#Mali : Tabaski et délestage : La machine à coudre mécanique sauve des couturiers

Dans l’optique de pouvoir honorer leurs engagements vis-à-vis des clients et continuer à faire tourner leurs ateliers, certains tailleurs utilisent de plus en plus ces machines. D’autres ont carrément opté pour la transition énergétique en installant un système solaire. Tous se frottent les mains

Publié mercredi 12 juin 2024 à 16:41
#Mali : Tabaski et délestage : La machine à coudre mécanique sauve des couturiers

Le quadragénaire Boubacar Diallo (nom d’emprunt) dans son atelier

 

 

Les couturiers sont les artisans clés de la célébration de la fête de Tabaski. Ils sont responsables de la confection des vêtements que des fidèles musulmans porteront pour la circonstance. Face aux coupures d’électricité qui perturbent immanquablement leur travail, certains tailleurs ont recours à la machine à coudre mécanique qui fonctionne à l’aide d’une pédale.

Dans un atelier de couture collectif à «Dabani», en Commune II du District de Bamako, sont installés plusieurs tailleurs concentrés sur des habits à coudre. Des bruits de machines à coudre, de la musique et des clients d’un côté marchandent le prix de leurs vêtements. Plus loin, des personnes qui font du thé essayent de rendre l’atmosphère plus agréable.

Dans ce brouhaha, un jeune homme, habillé en Jeans et maillot de l’équipe du FC Barcelone assemble des pièces de tissus au moyen d’un fil passé dans l’aiguille de sa machine à coudre. Il pédale avec entrain, s’arrête par moments, prend un bout de tissu, l’ajuste à un autre, puis les fait passer en dessous de l’aiguille et continue à pédaler. Il ne s’arrête que pour découper un morceau de tissu ou prendre un peu de thé. «Je suis le seul à avoir cette machine parmi la cinquantaine de tailleurs qui travaille ici. Je travaille avec ça, car il n’y a pas d’électricité et je n’ai aucun moyen de m’acheter un groupe électrogène», déclare Bourama Sacko avec agacement.

Malgré le travail et les modèles limités, on constate que certains clients se tournent vers ces tailleurs, car leurs prix sont moins chers. Contrairement à ceux qui utilisent des machines électriques. «Je suis venue déposer les habits de mes enfants chez Abdoul. Il coud à 7.500 Fcfa ce que des utilisateurs de la machine électronique font jusqu’à 15.000 Fcfa», affirme une femme portant un enfant au dos.

Boubacar Diallo (nom d’emprunt), quadragénaire, barbe grisonnant, est assis dans son atelier situé à Djelibougou, non loin du Lycée Kodonso. La position de son local attire plusieurs clients. Mais hélas, il ne pourra pas répondre à toutes les sollicitations à cause des coupures d’électricité. «Je cherche à m’adapter, mais c’est très dur. Je suis obligé de travailler avec mon ancienne machine à coudre», se lamente-t-il. Il explique que le processus est très fatiguant et qu’il a des courbatures à force de pédaler. Boubacar Diallo prévoit de s’acheter un groupe électrogène, car il ne peut plus continuer dans ce pétrin. «Certes, je ne ferai pas beaucoup de bénéfices, mais je préfère cela. J’ai une famille à nourrir, des clients et des salariés à honorer», avoue-t-il.

 

150.000 Fcfa- Moussa Touré, son apprenti, subi la même dure épreuve. «Avec les machines modernes, on aurait fini cette partie depuis très longtemps. Les machines traditionnelles ont fait leur temps. Aujourd’hui, les gens veulent des modèles et des broderies compliqués, chose que les machines traditionnelles ne peuvent pas faire», fait constater l’artisan. Il affirme que les capacités de cette machine sont limitées par rapport à la demande de leur clientèle. Selon lui, cet appareil n’a pas assez de force pour faire certains modèles et motifs. «Même si on branche la machine traditionnelle, ces capacités seront toujours limitées. Avec la machine moderne, il suffit de faire passer le tissu une fois sous l’aiguille pour que le fil tienne, dit-il. Avec son ancêtre, tel n’est pas le cas».

Certains tailleurs ont opté pour le solaire qu’ils qualifient de solution durable, efficace et économique très rentable. C’est le cas de Abou, tailleurs et styliste au quartier Golf, en Commune V du District de Bamako, à une centaine de mètre du centre de secours de la Protection civile. La dizaine de machine à coudre de cet artiste aux dix doigts de fée fonctionnent exclusivement avec l’énergie solaire. En tout, il dispose de trois panneaux solaires d’une capacité de 250 W chacun, alimentant deux petites batteries qui stockent l’énergie qui fait tourner les machines la nuit. Installé à l’angle gauche de l’atelier, le système est contrôlé par un ensemble régulateur, convertisseur et inverseur qui permettent de stabiliser l’électricité produite en l’adaptant aux besoins des machines.

Ce mordu de l’élevage explique avoir migré vers le solaire à l’approche de l’Aïd al-Fitr, fête musulmane marquant la rupture du jeûne du mois de Ramadan. Cela après s’être convaincu qu’il n’y aurait pas de solution à court terme à cette situation inouïe que vit la société Énergie du Mali (EDM-SA).

Et le coût de l’investissement est presque dérisoire au regard de l’avantage énorme que le solaire offre au plan économique.

«Le tout m’a coûté environ 150.000 Fcfa. Je suis autonome aujourd’hui à 100%. J’utilise l’électricité de la société Énergie du Mali la nuit lorsque c’est disponible. J’ai également adapté les moteurs des machines au solaire, elles consomment donc moins d’électricité», explique-t-il, un large sourire au coin des lèvres. Aujourd’hui, ses factures d’électricités dépassent à peine 5.000 Fcfa contre environ 30.000 à 35.000 Fcfa qu’il dépensait pour alimenter son compteur prépayé (Isago) d’EDM-S. Et de nouveaux clients continuent de solliciter les services de Abou.

