Mali, Hypertension artérielle et grossesse : L’exigence de respect du bilan prénatal

L’hypertension est le problème de santé le plus fréquent de la femme pendant la grossesse. Elle est la complication la plus courante. Notre spécialiste, le Pr Aminata Kouma, gynécologue obstétricienne, ne dira pas le contraire.

Publié lundi 20 novembre 2023 à 08:17 , mis à jour jeudi 30 mai 2024 à 11:59
Mali, Hypertension artérielle et grossesse : L’exigence de respect du bilan prénatal

Selon elle, 10 à 15% des grossesses peuvent se compliquer en hypertension artérielle. Au Mali, l’hypertension artérielle et ses complications, notamment la prééclampsie, représentent la deuxième cause de décès maternel soit pendant la grossesse, soit les 45 jours qui suivent l’accouchement.

La praticienne de l’hôpital de Kati définit l’hypertension artérielle pendant la grossesse par une tension artérielle pendant la grossesse qu’on appelle diastolique, c’est-à-dire la plus haute tension supérieure ou égale à 140mm de mercure ou 14cm de mercure et ou une tension artérielle systolique supérieure ou égale à 90mm de mercure.

Cette hypertension est classée en plusieurs types chez la femme enceinte. L’hypertension artérielle peut survenir de façon chronique. Dans ce cas, elle survient avant ou 20 semaines (4 mois) de grossesse. Elle peut être gestationnelle qui survient  uniquement pendant la grossesse et disparaît après l’accouchement. Il n’y a pas de protéines associées. Il peut s’agir d’une prééclampsie. Elle apparaît après 20 semaines d’aménorrhée et est associée à la présence d’une protéine significative supérieure ou égale à 300mg.

Il y a également ce qu’on appelle une prééclampsie surajoutée, c’est-à-dire des femmes qui ont déjà une hypertension artérielle chronique déjà connue. C’est une HTA chronique associée à une protéinurie significative. La spécialiste précise que cette forme est la plus fréquente et la plus crainte des HTA pendant la grossesse. Cette prééclampsie est responsable d’environ 76.000 décès des femmes par an et 500.000 décès périnataux (nouveau-nés de 0 à 28 jours de vie).

Pourtant notre toubib dit que la cause de la maladie est mal connue. Mais actuellement la science et les études sont en train de prouver que la cause est d’origine placentaire. S’agissant de la préeclampsie, elle soutient que c’est lorsqu’au début de la grossesse il y a une invasion du trophoblaste au niveau des tissus maternels que la prééclampsie survient. Il y a beaucoup des facteurs de risques qui sont, entre autres, l’âge (quand la grossesse survient chez une femme de moins de 18 ans) il y a des risques qu’elle développe une prééclampsie ou une des formes d’hypertension pendant la grossesse, également quand la grossesse survient après 40 ans le risque de faire un prééclampsie est élevé.

«En dehors de ces facteurs de risque, il y a les antécédents familiaux, c’est-à-dire si un des parents a fait ou souffre d’une hyper tension artérielle il y a des risques pour la femme enceinte de faire une hypertension artérielle pendant la grossesse», révèle-t-elle. Et d’ajouter que le fait d’avoir soi-même fait une hypertension artérielle augmente le risque de faire la prééclampsie.

 L’obésité est également un facteur favorisant de l’hyper tension artérielle, les grossesses multiples (plus de trois fœtus), comportent des risques de faire une hypertension artérielle surtout la prééclampsie. Le fait d’avoir eu une mort fœtale in interro, un bébé qui est décédé dans le ventre de façon dont la cause n’est pas connue est également un facteur de risque. D’après la gynécologue, la tension artérielle de la femme enceinte doit être inferieure à 14 sur 9.

Mais lorsqu’elle dépasse 13, 5 et 8,5, on peut dire que la personne est déjà dans les fourchettes de la pathologie. En parlant des signes, Pr Kouma souligne que certains peuvent alerter comme les maux de tête, les céphalées atroces, elle doit suspecter d’avoir une tension assez élevée, les acouphènes (les bourdonnement dans les oreilles), la sensation d’avoir des petites mouches volantes qui passe devant les yeux. Lorsque c’est sévère il y a quelques fois le fait d’avoir moins d’urine, les douleurs au niveau de l’épigastre (la douleur en haut de l’embolique vers les côtes).

Il est possible de prévenir l’hypertension artérielle. Pour ce faire, la toubib conseille qu’il faut tout simplement venir tôt en consultation prénatale ou même gynécologique avant la grossesse. Toutefois la tension artérielle se trouve à la limite de la normale des traitements préventifs sont donnés. Ce traitement passe par le repos, la marche ou les exercices physiques et la consommation des boissons abondantes. 

Si ces traitements ne donnent pas de bons résultats, on passe aux traitements curatifs. Mal traitée ou non l’hypertension artérielle peut favoriser l’éclampsie, help syndrome avec une perturbation de la fonction rénale et hépatite ainsi que des troubles hémolytiques au niveau du sang. Autres complications chez la mère : une insuffisance rénale ou des pertes de vue momentanée.

Chez le bébé, c’est le décès fœtal, le retard de croissance, la prématurité, le petit poids à la naissance. Pr Kouma conseille de venir en consultation pour détecter le plus rapidement possible les facteurs de risque et les prendre en charge. Respecter le bilan prénatal à chaque consultation prénatale, ne pas arrêter de marcher, ne pas arrêter le sel (parce qu’on a les œdèmes) et essayer de perdre du poids.

Fatoumata NAPHO

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