#Mali : La gloire des «MONƐ BO DƐNW»

Au commencement de sa collaboration avec ses cadets et acteurs de l’intervention militaire du 18 août 2020, le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a déclaré à plusieurs reprises avoir longtemps rêvé de croiser le chemin de «soldats» patriotes avec lesquels il concourra à construire le pays, dans une gouvernance partagée.

Publié jeudi 24 octobre 2024 à 21:41
#Mali : La gloire des «MONƐ BO DƐNW»

De gauche à droite:  Général d'armée Assimi Goïta, président de la Transition, chef de l'État, né en 1983 à Bamako, Général de corps d'armée  Malick Diaw, président du Conseil national de Transition (CNT), né en 1979 à Ségou, Général de corps d'armée Sadio Camara, ministre de la Défense et des Anciens combattants, né le 22 mars 1979 à Kati, Général de corps d'armée Ismaël Wagué, ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, né 1975 à Bamako, Général de corps d'armée Modibo Koné, directeur général de l'Agence nationale de la sécurité d'état, né en 1977 à Bamako, Général de division Abdoulaye Maïga,  ministre d'état, ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation, né le 12 mai 1981 à Bamako

 


Ceux qu’il finira par dénommer «monɛ bo denw», ou les fils prodiges, dignes, ceux-là qui nous font honneur par un acte sauveteur inattendu. Cette référence est faite, à chaque fois, avec une dose d’explication pédagogique sur l’œuvre historique que les acteurs du changement, civils et militaires, malaxent au quotidien dans l’argile de la résilience du Peuple malien. Et le croisement des chemins souhaité par le locataire de la Primature a fini par arriver, avec la rectification, le 24 mai 2021 lorsque ses cadets l’appellent à conduire le gouvernement.


À partir de là, une illustre ère de la gouvernance politique et institutionnelle s’ouvre au Mali, où la réflexion stratégique est le levier principal, dans l’urgence et la spontanéité. Cela s’opère avec l’embargo infligé par la Cedeao le 9 janvier 2022, contre lequel visiblement les Autorités de la Transition étaient préparées avec une anticipation remarquable illustrée par une batterie de mesures, qui finiront par envoyer l’organisation régionale dans ses petits souliers et favoriser le dépérissement de son action et de son image à l’échelle continentale voire internationale. Elle qui était louée comme la communauté régionale la plus dynamique de l’Union africaine.

Après le combat de l’embargo, s’en suivit celui contre les groupes terroristes. Ce combat existait dans sa forme lancinante et larvée avec notre Armée sans moyens, sous assistance de partenaires plus portés sur la duplicité que sur la collaboration saine. Avec le choix d’un partenaire stratégique pour aider à la montée en puissance de l’Armée par l’équipement, le recrutement et la formation, les FAMa, galvanisées par un management politico-institutionnel harmonieux et proactif, se sont attaquées frontalement aux bastions terroristes, les détruisant sans relâche jusque dans leurs derniers retranchements. Nous avons connu les victoires successives de Ber, de Léré, d’Anefis, de Kidal, etc. 

Cette phase militaire s’est faite concomitamment avec un autre combat, celui du recouvrement de notre souveraineté en nous déliant de certains garrots diplomatiques. Lesquels garrots étaient tout sauf de la diplomatie, dans son orthodoxie selon la convention de Vienne et la charte de l’ONU et dont les principes sont basés sur l’amitié et un partenariat profitable à toutes les parties.


Les départs de l’ambassadeur de France, de la Minusma, de Takuba, de Barkhane, du G5 Sahel et la sortie du Mali de la Cedeao, la fermeture des médias internationaux, ont fait du Mali un pionnier africain de la démystification d’un ordre mondial imposé par l’Occident. Ce sont là des épisodes qui ont bâti la nouvelle architecture diplomatique assortie des trois principes constitutionnalisés désormais, à savoir le respect de la souveraineté de l’État, les choix souverains du Peuple et la défense de ses intérêts.

L’attaque lâche et barbare du bateau Tombouctou le 7 septembre 2023, l’attaques récentes de la gendarmerie et de l’aéroport de Bamako-Sénou avaient pour objectif de saper le courant fort d’affirmation de notre souveraineté retrouvée mais c’est une constante : le terrorisme avec son œuvre hideuse se cherche et se cache aujourd’hui devant les offensives létales des Forces armées et de sécurité maliennes, appuyées par leurs partenaires. Celles-ci sont montées au firmament de ce que peut être une vraie armée, celle faite de soldats prêts à mourir pour la patrie.


Cet état d’esprit est celui voulu, imprimé aujourd’hui chez les Maliens, civils et militaires, par les hommes du 18 août 2020, acteurs du changement que vit le Mali aujourd’hui et qui lui vaut le respect de la communauté internationale. Il s’agit de la communauté internationale faite des Nations qui se respectent et qui respectent les autres sur la base du droit international.

Le lundi 21 octobre 2024, avec une cérémonie à la fois martiale et républicaine rare, au Palais de Koulouba, c’était un grand moment de gloire pour les «monɛ bo denw» si chers au PM et aux Maliens que la Nation entière a magnifiés à travers l’élévation, au premier chef, du Président de la Transition, chef de l’État au grade de Général d’armée à titre exceptionnel.

À la suite du Général d’armée Assimi Goïta, ses quatre autres frères d’armes du 18 août 2020 ont été élevés au grade de Général de corps d’armée. Un temps de gloire pour les officiers sauveurs et leurs compagnons d’armes. C’est surtout la concrétisation logique d’une recommandation forte du Dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation dont la phase finale s’est déroulée du 6 au 10 mai dernier à Bamako.

 Et comme l’a dit un illustre homme d’État qui vit encore parmi nous, quoi de plus normal que des jeunes colonels aspirent à devenir ou deviennent des généraux comme cela se fait dans les plans de carrière militaire, même sans que des Assises ne le demandent. Comme pour dire qu’une promotion militaire est normale, même à titre exceptionnel. Des Assises nationales ont eu lieu et l’ont recommandé sur la base des aspirations des représentants du Peuple qui y ont participé. Dont acte !

Le Général d’armée Assimi Goïta, ses compagnons érigés en Généraux de corps d’armée, d’autres non moins valeureux élevés au grade de Généraux de division savent que désormais, ils doivent parachever le travail entamé : faire de notre Armée nationale la plus belle, la plus forte, la plus enviée du continent et dans le monde afin que le Mali ne soit plus, des dires mêmes du président de la Transition, un «batɛmɛ sira» ou le passage des chèvres en langue officielle bamanankan. Avec ces officiers, l’histoire militaire malienne n’a pas besoin d’aller chercher des références dans les tréfonds de l’histoire des trois Royaumes de Chine, ou des guerres napoléoniennes ou encore moins des deux grandes guerres mondiales. Elle s’écrit sous nos yeux.

La construction de l’Armée, sa montée en puissance, avec des partenaires fiables et respectueux de la souveraineté du Mali, sont le fruit du sacrifice du peuple malien, résilient devant les embargos financiers et économiques, les inondations et autres difficultés conjoncturelles, pour lesquelles les acteurs du changement sont dédiés à la recherche de solutions rapides et durables.


L’hivernage a été abondant non sans dégâts énormes, avec un Mali dans un État de catastrophe nationale déclaré. Les Maliens croient en la capacité managériale des Autorités actuelles dont le grand crédit n’est pas encore entamé. À court terme, des résultats encore plus éloquents sont attendus de l’action publique. L’annonce de l’apurement partiel de la dette intérieure, le renouvellement de la licence de la Sotelma et la reprise par l’État de la Mine de Yatela montrent la voie. Cela s’appelle «mon
ɛ bo kow». 

Lire aussi : Revue sectorielle 2025 du secteur de la justice : évaluer les progrès accomplis et identifier les contraintes persistantes

Le secrétaire général du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, Boubacar Sidiki Diarra, a procédé, vendredi dernier, au sein de son département, à l’ouverture des travaux de l’atelier de validation de la revue sectorielle 2025 du secteur de la justice..

Lire aussi : Migration : Des concertations pour une politique nationale plus cohérente et opérationnelle

Au Mali, la migration est une réalité profondément ancrée dans l’identité nationale, dans l’économie et dans les dynamiques sociales. C’est dans ce contexte que le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, a procédé, jeudi derni.