Aminata DJIBO

 

Rédaction Lessor

Lire aussi : Mali: Les premiers nationaux du CAP et BT 2 ont 17,21 et 18,12 de moyennes

Les résultats du certificat d'aptitude professionnel (CAP), du Brevet de technicien (BT 1 et 2) ont été proclamés, ce vendredi 07 août 2026, par le Centre national des examens et concours de l'éducation (CNECE). Cette année, le taux d'admission au CAP connait une augmentation de 6,91 points p.

Lire aussi : San : visite de courtoisie du nouveau directeur régional de la police nationale à la mairie

Le nouveau Directeur régional de la Police nationale de San, le Contrôleur de police Pagassin Mounkoro, a rendu, mardi, une visite de courtoisie au maire de la Commune urbaine de San, Mme Félicité Diarra..

Lire aussi : Kangaba : formation des enseignants du premier cycle et des écoles communautaires à l’approche Enabling Teachers

Le premier adjoint au préfet du cercle, Drissa Konaré a présidé ce mercredi, dans les locaux de Kangaba 2è cycle “C”, la cérémonie d’ouverture de l’atelier de formation des enseignants de la Commune rurale de Benkadi à l’approche Enabling Theachers..

Lire aussi : Intégration des ex-miliciens dans l’armée malienne : Un pari stratégique entre symbolique et réalité opérationnelle

L’annonce, par le ministère de la Réconciliation nationale, de l’intégration de 254 éléments issus des milices et mouvements peuls, dogons et chasseurs traditionnels au sein des Forces Armées Maliennes (FAMa) marque un tournant décisif dans la gestion des conflits intercommunautaires..

Lire aussi : Conseil national de Transition : Adama Fomba a tiré sa révérence

L'ancien porte-parole de la Synergie des syndicats signataires du 15 octobre 2016, Adama Fomba, a tiré sa révérence ce jeudi 6 août 2026 à la suite d'un malaise cardiaque, a-t-on appris d'un proche du défunt..

Lire aussi : Transport : Le Conseil malien des Chargeurs invite les détenteurs de conteneurs vides à les retourner avant le 31 août

Dans communiqué rendu public ce mercredi 5 août 2026, le Conseil malien des Chargeurs (CMC) invite toutes les personnes physiques ou morales détenant encore des conteneurs vides, à procéder sans délai, à leur retour, conformément aux engagements contractuels et à la réglementation en la ma.

Les articles de l'auteur

Niger : Le Ministre du Commerce et de l’Industrie visite quelques unités industrielles et le marché central de la Ville de Tahoua

Poursuivant sa visite de travail dans la région de Tahoua, le Ministre du Commerce et de l’Industrie, M. Abdoulaye Seydou, accompagné du Secrétaire Général du Gouvernorat de Tahoua..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 07 août 2026 à 15:09

Burkina Faso / Gendarmerie nationale : Le colonel Koudbi Florian Théophile Tago prend le commandement de la 3è Légion

Le colonel Koudbi Florian Théophile Tago a officiellement pris le commandement de la 3ᵉ Légion de la Gendarmerie nationale. Il a reçu les insignes de commandement des mains du chef d’état-major de la Gendarmerie nationale, ce jeudi 6 août 2026, au camp de Paspanga, à Ouagadougou..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 07 août 2026 à 15:03

Pisciculture en cage flottante à Bagré : plongée dans les eaux poissonneuses de la souveraineté alimentaire

Pour couvrir ses besoins en consommation de produits halieutiques, le Burkina dépend énormément de l’extérieur à hauteur de 80%. Les données de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) montrent que le pays a importé 165.141 tonnes de produits halieutiques par an entre 2020 et 2024..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 07 août 2026 à 15:01

Kangaba : formation des enseignants du premier cycle et des écoles communautaires à l’approche Enabling Teachers

Le premier adjoint au préfet du cercle, Drissa Konaré a présidé ce mercredi, dans les locaux de Kangaba 2è cycle “C”, la cérémonie d’ouverture de l’atelier de formation des enseignants de la Commune rurale de Benkadi à l’approche Enabling Theachers..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 07 août 2026 à 14:54

Intégration des ex-miliciens dans l’armée malienne : Un pari stratégique entre symbolique et réalité opérationnelle

L’annonce, par le ministère de la Réconciliation nationale, de l’intégration de 254 éléments issus des milices et mouvements peuls, dogons et chasseurs traditionnels au sein des Forces Armées Maliennes (FAMa) marque un tournant décisif dans la gestion des conflits intercommunautaires..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 07 août 2026 à 14:48

Voyages des enfants pendant les vacances scolaires : Une habitude en perte de vitesse

Globalement les enfants passaient cette période de repos chez des parents proches (oncles, tantes, grands-parents et autres) ou dans d’autres régions du pays. Aujourd’hui, on en est réduit à voir seuls ceux qui sont issus de familles nanties prendre l’avion ou le bus pour d’autres destinations en Afrique ou ailleurs.

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 07 août 2026 à 14:46

Région du Sahel : PIN met en garde contre le recrutement en ligne mené par des groupes extrémistes

L’organisation panafricaine dédiée aux droits numériques, Paradigm Initiative (PIN), a tiré la sonnette d’alarme face à l’utilisation croissante des plateformes numériques par les groupes extrémistes violents de la région du Sahel à des fins de recrutement, de radicalisation et de manipulation des jeunes..

Par Rédaction Lessor


Publié jeudi 06 août 2026 à 09:56

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner