour du commerce international, se sont vus relégués à
l’arrière-plan. D’où la nécessité de replacer le Mali dans la situation de «pays
carrefour», d’en faire un passage obligé, bref un «Sira ba dala kôlon : Ni y
taa tô mi minh i naa tô bi i min».
Comment cela est-il possible?
C’est simple, il s’agit
d’exploiter la centralité du Mali en Afrique de l’Ouest en développant les
infrastructures de transport de telle manière qu’il devient naturel pour les
habitants des pays de la sous-région de passer par le Mali pour commercer entre
eux. L’on commencera d’abord par construire un réseau d’autoroutes
Zégoua-Inkhalid ; Diboli-Anderraboucane ; Gogui-Koro, etc. Parallèlement aux
autoroutes, l’on érigera des chemins de fer pour relier l’ensemble de nos pays
voisins. En plus, l’on s’attachera à rendre les voies fluviales navigables.
Une fois qu’on réussira à faire
du Mali-un carrefour, les dividendes ne manqueront pas. Les gens qui
traverseront notre pays, payeront les taxes de passage, ils coucheront dans les
hôtels, mangeront dans les restaurants, téléphoneront à leurs collègues et à
leurs parents, certains visiteront nos sites touristiques, iront à des
concerts, paieront du carburant pour leurs véhicules, découvriront nos
potentialités, établiront des relations de partenariat. Tout ceci constitue des
opportunités d’enrichissement pour notre pays. Il faut également noter que les
routes favoriseront le développement en reconnectant notre pays à l’économie
mondiale, en favorisant l’acheminement des productions agricoles, halieutiques
et d’élevage vers les marchés.
Son nom de code «Sira ba dala Kôlon» est tiré du substrat culturel national qui fait référence à une acception claire pour le commun des Maliens. Sa vulgarisation sera facile et l’adhésion sera populaire. La vision du Mali-Sira ba dala kôlon, a ceci d’important que les réseaux auxquels elle fait référence vont couturer le pays de long en large, raffermir l’unité et la cohésion nationale. Les infrastructures une fois construites permettront un accès rapide de l’armée à toutes les portions de notre pays favorisant ainsi le contrôle opérationnel du territoire. Les avantages sont innombrables.
Colonel-major Abdoulaye SIDIBÉ
Attaché de Défense du Mali à Ouagadougou
Rédaction Lessor
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