Lire aussi : Affaires religieuses : Un cadre de concertation pour apaiser le climat social

Le ministre des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes, Mahamadou Koné, a présidé, jeudi au Centre international de conférences de Bamako (CICB), la deuxième rencontre du cadre de concertation entre son département et les confessions et associations religieuses..

Lire aussi : Bobo Dioulasso : Le Premier ministre participe à l’ouverture de la 22eme édition de la Semaine nationale de la culture

C’est dans un stade Général Sangoulé Lamizana de Bobo Dioulasso, plein comme un œuf, que le Capitaine Ibrahim Traoré , Président du Faso, Chef de l’Etat, a fait son entrée solennelle, accompagné de la cavalerie du Faso..

Lire aussi : Quinzaine de l’environnement : Bamako accueillera la 27è édition

Bamako s’apprête à abriter la 27e édition de la Quinzaine de l’environnement, après la ville de San en 2025. L’annonce a été faite par les organisateurs lors d’une rencontre d’information avec les médias, tenue vendredi à l’Agence de l’environnement et du développement durable.

Lire aussi : Lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme : La nécessité d’une coordination renforcée

Le Comité de coordination nationale des activités du Fonds mondial (CCM-Mali) a organisé, jeudi dans un hôtel de la place, le Dialogue national inclusif, étape clé du dialogue pays..

Les articles de l'auteur

À l’heure du Mali : Palabres pour l’AES, entre pont et port

-.

Par


Publié mardi 21 avril 2026 à 07:57

À l’heure du Mali : Le pragmatisme du Mali sur la question Sahraouie

Le Mali de 2026, sous le leadership du général d’armée Assimi Goïta, a affirmé une ligne diplomatique claire : le respect de sa souveraineté. Cette orientation s’inscrit dans une longue tradition malienne, chaque régime ayant adapté ce principe aux réalités de son époque..

Par


Publié lundi 13 avril 2026 à 09:25

À l’heure du Mali : Les vérités d’un week-end Pascal

Le lundi de Pâques a la particularité de renforcer la célébration d’une fête majeure du calendrier chrétien tout en prolongeant le week end pour les travailleurs. Mais ce week end pascal n’a pas seulement été festif : il a aussi reflété, à sa manière, les réalités du quotidien des Maliens, mêlant réjouissances et mordant..

Par


Publié mardi 07 avril 2026 à 08:26

À l’heure du Mali : La résilience malienne, face au choc pétrolier venu d’Ormuz

Dans une de nos tribunes, au tout début de la guerre au Moyen Orient, nous avions souligné la proximité temporelle de ce conflit, même s’il se déroule à des milliers de kilomètres de chez nous. Le monde d’aujourd’hui est devenu un petit village où l’on entend le moindre coup de pilon résonner sur un autre continent..

Par


Publié mardi 31 mars 2026 à 11:33

Au Rebond : Le basket-ball, trésor vivant du Mali

Le jeudi 12 mars 2026, à 8h30, alors qu’au Mali commençait une journée ordinaire en plein Ramadan, une bataille épique se jouait à Wuhan, en Chine, à plus de douze mille kilomètres de Bamako. L’équipe nationale féminine senior affrontait la République tchèque pour son 2e match du tournoi qualificatif au Mondial prévu en Allemagne en septembre..

Par


Publié vendredi 27 mars 2026 à 08:23

À l’heure du Mali : Le Président Goïta et les étrennes de l’Eid El-Fitr

S’il est un mot qui a résonné, comme de coutume, autour de la fête de l’Eid el-Fitr, c’est bien «selimafo» en bamanakan, «djingar goro» en sonraï, «korandje» en dogon, « juuldudi » en peulh ou encore «xa ke bire waaga» en soninké..

Par


Publié mardi 24 mars 2026 à 09:17

À l’heure du Mali : Guerre Israël–Iran, si loin, si proche

Ce 11 mars, la deuxième guerre Iran–Israël comptera douze jours, égalant déjà celle de juin dernier. Au delà de ce seuil, l’incertitude sur sa fin ne fera que s’épaissir. Les États Unis, alliés d’Israël, avaient prédit une guerre éclair pour en finir avec le régime de Téhéran..

Par


Publié mardi 10 mars 2026 à 08:37

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner